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Neurorecrutement : le jour où l’entretien d’embauche se fera par IRM

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Quentin Velluet

27/12/2016

Scanner la matière grise pour repérer les atouts et faiblesses des candidats, c’est ce que propose le neurorecrutement. Une idée instiguée par quelques pionniers bien décidés à faire du recrutement une science exacte.

Demain, les recruteurs se feront peut-être aider par des neurologues pour repérer le meilleur candidat. Loin d’être de la science-fiction, le neurorecrutement est déjà pratiqué par une poignée de recruteurs aux États-Unis et dans quelques pays d’Europe. Là-bas, ces pionniers passent les méninges des candidats au crible des radiations afin de vérifier s’ils correspondent à l’entreprise et au poste qu’ils convoitent.

IRM et électroencéphalogramme

Willem Verbeke fait partie de ces défricheurs. Professeur de management à l’université Erasmus de Rotterdam, il est persuadé que l’imagerie médicale telle que l’IRM ou l’électroencéphalogramme est l’outil du recrutement du futur. Selon lui, le neurorecrutement va d’abord concerner le top management dans le secteur de la banque ou les dirigeants d’institutions financières. Il permettra ainsi de détecter des tendances psychotiques ou autistiques qui priveraient les patrons de l’empathie nécessaire à la compréhension d’une clientèle. Le néerlandais a déjà commencé sa campagne d’évangélisation auprès des recruteurs grâce à Professional Capital, la société de conseil qu’il a fondé en 2004. Elle leur propose de valider les profils des candidats en phase de recrutement en leur faisant passer un scan du cerveau en plus de tests psychométriques.

À Istanbul, l’agence de publicité TBWA a sauté le pas en 2013. À l’occasion du recrutement d’un stagiaire en publicité, les candidats étaient invités à regarder l’une de ses réalisations dans une salle de cinéma, la tête coiffée d’électrodes. Équipé d’un logiciel spécialisé, un neuroscientifique a enregistré l’activité cérébrale de chacun pour la traduire en émotions à l’aide de graphiques. C’est ainsi que sur une base statistique, le candidat dont la matière grise a exprimé le plus d’attrait pour la publicité a été retenu pour le poste. L’opération, qui est plus un prétexte pour faire parler de TBWA, illustre néanmoins ce à quoi pourrait ressembler le recrutement du futur.

Neurosciences plus que science-fiction

Ce sont les travaux de recherche en neurosciences qui ont fini par convaincre une poignée de pionniers de l’utilité de l’imagerie médicale au service du recrutement. Ceux de Sean Hannah, professeur à l’université de Wake Forest ont par exemple montré en 2013 que les leaders naturels activent des parties bien précises du cerveau. En d’autres termes, leur activité cérébrale est reconnaissable parmi d’autres. Pour les recruteurs, l’électroencéphalogramme semblerait donc être le parfait outil pour les repérer.

En 2015, Emily S. Finn, doctorante à l’université de Yale, a de son côté prouvé que nos cerveaux sont comme nos empreintes digitales : uniques. Si certaines personnes sont meilleures que d’autres à certaines choses, c’est simplement parce que leurs cerveaux sont câblés en conséquence. On comprend ainsi qu’un scan de cerveau permettrait de déterminer dans quels domaines un candidat est meilleur qu’un autre. De quoi transformer dans l’avenir les recruteurs en radiologues.

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C Tielman

18/01/2017

à 10:33

Soit c'est vrai, et l'on croit rêver, soit c'est une farce, dommage car nous ne sommes pas le 1er avril.
Même si parfois je trouve que les recruteurs ont une approche déplorable dans la gestion des candidatures (on se demande même s'ils ne font pas des concours de lecture ultra rapide des CV et LM !), les connaissances actuelles sur le cerveau humain ne permettent absolument pas d'envisager une application sérieuse des méthodes décrites dans l'article.
A ce jour, rien ne vaut un entretien candidat/recruteur pour évaluer au mieux l'adéquation d'un poste avec un individu : ayons confiance en l'Homme.

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En réponse à Légifrance

toto

04/01/2017

à 19:28

Allons, le recrutement se fera de manière classique.OK pour les tests et cie. Mais pour les détails croustillants, il vous faut Popol, le barbouzeux, ou une escorte et a vos risques et périls quand cela vous plante et plante les autres

> Répondre

PiyaJo

04/01/2017

à 08:24

@ An Eostig et frank : totalement d'accord!

