1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'actualité de l'emploi >
  4. Les femmes cadres davantage victimes de harcèlement sexuel au travail

Les femmes cadres davantage victimes de harcèlement sexuel au travail

les-femmes-cadres-davantage-victimes-de-harcelement-sexuel-au-travail

Mathilde Hodouin et Sylvia Di Pasquale

08/03/2018

Propositions de rendez-vous, cadeaux déplacés ou même pression pour obtenir des faveurs sexuelles… Non seulement les responsabilités ne protègent pas les femmes mais il semble qu'elles les exposent davantage.

Les femmes cadres n’échappent pas au harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Etonnamment, elles sont même la catégorie la plus exposée (40 %), devant les employées (30 %) et les professions intermédiaires (29 %), selon une récente étude réalisée par l’Ifop* pour le site Viehealthy, après l’éclatement de l’affaire Weinstein, puis une libération de la parole des femmes via  #BalanceTonPorc et #MeToo.

Un instrument de rabaissement

L’institut a voulu mesurer l’ampleur et la nature des actes. « Concernant la survictimisation des femmes des catégories cadres, indépendantes et dirigeantes, ce constat figurait déjà dans une étude datant de 2009**, rappelle François Kraus, responsable de l’expertise Genre, sexualités et santé sexuelle à l’Ifop. L’étude constatait que le harcèlement est moins l’expression d’un désir sexuel qu’un désir de contrôle et de domination. » Selon le sociologue Heather McLaughlin, auteur de l’étude**, qui a étudié ce phénomène, le harcèlement servirait d’« égaliseur » dans les relations de ces harceleurs avec les femmes en position de pouvoir. Une façon de les minorer et de leur faire comprendre qu’elles ne sont pas à leur place.

Rendez-vous, cadeaux gênants et pression sexuelle

Remarques gênantes, gestes grossiers, propositions obscènes… Le processus se révèle très insidieux. 20 % des cadres et 22 % des femmes chefs d’entreprises ont déjà reçu des propositions de rendez-vous dans des lieux ou à des horaires synonymes de « situations potentiellement compromettantes ».

Parfums, fleurs, bijoux et même sous-vêtements ! 14 % des femmes cadres et 18 % des dirigeantes d’entreprise ont déjà reçu des cadeaux gênants sans leur consentement. Promotion canapé, embauche contre faveurs… 13 % des cadres et 19 % des dirigeantes font état de pressions exercées à leur encontre en échange d’un acte sexuel. « Loin d’être un environnement policé, où règne le contrôle de soi et des pulsions sexuelles, le monde du travail constitue un environnement où nombre de femmes sont victimes non seulement de pressions psychologiques ou de propos désobligeants mais aussi d’agressions physiques voire d’agressions sexuelles au sens strict du terme », écrit François Kraus.

Les femmes minorent le harcèlement

Face à ces situations gênantes, les femmes ne savent pas toujours comment réagir. Le déni s’installe facilement. 25 % des cadres ont déjà eu l’impression de faire l’objet de harcèlement sexuel au travail, sans en être tout à fait sûres. Notez que les rendez-vous gênants (44 %) et la pression en échange d’actes sexuels (60 %) émanent surtout des supérieurs hiérarchiques.

>> Lire aussi : Drague ou harcèlement sexuel au travail : comment la loi fait-elle la différence ?

Les femmes qui reçoivent des cadeaux inappropriés incriminent surtout des personnes extérieures à l’entreprise (45 %), clients, fournisseurs ou visiteurs. Les contacts physiques légers, du type main dans les cheveux ou sur le visage viennent plutôt des collègues (47 %).

Bonus video Et tout le monde s'en fout #1 - Les femmes

*Etude « Les Françaises face au harcèlement sexuel au travail, entre méconnaissance et résignation », menée en ligne par l’Ifop pour le site d’information et de conseils VieHealthy.com du 26 au 28 janvier 2018, auprès de 2 008 femmes représentatives de la population française âgée de 15 ans et plus (méthode des quotas). Les résultats ont été publiés le 28 février dernier.

** Etude Heather McLaughlin, «  A longitudinal analysis of gender, power, sexual harassment in young adulthood  », communication au CIVe Congrès de l’American Sociological Association, 7-11 août 2009.

1

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

Tititoto

14/03/2018

à 00:17

And America first

> Répondre

+