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Oser dire non au travail peut vous rendre plus performant

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Farah Sadallah

04/10/2017

Dire non à un projet ou à une tâche en entreprise peut vous faciliter la vie et vous rendre plus productif. Explications.

Comment être plus productif, innovant et créatif en entreprise ? Dites-non. C’est ce qu’explique la coache en management, Diana Kander dans un article du magazine Harvard Business Review. Elle certifie : « Si vous ne parvenez pas à refuser des tâches de bas niveaux, pour en mettre en place d’autres plus révolutionnaires, vous arrêtez d’innover […] Dire oui à une bonne idée c’est bien, mais dire non à toutes les idées qui ne sont pas assez bonnes, c’est mieux. » Et cela peut vous aider sur plusieurs plans :

1 - Muscler votre esprit critique

Inutile de se précipiter dans un nouveau projet, même s’il émane d’un manager. Sa proposition vous paraît contre-productive ? Dites non en expliquant pourquoi le projet ne vous convient pas. Vous vous forcerez ainsi à travailler votre esprit critique, une qualité non négligeable que devraient acquérir tous les collaborateurs, selon une étude réalisée par l’OCDE sur les compétences, les ressources et les qualités des travailleurs dans le monde de demain. « Et si le refus va dans le sens du bien commun c’est encore mieux », souligne Boris Sirbey, co-fondateur du Lab-RH et de CollectivZ.

Savoir dire non et le justifier est une qualité à laquelle s’est confronté Benoit Kallel, directeur commercial d’une entreprise immobilière française. Tout de suite après son embauche, il a voulu mettre fin à un partenariat passé avec une association qui était censée leur faire réaliser plus de chiffre d’affaires, or ce n'était pas le cas.  Après avoir annoncé la nouvelle à ses quatre managers, un seul s’y est opposé en justifiant son refus. Cette rupture du contrat aurait mis fin à beaucoup d’engagements pris par les salariés, et peut-être nuit à leur motivation. Le directeur commercial a alors reconnu avoir fait une erreur et est revenu sur sa décision.

2 - Avoir des relations saines avec vos collègues

Sachez aussi dire non à vos collègues. Surtout si ces derniers vous sollicitent trop souvent. Vous pourriez tomber dans une relation conflictuelle, aussi appelée le triangle dramatique. Vous (sauveur) acceptez d’aider un de vos collègue (victime) sur une tâche. Et celui-ci vous sollicite à de nombreuses reprises, toujours pour la même chose. Une relation de dépendance s’installe. Et la victime devient alors le persécuteur, si vous avez le malheur de la laisser tomber. « Ce genre de situation peut réellement empoisonner la vie de bureau, explique Boris Sirbey, à défaut de faire la tâche à sa place, montrez à votre collègue comment faire. »

 

3 - Prioriser vos tâches

D’autant plus que vous avez vos propres objectifs à remplir. Dans cette situation, dire non à certaines tâches est également constructif parce qu’il vous permet de mieux gérer votre temps. Et donc d’être plus productif. Par exemple ne passez pas trop de temps à répondre à vos mails. « Même si cela procure un sentiment de sécurité. En réalité, le collaborateur s’éparpille, et devient moins efficace en oubliant son cœur de mission », affirme Alain Duluc, consultant chez Cegos, coach et manager en psychologie de la performance des personnes et des équipes.

4 - Être plus concentré

Le papillonnage peut également vous éloigner de vos missions. Selon Cal Newport auteur de Deep Work, celui qui parvient à résister à la distraction, en tire un avantage compétitif sur les autres. Mais ne bannissez pas pour autant les moments de récréation, l’important est de trouver un juste milieu. Boris Sirbey explique que s’accorder régulièrement des pauses, permet d’oxygéner son cerveau. « Les réseaux sociaux ne sont pas une si mauvaise chose et 20 minutes de sieste après le repas vous rendent plus productif » affirme-t-il. « C’est lors de pauses informelles à la machine à café que l’on peut échanger et récupérer des idées intéressantes. », ajoute Alain Duluc.

Les limites du non

Le non polémique, à ne pas confondre avec le non constructif, est celui qui bloque les décisions sans apporter de véritables solutions. Selon Boris Sirbey co-fondateur du Lab-RH et de CollectivZ, le non polémique se manifeste souvent lorsque le non constructif est laissé comme lettre morte par la direction. Par exemple lors d’un plan social, si les syndicats ne sont pas écoutés, ils risquent de se braquer et d’appeler à la grève.

Si le manager vit le non comme une insubordination, alors le refus peut vous jouer des tours. Boris Sirbey raconte, qu’un collaborateur en charge de l’immobilier, a osé dire au sein d’une grande banque française, qu’il n’hésiterait pas à faire part de son désaccord si c’était nécessaire. Un mois plus tard il a été rétrogradé à un poste de responsabilité dans l’entretien des sanitaires.  

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LORI Marie Dominique

10/10/2017

à 17:45

Article tout à fait judicieux.Apprendre qu'on peut et doit parfois dire"non"c'est très bien et même nécessaire.Il faut appliquer les principes de subsidiarité et de suppléance avec intelligence, mais aussi savoir "manager sa hiérarchie" .
Plus encore qu'apprendre qu'on peut dire "non" il faut surtout savoir le dire!
Je constate, de part mon expérience depuis 3 décennies, dans les hautes sphères du pouvoir que les formules interro-négatives marchent très bien, choquent moins les hauts gradés et dirigeants.

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ivan12

16/10/2017

à 12:07

tout à fait d'accord, le non constructif fait avancer car chacun met sa compétence au service du groupe. Mais comment le faire passer? et gérer les managers qui prennent le non pour une insubordination?

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Profiler

12/10/2017

à 12:57

C'est une technique que mon père m'a enseignée il y a presque quarante ans: <<savoir négocier avec une main de fer dans un gant de velours>>. A l'époque il était le patron d'une puissante centrale syndicale, et parallèlement très haut dirigeant dans une filiale africaine de l'une des sept sœurs oil & gas.

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Bogo Giorgia

11/10/2017

à 12:07

Article tout à fait pertinent! emprûnt de bon sens !
Il est en revanche à déplorer que peu de managers voire de directeurs sachent non seulement l'entendre, l'accepter et enfin le métaboliser pour avancer au profit de l'entreprise ...mais plus encore le dire par eux mêmes en avant- vente dans le cadre de réponses aux appels d'offres, dans le cadre de déploiements de projets, dans le cadre relationnel client, ...
A ces niveaux de fonctions et de postes il m'a semblé que cet aspect faisait partie des failles et des dysfonctionnements constatés de manière récurrante en terme de savoirs-faires et de savoir-êtres ces dernières années...
Pour conclure l'étude pointe un sujet sensible, ...la sélection des ressources aux postes de directions, managers, et la faculté d'un bon manager à s'entourer d'excellents collaborateurs dans l'intérêt de l'enteprise et de ses équipes ...

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