Pour quelqu'un en recherche ou qui se fait chasser imaginons alors le nombre d'IRM qu'il devra passer et qui va potentiellement lui griller les neurones! Un IRM N'EST pas anodin. Quelqu'un d'intelligent ne parle pas à un seul futur employeur quelque soit son niveau hiérarchique. À la fin on aura des légumes bouillis.
Il y a déjà tant de personnes qui, pour des questions de santé grave, n'ont pas facilement accès à ces IRM et maintenant nous avons des incompétents qui vont faire engorger ces services.
Ils mettent en lumière leurs propres incompétences! Ils sont incapables de se faire confiance, laisser parler leurs intuitions, leurs propres expertises et surtout laisser faire la notion d'inconnu qui peut toujours nous étonner, de manière très positive!
Que dirait le résultat de leurs propres IRM?
Ils achètent des labels, une étiquette, ils ne risquent pas de se tromper non? Et si ca ne marchait pas... "Mais Monsieur/Madame je ne comprends pas! C'est pourtant un IRM et l'etude de l'imagerie cérébrale est toujours exacte! Zéro erreur possible! Nous avons étudié toutes les différentes plasticités cérébrales dans le monde entier et nous SAVONS! Mais je ne suis pas responsable, c'est l'IRM Monsieur/Madame!".
Il y a des méthodes très innovantes mais toutes ne sont pas saines et équilibrées et là il y a un danger implacable, celui de perdre sa liberté, le libre arbitre, les incertitudes etc. qui font partie de ce qui fait l'Humain, l'Humanité!
Si le cerveau d'une personne était le seul garant de la réussite au poste (ou la réussite tout court), alors quid de l'influence de tous ses autres organes, les aléas extérieurs de tout type, etc?
Gardons notre bon sens et notre liberté de surcroît!
Cette méthode, même si couplée à d'autres tests de personnalités psychométriques, psychologique, psychotechniques, etc. est DANGEREUSE!

Quelle existence laisserons-nous à nos enfants si nous acceptons ce genre de choses maintenant? Qui jugera? Qui aura la fabuleuse IRM d'exception potentiellement légitime pour évaluer les AUTRES?

L'innovation oui et oui, mais la bêtise humaine non et non!

Merci la CNIL de ne pas laisser passer cela et à toutes les personnes qui refuseront de passer ces IRM pour soulager la conscience du neurorecruteur et de sa prestation si chère....

L'humanité va finir par se détruire elle même avec ces bêtises portées par certains fous...

> Répondre

Gaius Baltar

04/01/2017

à 07:17

N'importe quoi!

Si déjà on adoptait les méthodes modernes de recrutement, tests psychotechniques, entretiens structurés, contacts des références... Il ya de nombreuses études anglo-saxonnes qui classifient les méthodes de recrutement par rapport à leur fiabilité.
Je rappelle que la technique de la mitraillette, la graphologie et l'examen de la façon de s'assoir sont des techniques purement françaises qui n'ont aucune valeur scientifique en recrutement. Il n'y a rien de plus idiot que la technique de la mitraillette. Je trouvais même une personne qui défendait bec et ongles sa numérologie. Pauvres Béatrice, elles ont un 9...

> Répondre

PiyaJo

04/01/2017

à 00:34

@ An Eostig et frank : totalement d'accord!

Pour quelqu'un en recherche ou qui se fait chasser imaginons alors le nombre d'IRM qu'il devra passer et qui va potentiellement lui griller les neurones! Un IRM N'EST pas anodin. Quelqu'un d'intelligent ne parle pas à un seul futur employeur quelque soit son niveau hiérarchique. À la fin on aura des légumes bouillis.
Il y a déjà tant de personnes qui, pour des questions de santé grave, n'ont pas facilement accès à ces IRM et maintenant nous avons des incompétents qui vont faire engorger ces services.
Ils mettent en lumière leurs propres incompétences! Ils sont incapables de se faire confiance, laisser parler leurs intuitions, leurs propres expertises et surtout laisser faire la notion d'inconnu qui peut toujours nous étonner, de manière très positive!
Que dirait le résultat de leurs propres IRM?
Ils achètent des labels, une étiquette, ils ne risquent pas de se tromper non? Et si ca ne marchait pas... "Mais Monsieur/Madame je ne comprends pas! C'est pourtant un IRM et l'etude de l'imagerie cérébrale est toujours exacte! Zéro erreur possible! Nous avons étudié toutes les différentes plasticités cérébrales dans le monde entier et nous SAVONS! Mais je ne suis pas responsable, c'est l'IRM Monsieur/Madame!".
Il y a des méthodes très innovantes mais toutes ne sont pas saines et équilibrées et là il y a un danger implacable, celui de perdre sa liberté, le libre arbitre, les incertitudes etc. qui font partie de ce qui fait l'Humain, l'Humanité!
Si le cerveau d'une personne était le seul garant de la réussite au poste (ou la réussite tout court), alors quid de l'influence de tous ses autres organes, les aléas extérieurs de tout type, etc?
Gardons notre bon sens et notre liberté de surcroît!
Cette méthode, même si couplée à d'autres tests de personnalités psychométriques, psychologique, psychotechniques, etc. est DANGEREUSE!

Quelle existence laisserons-nous à nos enfants si nous acceptons ce genre de choses maintenant? Qui jugera? Qui aura la fabuleuse IRM d'exception potentiellement légitime pour évaluer les AUTRES?

L'innovation oui et oui, mais la bêtise humaine non et non!

Merci la CNIL de ne pas laisser passer cela et à toutes les personnes qui refuseront de passer ces IRM pour soulager la conscience du neurorecruteur et de sa prestation si chère....

L'humanité va finir par se détruire elle même avec ces bêtises portées par certains fous...

