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Pénurie de cadres en 2030 : votre secteur sera-t-il impacté ?

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Céline Husetowski

11/05/2018

Trop de postes et pas assez de profils qualifiés. Selon une récente étude réalisée par Korn Ferry dans 20 pays, il manquera 21 % de cadres en 2030. Quels sont les secteurs impactés ? Décryptage.

Les chiffres sont astronomiques. En 2030, il manquera plus de 85,2 millions de nouveaux talents dont 21 % de cadres. C'est en tous cas le scénario catastrophe asséné par la toute dernière étude de Korn Ferry*, un cabinet américain de recrutement de cadres dirigeants.

L’étude analyse la différence entre les perspectives d’offres d’emploi et les compétences disponibles à l’horizon 2030. Sur la vingtaine de pays étudiés, tous souffriraient d’une pénurie d’employés dès 2020, sauf l’Inde, qui serait le seul pays à s’en tirer.

 

Les secteurs en mutation plus pénalisés

Loin devant tous les autres, ce sont le secteur financier et celui des services aux entreprises qui devraient être les plus touchés avec une pénurie de 10,7 millions de salariés soit 45 fois l’ensemble des employés de HSBC. La raison : les pays ne forment pas assez de salariés qualifiés pour accompagner l’évolution rapide de ces secteurs. En France, malgré l’effet Brexit, cette pénurie pourrait coûter plus de 60,8 billions de dollars.

Déjà touchée, l’industrie manufacturière manquera de 7,9 millions de profils compétents en 2030. Avec l’automatisation de certaines tâches pénibles, les besoins se concentreront plutôt sur des profils cadres capables de manager des équipes ou de développer des projets. 

Enfin, les services technologiques, industrie florissante grâce aux géants du web, pourraient manquer de plus de 4,8 millions de profils correspondants à leurs besoins.
En France, la situation s’annonce tendue dans la branche. Dans un rapport de 2017, le Conseil d’orientation pour l’emploi annonçait déjà une pénurie de plus de 80 000 emplois dès 2020.

La demande des personnes qui pourront innover, créer, encadrer, développer des produits va exploser


Les métiers des cadres en mutation

« Les emplois ne vont pas disparaître, ils vont évoluer », analyse dans l‘étude Yannick Binvel, le président des marchés industriels mondiaux chez Korn Ferry.

Déjà en 2016, une autre étude de la fondation The world Economic forum’s intitulée « future of jobs » prédisait la disparition de 5 millions d’emplois à cause de l’automatisation. En contrepartie, 2,1 millions de nouveaux jobs seraient créés.

« L’automatisation peut remplacer les tâches des techniciens et ouvriers, mais la demande des personnes qui pourront innover, créer, encadrer, développer des produits va exploser », constate Yannick Binvel dans la partie consacrée à l’interprétation des résultats de l’étude.

Mais faute de salariés qualifiés, les entreprises risquent de perdre beaucoup d’argent, soit 175 milliards d’euros rien qu’en France si l’on en croit les prévisions de Korn Ferry. L’économie ne peut pas fonctionner s’il n’y a pas assez de profils adéquats aux besoins des entreprises. C’est l’origine de ce « talent crunch », de cette pénurie de talents pointée par Korn Ferry.

 

L’Inde ne connaitra pas la crise

Seule exception, l’Inde sera le seul pays à résister à la pénurie de salariés en 2030. Grâce à sa croissance économique de 7 % par an depuis 2014, le sous-continent pourrait bien devenir la 5e puissance économique mondiale et dépasser la France en 2018.

Que ce soit dans les secteurs financiers, des nouvelles technologies ou de l’industrie, l’Inde pourra compter sur sa gigantesque population active. Selon une étude publiée en 2017 par l’Ined, elle sera le pays le plus peuplé en 2030 avec 1,4 milliard d’habitants.

Dans le domaine des nouvelles technologies, « la Silicon Valley of India » pourra compter d’ici 2030 sur un réservoir de plus d’1,3 million de cadres. Actuellement 15e dans le classement mondial de l’écosystème des start-up, l’Inde est en chemin pour détrôner en 2030 les Américains, n°1 du secteur dans les nouvelles-technologies.

* Etude Korn Ferry Global Talent Crunch Mai 2018

7

commentaires

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Anthony

16/05/2018

à 22:02

C’est de la prospective...sur un faisceau de données d’aujourd’hui. A la vitesse où l’économie évolue, il faut prendre beaucoup de recul sur les résultats de ce type d’étude. On n’arrive pas au 21ème siècle à prévoir le temps au delà de 5 jours alors là...

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emmapeel

16/05/2018

à 12:03

Frustrant de lire ce genre d'article lorsque l'on est en recherche d'emploi !
Plus que les diplômes pré-requis ,je souligne surtout le manque d'ouverture d'esprit des recruteurs, décideurs dans la fameuse " transférabilité des compétences " dont tout le monde parle. Que l'on s'alarme d'une éventuelle pénurie a terme alors qu'il y a beaucoup de compétences et d'expérience cadres en recherche qui se voient tous les jours refusés l'accès a des entretiens du fait de l'étroitesse de vision et d'esprit des personnes en charge du recrutement qui ne veulent que du copier coller de l'existant..... je suis sidérée !

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RG

16/05/2018

à 10:08

Et la formation dans tout ça?

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Victoria

15/05/2018

à 21:56

je ne comprends pas pourquoi tout le monde participe dans le mensonge collectif ? Depuis 2an et demi je suis en recherche de travail dans le secteur des finances, bien diplômée, jeune avec une expérience interessante mais il n y a pas de postes disponibles que je visent ! Pourquoi dire que ce secteur est le 1er qui souffrira de la pénurie ? Ce secteur n'a pas besoin d'en demander des cadres, il en a assez !

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Lasegue

15/05/2018

à 19:28

Il faut dire qu'en FRANCE, on regarde beaucoup les diplômes ce qui n'est pas toujours payant ! J'ai connu des personnes qui sont devenues cadres et de plus de bons cadres en étant bac+3 seulement. Ils se sont formés dans l'Entreprise et sont devenus performants dans leur job. Il faut donner la chance à des profils de gens motivés, intelligents et organisés et non à des surdiplômés qui ne feront pas forcément l'affaire surtout dans les services aux entreprises ! J'ai même l'exemple d'un homme qui a eu à l'époque un Bac G, suivi d'un BTS et qui aujourd'hui "plafonne" dans la haute finance ! C'est même un des meilleurs !

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Mag

15/05/2018

à 20:33

Exactement, donner la chance aux moins diplômés, ils pourraient vous surprendre !

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En réponse à Mag

Marc

11/06/2018

à 09:26

Même pas besoin, il y a déjà suffisamment de diplômés qui attendent ! Mais ce genre d'études permet d'accroître le stock de travailleurs qualifiés au chômage en berçant la jeunesse d'illusions de grandeur, ce qui maintient la pression sur les salaires de ceux qui trouvent (et sont ensuite bien embêtés de ne pas parvenir à quitter Paris et ses logements trop chers pour eux).

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