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Les salariés ''boomerang'' qui reviennent chez leur ancien employeur ont-ils raison ?

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Sylvie Laidet

02/07/2019

Réintégrer une entreprise qu’on a quittée est devenu un choix d’évolution comme un autre. Pour quelles raisons ces salariés "boomerang" font-ils marche arrière ? D’ailleurs s’agit-il d’une régression ? Bénéficient-ils d’un gap salarial ? Comment réagissent les entreprises ? Interviews éclairantes.

Salariés "boomerang" , un retour au bercail choisi

L’image peut paraître un tantinet triviale mais c’est bel et bien de cela qu’il s’agit. Un salarié "boomerang" est un collaborateur qui, six mois, un an, deux ans, ou plus, après son départ, revient chez un précédent employeur. « Ils partent en général car ils ne s’épanouissent plus suffisamment dans leur job du moment. Et ils le verbalisent d’ailleurs assez clairement et précisent même qu’ils s’autorisent à revenir », observe Philippe Deljurie, expert en recrutement et fondateur de Time2scale. Suivant les profils, les « boomerang » partent pour créer leur boîte, faire la même chose ailleurs, passer chez le client, essayer un autre job… les voies sont diverses et variées. En revanche, leur motivation pour revenir semble davantage liée au manager avec qui ils ont aimé bosser qu’à l’entreprise elle-même. « En résumé, ils ne retournent pas dans la boite XX, mais ils désirent rebosser avec Monsieur ou Madame Martin avec qui ils sont toujours en lien. Ils recontactent les anciens managers en question, évoquent leur recherche d’emploi et si une opportunité se présente chez leur ancien employeur, ils la saisissent. Mais si, entretemps, leur contact est parti ailleurs, ils n’hésitent pas à le suivre aussi », ajoute-t-il.

 

Salariés "boomerang", salariés « classiques », même traitement ?

Evidemment que connaissant déjà la « maison », leur période d’intégration est plus rapide et facilitée. Mais le processus de recrutement reste pointilleux. Chez Mega International par exemple, qui compte 6% de salariés boomerang en France, la DRH veille au grain. « Avant de recontacter un ancien collaborateur toujours dans nos tablettes, grâce notamment au pouvoir des réseaux sociaux, je vérifie sur son parcours que tous les indicateurs sont au vert. En amont, je discute également de l’opportunité de ce retour avec les managers et les équipes concernées. Mon objectif est d’éviter tout sinistre administratif en déstabilisant une équipe en place. Il passe ensuite trois entretiens, comme tous les candidats », insiste Karima Chauvalon, VP RH de Mega International. Ensuite pas de traitement particulier notamment en terme de gap salarial. A noter toutefois que les petites et moyennes entreprises semblent plus « open » à ce type de trajectoires que les grands groupes pour qui, un départ est encore parfois vécu comme une trahison. Donc partir pour ne jamais revenir !

 

Gagnent-ils plus en revenant chez leur ancien employeur ?

Quand on interroge les employeurs sur le sujet, de suite, ils se mettent en mode « équité de traitement entre les membres d’une équipe ». Qu’il s’agisse d’un ancien qui fait un retour ou pas. En résumé, ils ont des grilles de salaires et ils s’y tiennent. Dans le détail, les pratiques sont évidemment plus fines. Un collaborateur qui a quitté une ESN comme consultant et qui y revient au poste de product owner, verra évidemment son salaire calé sur celui des PO en interne. « Un auditeur qui revient après deux ans passés dans un start up lambda peut difficilement obtenir un gap significatif par rapport à son précédent salaire. En revanche, un auditeur qui a développé une solide expertise et un gros réseau dans un start up de la legal tech, peut prétendre à une belle négociation salariale car son périmètre a considérablement évolué », illustre Philippe Deljurie de Time2Scale. Bref, l’effet boomerang n’est pas gagnant à tous les coups.

Lire aussi >> Offboarding ou comment préparer le départ d'un collaborateur

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