"Les salariés ne figuraient pas sur l'organigramme"

Tiphaine Réto

Pierre Nicolas, porte-parole de la CGT au Technocentre de Renault à Guyancourt, revient sur la série de suicides qui a touché son entreprise en 2007.

Le manque de reconnaissance au travail, un sujet que connaît bien Pierre Nicolas. Porte-parole de la CGT au Technocentre de Renault à Guyancourt, il se bat pour que l'entreprise ne broie plus le potentiel des salariés depuis que trois de ses collègues se sont donné la mort sur leur lieu de travail, en 2007. « Pour exister socialement dans l'entreprise, il faut être chef. Si vous n'êtes pas chef, vous ne figurez pas sur l'organigramme. » Il aura fallu du temps à la société pour admettre que ce fonctionnement mettait à mal certains de ses salariés. « Les ressources humaines refusaient de reconnaître que ces suicides avaient un lien avec le travail. Elles avaient peur que cela nuise à l'image de l'entreprise et préféraient invoquer des troubles personnels chez les salariés. »

Apprendre à en parler

La direction a cherché à jouer la carte de la prévention et de la détection. « Mais quand les gens sont mal dans leur boulot, ils ne le crient pas sur les toits », s'exclame le syndicaliste. « C'est d'ailleurs là le problème, rapporte Françoise Delporte, avocate spécialiste du droit du travail. Il faudrait réussir à changer les mentalités et faire en sorte que les gens n'aient plus honte de parler de leur souffrance. »

A lire aussi : Quand le travail devient stress

 

Tiphaine Réto
Tiphaine Réto

Vous aimerez aussi :