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Les Français toujours welcome à Montréal !

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Véra Octave

11/06/2019

[Reportage] La région francophone du Canada accueille de nombreux ressortissants français. Leurs qualifications intéressent les entreprises, et certains secteurs les dispensent même de formalités complexes pour immigrer. La promesse : des salaires plus élevés et une meilleure qualité de vie. Nous avons rencontré sur place 2 Français qui ont sauté le pas.

Les Français ont bien de la chance. Alors que François Legault, le premier ministre québécois, a annoncé vouloir baisser le seuil d’immigration de 20 % dans la belle province, il fait de la France une exception. Et encourage, au contraire, nos salariés et entrepreneurs à s’y installer. Selon le consulat général de France à Québec, 3000 à 4000 Français y résident déjà de façon permanente. Sur les 12 396 inscrits sur les listes du consulat (au 31/12/2018), près de 70 000 le sont à Montréal.

 

Lire aussi >> 76 % des talents digitaux français prêts à s’expatrier pour leur carrière

 

Le Canada, 3e choix des Français candidats à l'expatriation

Une récente étude Cadremploi / BCG révélait que 76 % des talents numériques français préféraient décrocher un job hors de l’Hexagone. Et que le Canada serait leur 3e choix (après la Suisse et les Etats-Unis). Le succès du Québec, et de Montréal en particulier auprès des Français s’explique notamment par un dynamisme économique et une qualité de vie qui ne se dément pas fil des ans. D’ailleurs, comme l’indique Hubert Bolduc, le président-directeur général de Montréal International, sur le site de l’organisme, « l'accès à des talents internationaux permet de mieux soutenir la forte croissance des secteurs d'innovation et de haute technologie dans le Grand Montréal, comme les jeux vidéo, les effets visuels et l'intelligence artificielle. » 

 

Des secteurs canadiens friands de Français

Ces trois secteurs, en forte croissance, sont très bien représentés dans la deuxième ville la plus peuplée du Canada avec Ubisoft, Eidos, Gameloft, Behavior… Montréal se classe à la 5e place des producteurs de jeux vidéos. « 20 % des employés d’Ubisoft sont français, et ils représentent 62 % des employés provenant de l’étranger. Nous recherchons principalement les profils séniors en informatique et en développement de jeux vidéo », raconte-t-on à la DRH de l’entreprise. « Nous priorisons les événements de recrutement avec Montréal International, nous participons également aux évènements de recrutement consacrés au Québec à Paris, tels que les Journées Québec ».

Pour les ressortissants français, la langue constitue un atout considérable pour pallier au manque de recrutement francophone. En effet, selon une étude de l’Institut du Québec le taux d’immigrants connaissant le français est passé de 56 % en 2015 à 42 % en 2017. Pour un pays valorisant cette différence culturelle, le sujet devient préoccupant. Les Français bénéficient en outre d’une reconnaissance de leurs diplômes grâce à un accord signé en 2008 avec le Québec et de salaires plus élevés (moyenne mensuelle de 2431,48 € en 2018 à Montréal, source Institut de la statistique Québec). Un argument supplémentaire pour motiver les candidats à l’expatriation.

 

[Témoignage] Cécile, 28 ans, responsable commercial

« Cela faisait 5 ans que je pensais quitter la France pour le Canada. C’est chose faite depuis bientôt un an. J'avais essayé plusieurs fois de réaliser mes stages là-bas mais cela n'avait pas fonctionné. À la suite de la fin de mon contrat de travail en France (en avril 2019), une amie m’a encouragée à franchir le pas et  j'ai commencé à faire travailler mon réseau. On m'avait parlé de l'Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ), un organisme qui propose des emplois pour les stagiaires en service civique ou des formations. Ils favorisent le lien entre les travailleurs français et le Québec. J'ai contacté la présidente, Frédérique Bouyx, qui m’a suggéré de postuler sur la banque de Stages. J'ai trouvé une offre qui me correspondait chez OCNI factory, une start-up à Montréal. En juillet 2018, j'ai démarré sous forme de stage pendant six mois et désormais j’ai un contrat jeune professionnel de 2 ans. Je travaille sur le volet commercialisation en boutique, communication et événementiel. C'est un contrat local de 40 heures/semaine, de 9h à 17h.

Il y a plus d'autonomie et moins de hiérarchie, le tutoiement met vite à l’aise.