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Philippe Favre

03/01/2017

à 23:35

Personnellement je n'accepterai jamais qu'un scanner ou autre outil médical viole mon intégrité pour un poste quel qu'en soit l'enjeu.
Toutefois il existe déjà des outils non intrusifs faisant appel aux neuro-sciences permettant de mieux cerner les personnalités des candidats.
Une PME lyonnaise a développé un superbe outil pour répondre à ce besoin:
Voir le site de "Keys and Pathways."
Surprenant. De grandes multinationales suisses et allemandes l'utilisent déjà régulièrement
Ph F

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An Eostig

03/01/2017

à 19:11

Effectivement, nous avons encore pour le moment quelques barrières déontologiques qui évitent ces pratiques, très anglo-saxonnes et tellement empreintes des théories de la primauté de l'inné sur l'acquis et de la métrologie de l'humain que l'on a pu voir en pratique dans la première moitié du siècle passé.
Le manager qui pense que celà est de nature à prendre une bonne décision ne fait que rassurer sa peur de choisir "à la gueule du client", à lui donc de passer en premier avant de recruter ! En effet, à compétences égales, on choisi au ressenti et, alors, on pourrait se demander s'il ne faut pas mesurer les phéromones.
Enfin, pour ceux qui ont un peu de bouteille, je rappelle qu'un gros industriel des NTIC à utilisé le test de Rorschach en recrutement dans les années 80 avant de se faire rappeller à l'ordre; Problème : quel candidat recalé irait aujourd'hui porter plainte si de telles pratiques venaient à voir le jour ?

Ma conclusion est que l'on devrait surtout encadrer certains Docteurs Folamour qui n'on jamais lu Rabelais, "Science etc . . ."

Bonne année à tous

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Frank

03/01/2017

à 18:50

depuis quand l'IRM (qui n'émet pas de radiation mais un champs magnétique et des radiofréquences) est capable d'analyser un profil psychologique??? Par ailleurs comment peut on accepter ce type d'examen pour un emploi? nous glissons lentement vers Le Meilleur des mondes de Huxley.
Même pour des postes ou la santé est primordiale (pilotes de ligne, parachutistes professionnels) la visite médicale classe 1 garde un minimum de respect de la vie privée des personnes concernées (je passe cette visite chaque année donc je la connais bien)
Et pour finir, une personne qui serait pourtant le profil idéal sera recalée simplement parce que, ayant un éclat métallique dans le corps, elle ne pourra pas être éligible à cet examen
Concernant l'EEG, il y a là aussi une intrusion grave, car pour qu'il soit efficace, il faudra avant un interrogatoire médical pointu afin de rendre les analyses pertinentes (un gaucher écrivant de la main droite n'aura pas la même répartition des fonctions dans son cerveau, par ailleurs selon la langue natale du sujet le cerveau fonctionne différemment)
Et tout cela n'est qu'un très bref aperçu de la complexité du cerveau et donc de l'incohérence de ces examens pour un entretien d'embauche (car je ne suis pas médecin!!!)

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Sarah P

03/01/2017

à 18:26

A quand la fibro pour savoir ce qu'ils ont dans le ventre ? C'est moi où on tous atteints de délirium pas très mince ?

> Répondre

Mélina

03/01/2017

à 17:50

Franchement passionnant - j'adorerai faire le cobaye pour analyser les méandres de mon cerveau
C'est sûr que c'est fou d'en arriver à un IRM - Sur des postes à fort enjeu ou importantes structures , les impacts d'erreurs de recrutement sont tellement énormes qu' un nouvel outil pourrait être un plus. Aprés cela reste un des moyens complémentaires aux autres existants surtout les entretiens physiques.

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En réponse à Mélina

phad

03/01/2017

à 21:54

Sur le modèle hollandais, faudrait connaitre!

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Jean Héron

29/12/2016

à 18:58

Qu'on commence avec les hommes politiques candidats à la moindre élection !!!!! Et aussi les moindres candidats à un poste de (haut) fonctionnaire...

> Répondre

toto

28/12/2016

à 13:09

Tant qu'à faire, on va aussi réaliser un détecteur de mensonge avec cet outil et ce n'est pas de la science-fiction. On va sans doute explorer les facettes cachées des candidats comme préférence sexuelle, comportements dangereux (drogues, alcools, jeux, etc..), appétences au risques etc...Tout cela sans regarder par le trou de la serrure ou engager Popol, le barbouze détective, pour surveiller.
En France, on a heureusement la CNIL pour réguler ce genre de pratique.

> Répondre

Cassandra

27/12/2016

à 17:58

Bonjour,

Je me permets de laisser un commentaire, j'aime vos publications mais cet article, tout comme les autres du site, contient quelques coquilles d'orthographe.
Il faut rectifier, ou bien relire avant...

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En réponse à Cassandra

En passant

29/12/2016

à 02:27

A ce demander ce qui aurait déjà du être scanné : les "fot" ou déjà les cerveaux des rédacteurs :)) (humour ; osez publier c'est la trêve hivernale les zamis )

> Répondre

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