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Les nouveaux open spaces vont-ils nous donner envie de revenir au bureau ?

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Michel Holtz

16/10/2019

Le bruit, la promiscuité et les dérangements incessants font fuir ceux qui le peuvent. Ils préfèrent travailler chez eux ou au café. N’importe où sauf au bureau. En se transformant, les open spaces espèrent ramener les fugitifs au bercail. Et améliorer le sort de ceux qui n’ont jamais pu les quitter. Explications d’une chercheuse de Steelcase d’une part et réaction d’un spécialiste en neurosciences.

Il a bien changé le bureau de papa. D’abord cloisonné, il s’est ouvert, pour être plus moderne, plus convivial, et moins cher pour l’entreprise. Mais ces open spaces qui ont proliféré jusqu’à devenir la norme, sont à bout de souffle.

Les salariés s’en plaignent et les désertent pour télétravailler, s’ils le peuvent. Les managers s’en plaignent aussi. Une partie de leurs troupes est disséminée et celles qui sont présentes sont démotivées. Des troupes qui s’en sont ouverts aux enquêteurs de l’INRS (Institut national de recherche sur la sécurité). Selon leur étude, le bruit est la première source d’insatisfaction dans les espaces de travail. Suivi de l’interruption permanente selon une étude plus ancienne qui date de 2017.

Alors que faire devant la fuite des salariés qui travaillent chez eux ou au café, et devant la baisse de productivité de ceux qui restent au bureau et le subissent ? Chez Steelcase, on s’en est préoccupé. Car le télétravail généralisé ne fait évidemment pas l’affaire de ce leader de l’aménagement du bureau.

 

Il faut transformer les entreprises en tiers-lieux

 

Réfléchir à la « V2 » de l’open space

Sandra GarciaL’entreprise a réuni une équipe de R&D, non pas pour plancher sur le nouveau design des placards, mais pour réfléchir à la manière d’enrayer le mouvement de fuite et de plaintes. Ces anthropologues, psychologues et sociologues planchent sur la « V2 » de l’open space. Et ils ont trouvé une première solution : puisque les salariés préfèrent travailler au café, ou chez eux, il faut recréer ce type d’ambiance au bureau. « Il faut transformer les entreprises en tiers-lieux », résume Sandra Garcia. Elle est consultante en recherche appliquée chez Steelcase et son rôle consiste à traduire les réflexions des chercheurs, en aménagements concrets. « Mon boulot, c’est de ramener les salariés au bureau ».

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Des bureaux flexibles aux besoins

Évidemment, transformer un coin de l’open space en Starbuck en y ajoutant des odeurs d’expresso factices et l’autre en salon comme à la maison, serait pour le moins caricatural. « Il faut partir de la manière de travailler, et de l’état d’esprit du moment de chacun ». Il y a des heures dans la journée, ou des jours entiers, où il n’est pas question de discuter avec ses voisins, parce qu’on doit se concentrer, ou parce que l’on n’en a pas envie. Mais il y a aussi des moments où l’on doit échanger avec un ou deux collègues, son chef, ou toute une équipe. Alors, cette V2 de l’open space tient compte de ces besoins.

Pour les appliquer, il faut enquêter. Sandra Garcia intervient très en amont d’un projet immobilier, « deux ans avant un emménagement ». Elle étudie l’organisation du travail de l’entreprise cliente, « mais aussi les habitudes culturelles des salariés ». Ensuite, elle définit et préconise un aménagement, avec plus ou moins de canapés, plus ou moins proches des machines à café. Mais aussi, avec des lieux de réunions spécifiques pour ceux qui pratiquent la méthode agile par exemple, plus ou moins grands, selon les habitudes maison.

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video et podcasts interviews Davidson Consulting

La fin des bureaux attitrés mais pas du bureau attribué

Pour résoudre les tracas crées par les open spaces trop grands et trop bruyants, Steelcase, le spécialiste de l’espace de travail ne parle plus d’espace de travail, « mais d’expérience de travail ». Une pirouette ? Pas seulement. Car l’espace change selon le jour et l’heure de l’expérience. Car aux moments de nécessaire concentration, dans un endroit dédié, succèdent des moments d’échange avec un interlocuteur ou plusieurs, dans des lieux adaptés aussi.

Gaetan de LavilleonC’est donc un aller sans retour vers un flexoffice généralisé ? « Non, c’est la fin du bureau attitré, mais pas du bureau attribué » nuance Sandra Garcia. Une nuance qui laisse Gaëtan de Lavilléon quelque peu sceptique. « Avec le bureau flexible, il ne faut pas tomber dans le même panneau qu’avec l’open space », explique le docteur en neurosciences qui vient de signer une tribune dans Le Monde pour pourfendre les nuisances sonores sur les plateaux. « En quelques années, toutes les entreprises ont basculé dans l’open space, avec les dégâts que l’on connaît ». Alors, le chercheur, et cofondateur de l’agence de conseil en sciences cognitives Cog’X, demande à ce que les cas, les entreprises en l’occurrence, soient évaluées au cas par cas.

Une démarche proche de celle que Sandra Garcia applique finalement aux projets de ses clients. Une prudence qui permettra, peut-être, de ne pas reproduire les erreurs du passé.

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