Prévisions : les recrutements de cadres encore en hausse en 2020 et jusqu'en 2022

Publié le 16 février 2020 Sylvia Di Pasquale

Qu'on se le dise, les entreprises ont besoin de davantage de cadres. Si vous rêvez de changer de poste ou d’entreprise, votre projet pourrait bien aboutir dans les trois prochaines années. Selon les dernières prévisions Apec recueillies auprès de 10 000 entreprises, pas moins de 296 600 recrutements de cadres sont prévus d’ici fin 2020. Et le rythme ne faiblira pas au moins jusqu’en 2022. Alors réveillez votre ambition et préparez vos CV !
Prévisions : les recrutements de cadres encore en hausse en 2020 et jusqu'en 2022

Les planètes restent alignées pour les cadres en 2020. Selon les dernières prévisions de l’Apec*, les entreprises comptent embaucher

  • 5 % de cols blancs en plus que l’an passé
  • soit environ 296 000 recrutements de cadres en CDI et CDD d’un an et plus.

 

Lire aussi >> Quels secteurs et quelles fonctions vont recruter des cadres en 2020 ?

 

2020 accélère l’emploi des cadres

Un rythme en baisse (+11% en 2017 et +6% en 2018) mais des embauches de cadres toujours au beau fixe donc, après une année 2019 enregistrant 281 000 embauches. Un résultat dans les clous des prévisions de l’Apec puisqu’elle annonçait une fourchette comprise entre 270 700 et 292 000 embauches.

Les recrutements (281 000) et les promotions internes (58 000) ayant largement dépassé les sorties (228 300 démissions et licenciements) ainsi que les départs à la retraite (36 300), les entreprises ont même dû créer 75 000 postes de cadres en 2019. « C’est un niveau qu’on n’avait pas vu depuis 2006 », relève Gaël Bouron, responsable adjoint du pôle étude de l’Apec. Même l'industrie

La France a gagné 1 million de postes cadre en 20 ans, dont 150 000 créés dans les deux dernières années.

 

 

Pourquoi les entreprises ont-elles besoin de cadres ?

  • Pour se moderniser et mieux coller à l’époque

Transition numérique mais aussi énergétique, écologique et démographique font désormais partie des chantiers prioritaires des entreprises françaises. Ce qui est plus étonnant, c’est que les entreprises réussissent à recruter malgré un PIB essoufflé qui a entrainé une baisse des investissements. Le constat de l’Apec est que les recrutements ne sont plus indexés sur la croissance mais sur les investissements.

Le moteur des recrutements, ce n’est plus la croissance, mais les investissements.

Gaël Bouron, responsable adjoint du pôle étude de l’Apec.

 

  • Parce que le turnover est reparti à la hausse

Comme les cadres changent plus facilement d’entreprise, il faut les remplacer. Le turnover des cadres atteignait 9 % en 2018 (vs 6% en 2015). « 3 points peuvent paraître insignifiants mais chacun représente des milliers de cadres », insiste Gaël Boron.

 

  • Parce que les métropoles régionales créent des emplois cadre

60 % des offres de recrutement de cadres se concentrent dans les 10 plus grandes zones d’emploi.  « Sans compétences cadres, les entreprises n’arriveront pas à se développer, ni à renforcer le tissu économique régional », insiste Bertrand Hébert, directeur général de l’Apec.

 

  •  Parce que les compétences expertes des cadres sont vitales aux entreprises

L'économie française a besoin de plus de cadres et ingénieurs. « Certes les soft skills sont importantes mais ce que recherchent avant tout les entreprises, ce sont des expertises fortes pour mener à bien des transformations critiques », précise Gaël Bouron. Le besoin en expertises de haut vol détenues par les cadres fait fi des soubresauts conjoncturels. Aujourd’hui et demain, les cadres sont attendus pour accompagner les évolutions technologiques autour de la data, de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle ou de l’usine du futur notamment.

 

Tous les cadres privés d’emploi vont-ils être recrutés ?

Posons l’hélicoptère… Malgré un taux de chômage faible de 3,8 %*, que l’on estime être proche du « plein emploi », tous les cadres sans emploi n’auront pas tous la chance d’en retrouver un. Même s’il est admis que cette catégorie de salariés est globalement privilégiée par rapport aux profils moins qualifiés, tous ne seront pas égaux pour sortir du chômage. Tout dépend du secteur d’activité convoité, de la fonction, de la région et aussi du nombre d’années d’expérience du candidat.

302 000 recrutements d’ici 3 ans

Bonne nouvelle, le marché de l’emploi devrait rester favorable aux cadres dans les trois prochaines années selon l’Apec.

L’érosion de la croissance serait toujours compensée par le maintien des investissements et permettrait ainsi aux entreprises de continuer à recruter. Malgré une progression moins forte (+0,2 % en 2021 et +2 % en 2022), la barre historique des 300 000 recrutements pourrait être frôlée en 2021 puis dépassée en 2022. Mais quid des nuages qui s’amoncellent et pourraient impacter notre économie comme l’épidémie de coronavirus, les désaccords commerciaux sino-américains, la mauvaise santé économique des partenaires européens de la France, les conséquences d’après Brexit…  Sans dénier ces menaces, l’Apec reste optimiste : « Les besoins en compétences et en expertise à forte valeur ajoutée reposent sur un socle structurel qui s’inscrit sur le long terme et qui semble relativement insensible aux fluctuations conjoncturelles ».

* Enquête réalisée par l’Apec du 21 octobre au 13 décembre 2019 auprès d’un panel permanent de 10 000 entreprises représentatif de la répartition par région, taille et secteur d’activité des salariés du secteur privé en France métropolitaine (représentant 1,7 million de salariés dont 378 000 cadres). Publiée le 14 février 2019.

** Indicateur du Bureau international du travail (BIT). Lire aussi : 12 chiffres à connaître sur les cadres français

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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