J’ai droit à 15 jours de congés, je gagne entre 30 et 35K dollars canadiens (soit 20 à 23 K€) mais le salaire évolue vite ici, et je vise prochainement les 40K-50K CAD (27-33K€). C’est peu pour le Québec, mes amis touchent entre 60K et 110K CAD à 30 ans (soit 40 à 73K€) mais ils évoluent dans le secteur du digital, de la communication et de l’import-export. La manière de travailler ici est très différente. Les entreprises québécoises mettent l'accent sur les compétences, elles sont moins exigeantes sur tes expériences et les diplômes, contrairement à la France. Les rapports sont plus simples. Lorsque je contacte des gérants de boutique, ils sont facilement accessibles, je ne suis pas bloquée par des assistantes de direction ou d’autres membres de l'équipe. Il y a plus d'autonomie et moins de hiérarchie, le tutoiement met vite à l’aise. En revanche, si le système anglophone permet d’embaucher rapidement, il permet de licencier aussi vite. Sinon, la qualité de vie est apaisante, agréable, elle offre plus de partage et de diversité. Le nombre de français est de plus en plus élevé et nous avons parfois l’impression de vivre dans une petite France, surtout dans le quartier du Plateau. Mais Montréal est une ville magique ! 

 

[Témoignage] Antoine, 27 ans, data scientist

« Chercheur en neurosciences, je souhaitais travailler dans l’univers des jeux vidéo. J’ai postulé pour l’une des grandes entreprises du secteur et l’on m’a proposé un poste au choix, à San Francisco, Montréal ou Paris. Après m’être renseigné sur les conditions de vie, j’ai choisi Montréal. Après un entretien par Skype, je suis arrivé en VIE il y a deux ans, sans avoir jamais mis les pieds ici auparavant. Pour le logement, une amie d’ami m’a proposé une co-location. J’ai commencé comme Data scientist spécialisé en intelligence artificielle.

 

J’aurai droit à une journée de télétravail par semaine tout en gagnant deux fois plus qu’avant

 

Ma fonction consiste notamment à valoriser nos données pour les monétiser. Ici, dans les entreprises, les salariés sont plus détendus, l’organisation est horizontale, il y a moins de codes qu’en France. Tout le monde se tutoie, les rapports sont humains. Tout est fait pour développer une bonne ambiance de travail. J’ai récemment été chassé et je vais commencer un nouveau job dans une entreprise du secteur des jeux vidéo toujours. Les repas y sont gratuits, un buffet est disponible toute la journée, ainsi qu’une tireuse à bière... J’aurai droit à une journée de télétravail par semaine tout en gagnant deux fois plus qu’avant. Le marché de l’emploi est dynamique, je reçois tous les jours des messages de recruteurs. Les profils expérimentés comme le mien sont rapidement payés 100 000 dollars canadiens (soit l’équivalent de 66 700 euros brut), en France, les salaires sont moins élevés. J’ai désormais un permis de travail. A Montréal, le nombre d’entreprises IT est important. Sans oublier une qualité de vie intéressante. Ici, les gens sont libres, ils sont eux même, la ville est cool. L’hiver, long et rigoureux, n’est pas un problème, on s’habitue vite, il suffit d’acheter le bon équipement. L’été, les événements extérieurs se multiplient, les habitants sortent. Tout le monde est heureux. Parmi les points négatifs, il ne faut pas oublier que l’on peut se faire licencier du jour au lendemain, que le salaire est versé chaque semaine alors que le paiement du loyer s’effectue mensuellement. Mais l’expérience de l’expatriation est super. »

Comment partir travailler au Canada ?

Vous voulez tenter votre chance ? Plusieurs options s’offrent à vous. Pour les moins de 35 ans, il suffit de faire une demande de permis vacances travail (PVT, 5 à 8 semaines de délai d’attente). L’autre option, la demande de résidence permanente, valable 5 ans, s’obtient généralement au bout d’un an après avoir passé une visite médicale très stricte. Certains profils sont privilégiés : célibataires, personnes maîtrisant la langue anglaise (mais il n’est pas nécessaire d’être bilingue), diplômés de l’enseignement supérieur, etc.

Lire aussi >> Travailler au Canada, comment s’intégrer sur le marché du travail

Sachez également que dans le but de soutenir les entreprises canadiennes dans leur campagne de recrutement, le gouvernement a mis en place, le 12 juin 2017, une Stratégie en matière de compétences mondiales (SCM). Elle vise notamment à dispenser certains travailleurs de permis de travail, à traiter plus rapidement certaines demandes et à faciliter l’embauche de salariés spécialisés.

Sites utiles :

Canada.ca.fr

Immigration-quebec.gouv.qc.ca

Journeesquebec.gouv.qc.ca.

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