Pas assez de chômage partiel conduit à trop de chômage total

Michel Holtz

Pourquoi le taux de chômage est-il plus important en France qu'en Allemagne ? A cette question, on peut, bien évidemment, répondre de mille manières. Mais la cour des Comptes vient de rajouter son avis à ces multiples raisons. Pour les Sages, c'est, entre autres, à cause du désintérêt des entreprises hexagonales pour le chômage partiel. En gros, il est plus simple, et moins cher pour un employeur de licencier que de mettre en place ce dispositif. Résultat : selon la Cour, seulement 18 000 emplois ont été sauvés par ce biais, au lieu de 221 500 Outre-Rhin.

Du coup, la France se retrouve affublée d'un bonnet d'âne européen, puisque, en 2009, 0,8 % seulement de la population active a profité de ces mesures, contre 5,6 % en Belgique et 3,2 % en Allemagne. Pour autant, toujours en 2009, le recours à cette pratique a doublé par rapport à l'année précédente. Mais pas suffisamment.

Pourquoi les boîtes françaises boudent-elles ces fameuses mesures de chômage partiel, qui, en cas de coup dur leur permettent d'être (partiellement) aidées pour laisser leurs salariés se reposer (partiellement) chez eux, tout en étant (partiellement) payés ? Parce que, justement, estiment les magistrats, les entreprises ne sont que trop partiellement aidées. Les exonérations de cotisations sociales, les réductions de CSG et CRDS seraient, selon leur rapport, bien inférieures aux coups de pouce allemands.

Résultat : des emplois sont détruits et les entreprises qui licencient sont obligées de réembaucher une fois la crise passée, plutôt que de garder les salariés en attendant la reprise.

Michel Holtz © Cadremploi.fr

Michel Holtz
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