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« Nous recherchons des profils entrepreneurs » : info ou intox dans les offres d'emploi ?

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Sylvie Laidet

18/12/2018

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Nous avons écouté Grégory Logan raconter l’histoire d'un ami qui a passé 6 entretiens de recrutement en 6 mois. Tout ça pour ne pas être retenu au motif qu’il avait un esprit « trop » entrepreneurial. Alors faut-il ou pas mentionner ce terme dans sa candidature ? L’avis de plusieurs pros du recrutement. Et vous qu’en pensez-vous ?

Refuser un candidat à cause d’une expérience entrepreneuriale

Avez-vous vu le témoignage de Grégory Logan ? (1) Ce jeune entrepreneur raconte l’histoire de son ami qui a passé 6 entretiens de recrutement en 6 mois sans pour autant décrocher le poste convoité dans une grande entreprise. Son péché capital ? Avoir un profil trop « entrepreneurial », dixit l’employeur qui a fini par l’éconduire. Et Grégory Logan d’apostropher sa communauté pour savoir s’il est le seul à être agacé qu’un simple passage de quelques mois en start-up puisse cataloguer un candidat de la sorte.

Et quand bien même, pourquoi salariés et entrepreneurs ne feraient-ils pas bon ménage ? Pourtant, il suffit de taper le mot clé « entrepreneur » dans les barres de recherche des sites emploi pour constater que de nombreuses boîtes recherchent ce type de profils.

 

Les termes « entrepreneur et atypique » ont tout simplement remplacé « dynamique et motivé » 

 

Pourquoi les offres d’emploi mentionnent-elles « profil entrepreneur » ?

Une simple recherche sémantique suffit à faire remonter des centaines d’offres d’emploi en CDI ou CDD mentionnant clairement que des « profils entrepreneurs » sont recherchés. « Entrepreneur est un terme à la mode. Il donne un côté dynamique à l’offre mais cela ne veut rien dire en fait. J’ai l’impression que les termes « entrepreneur et atypique » ont tout simplement remplacé « dynamique et motivé » », craint Laurent Brouat, directeur de L’Ecole du recrutement. Pour Alexandra Lebarq, talent acquisition manager chez Adomik, « le terme est sans doute un peu galvaudé. Pour une entreprise qui rencontre des difficultés de recrutement, cela peut permettre d’attirer certains candidats ». Va pour la sémantique mais concrètement sur le terrain, comment ça se passe ?

 

Les boîtes embauchent-elles vraiment des entrepreneurs ?

En fait, il y a entrepreneur et entrepreneur. Comprenez que les recruteurs font par exemple la différence entre les indépendants – donc créateurs de leur propre business et qui bossent seul – et les chefs d’entreprise, ceux qui ont créé leur boite, qui ont piloté une stratégie, une équipe (aussi petite soit-elle), des indicateurs de performance, etc. « J’aurais davantage de réticence à embaucher un indépendant qu’un créateur d’entreprise. En effet, le premier a l’habitude de sélectionner ses missions. Or, comme salarié dans une entreprise, ce n’est pas envisageable.

Un ancien chef d’entreprise aura pour sa part une compréhension plus large du management, une certaine maturité et une prise de recul que des collaborateurs lambda n’auront pas nécessairement », souligne Alexandra Lebarq. Chez Adomik, l’actuel CTO est par exemple un ex-créateur d’entreprise, aujourd’hui N-2 dans la boite. « Son expérience entrepreneuriale est un plus car il a une lisibilité précise de l’ambition de l’entreprise et sait gérer la croissance », illustre-t-elle. Pascal Grémiaux, PDG d’Eurécia, a pour sa part salarier un consultant expert en marketing et communication pendant trois ans, le temps de mener à bien une mission. Et puis, le consultant est reparti à son compte. « Dans une entreprise, n’avoir que des entrepreneurs sèmerait la zizanie. Une certaine complémentarité entre les profils créée en revanche de la richesse », insiste-t-il. Pour lui, l’idéal est d’identifier des candidats capables de prendre à la fois des initiatives et des risques. Donc des profils entreprenants plus qu’entrepreneurs !

 

Toutes les sociétés ne sont pas « entrepreneurs » compatibles

« Dans les start up, c’est avéré, les profils entrepreneurs ont vraiment la cote. Les grosses TPE et PME apprécient également l’agilité et l’autonomie de ces ex entrepreneurs», constate Laetitia Lombard, dirigeante chez Mana Stratégie, entreprise entre autres spécialisée dans l’innovation managériale. « Ces structures de taille intermédiaire sont plus enclines à se remettre en question que les grands groupes où tout le monde doit rentrer dans des cases », ajoute Céline Berthias, chasseuse de tête, qui voudrait croire que ces annonces « entrepreneurs friendly » ne sont pas que des postures.  Pour elle, « ce sont les managers de proximité qui bloquent ce genre de recrutement. Ils craignent que l’ex entrepreneur prennent trop de place jusqu’à prendre leur place ». Un avis partagé par Laetitia Lombard qui ajoute que « si le recruteur est un entrepreneur, le parcours du candidat résonnera davantage que si le recruteur est un manager salarié depuis toujours ». 

(1) Video postée par Grégory Logan sur Linkedin

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