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Les hallucinants salaires des chercheurs en IA chez Elon Musk et les autres

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Gilles Boulot

23/04/2018

Ingénierie

Vous ne devinerez jamais les salaires que touchent certains ingénieurs en intelligence artificielle embauchés par Elon Musk. Et ce n’est même pas le boss le plus généreux de la Silicon Valley...

La guerre des talents est déclarée. Et si elle fait rage dans le digital en général, elle semble plus féroce encore dans l’intelligence artificielle en particulier. Les Gafa s’arrachent ces experts. Pour éviter qu’ils ne soient débauchés, Elon Musk a trouvé une solution radicale : leur verser des salaires de près de 2 millions de dollars annuels.

C’est ce qu’a découvert le New York Times* qui vient de révéler les émoluments d’Ilya Sutskever. L’employé du mois est directeur de recherche chez OpenAI, une association de recherche à but non lucratif, montée par Elon Musk** en 2015 avec l’aide de quelques personnalités du monde de l’industrie et de la tech. C’est justement ce statut associatif qui a permis de connaître le montant des salaires puisqu’ils doivent être rendus publics. Selon le correspondant du NYT, son directeur de projet a touché 1,9 million de dollars pour la seule année 2016. L’un de ses ex-collègues, Ian Goodfelow, expert en IA lui aussi débauché de chez Google, avait perçu quelques 800 000 dollars. Mais il n’était resté que 11 mois et est retourné chez Google depuis.

Musk n’est pas le plus dispendieux

Mais si les salaires chez Open AI sont aussi élevés, ce n’est pas uniquement en raison de la haute valeur de ces ingénieurs, c’est aussi lié au fait qu’une association compense en salaire et en welcome bonus ce qu’elle ne peut verser en stock option à ces stars de l’IA. L’association a ainsi dépensé 11 millions de dollars en 2016, dont 7 millions rien qu’en salaires. Ce qui représente près de 134 000 dollars annuels par salarié. A la vue de toutes ces coquettes sommes, on serait tenté de penser qu’Elon Musk est le plus généreux des patrons au royaume de l’intelligence artificielle. Or, il n’en est rien. Prenez DeepMind, le laboratoire spécialisé dans ce domaine installé par Google à Londres. Son budget, toujours en 2016 ? 138 millions de dollars. Il est réparti entre les 400 employés du site, qui, du coup, ont touché en moyenne 345 000 euros chacun cette année-là. C’est beaucoup même si la disparité entre les revenus de la personne chargée de l’accueil et ceux d’un directeur de projet doit être étourdissante.

Débaucher pour contrarier l’adversaire

Cette surenchère ne fait donc pas forcément les bonnes affaires du patron de Tesla et de SpaceX. Car s’il a réussi a débaucher quelques têtes bien faites chez Google, il est lui-même victime de ce jeu. C’est ainsi qu’au début du mois d’avril, le directeur de projets des Model X et S, les SUV et berlines Tesla dont Musk est le patron, a été débauché par Volkswagen qui engage la bagatelle de 20 milliards d’euros dans la voiture électrique et autonome, truffée d’IA. Sauf que Matthew Renna n’est pas embauché chez l’Allemand en temps que chercheur, mais comme vice-président de VW US, chargé de l’électrique. Alors que les futures autos du groupe allemand sont développées … en Allemagne. Le débauchage n’aurait eu lieu que dans le but d’atteindre l’adversaire Tesla que l’on ne s’en étonnerait pas.

La France et les universités victimes collatérales

Cette guerre des talents que se livrent les grands de la Silicon Valley et d’ailleurs, Musk n’en est pas la seule victime. Les sommes en jeu pour tenter d’enrôler les quelques 22 000 spécialistes recensés à travers le monde, selon Element AI – un laboratoire canadien indépendant –, sont telles qu’elles risquent de faire beaucoup d’exclus. A commencer par nos pôles de recherches universitaires, incapables de jouer la surenchère. Et l’Etat français, sur les conseils du mathématicien Cedric Villani a beau engager 1,5 milliards de crédits pour développer ce domaine, et de conseiller aux organismes et entreprises à la recherche de spécialistes de doubler les salaires, pas sûr que les sommes engagées soient à la hauteur des enjeux.

* A.I. Researchers Are Making More Than $1 Million, Even at a Nonprofit

** Elon Musk a démissionné du conseil d'administration d'OpenAI depuis.

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