Les recruteurs appellent 3 anciens employeurs par candidat

Elodie Buzaud

Si votre recrutement passe par un cabinet, sachez que le recruteur cherchera presque toujours à contrôler vos références. Il tentera de joindre vos anciens managers, collègues ou même clients. Que vous le vouliez… ou non.

C’est devenu systématique. Les consultants des cabinets de recrutement contrôlent les références des candidats dans 94 % des cas. En moyenne, ils sollicitent trois personnes ayant travaillé avec lui, d’après l’étude* dévoilée mi-décembre par le cabinet de recrutement Oasys Consultants.

Les recruteurs ne se contentent pas des références données par les candidats

Le plus souvent, il s’agit de son ancien N+1 (dans 39 % des cas), de ses ex-collègues (dans 23 % des situations), de ses anciens DRH (dans 19 % des cas) mais il n’est pas rare que les consultants fassent également appel à d’anciens fournisseurs et clients. Car, si la majorité des cabinets n’interroge que les contacts donnés par les candidats (dans 58 % des recrutements), près de la moitié les complète avec des références dites sauvages, prises à l’initiative seule du consultant et que le candidat ignore.

Une exigence de plus en plus réclamée par les clients

Même si cette pratique de prise de référence à l’insu du candidat n’est pas approuvée, et même déconseillée par le Syntec Conseil en Recrutement qui regroupe 140 cabinets, elle s’impose. Car « les chasseurs […] ne veulent pas prendre de risque et cherchent à avoir un maximum d’informations sur les candidats », note Oasys Consultants. Sur sa façon de travailler, ses compétences mais aussi et surtout sur sa personnalité. Quand on sait que ce critère est devenu le deuxième plus important aux yeux des entreprises qui font appel aux cabinets de chasse de tête – juste derrière l’expérience métier -, on comprend mieux pourquoi elles exigent un contrôle des références, dans 79 % des cas aujourd’hui, contre 56 % en 2010.

* « Cabinets de chasse de tête et de recrutement, entre tabous et idées reçues, quelles pratiques et quelles contributions réelles ? » Enquête exclusive réalisée entre décembre 2013 et février 2014 via des questionnaires de 67 questions administrées par entretiens téléphoniques ou face à face de 30 à 45 minutes auprès des dirigeants de 120 cabinets de recrutements, dont Hudson, Michael Page, Robert Half et Taste, en partenariat avec « Le guide des professionnels du recrutement » de Gwenole Guiomard, édition du Management.

Elodie Buzaud
Elodie Buzaud

Le travail et l’écologie sont mes thématiques de prédilection. En tant que journaliste indépendante, je cherche notamment à répondre aux questions que posent ces deux sujets pour mieux comprendre comment le travail, et les travailleurs, peuvent contribuer à la transition écologique.

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