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Portage salarial : qui sont les cadres favorables à ce statut d’indépendant salarié ?

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Sylvie Laidet

19/04/2019

Près de la moitié des cadres serait séduit par le portage salarial. C’est ce qu’affirme une étude* de l’Apec menée en partenariat avec le Syndicat des professionnels de l’emploi en portage salarial, le PEPS. Mais cette formule tente davantage les cadres au chômage et les séniors. Cette séduction est-elle consentie ou subie ?

Près de la moitié des cadres au chômage envisage le portage salarial

Alors qu’à peine plus du tiers des jeunes cadres de moins de 30 ans déclarent avoir entendu parler de cette forme d’emploi, plus de 6 cadres sur 10 de 50 ans et plus, affirment la connaître.

« Cet écart s’explique en partie par le fait que la proportion des cadres sans emploi est plus importante dans cette tranche d’âge », souligne l’étude de l’Apec et du PEPS. Deuxième explication : plus que les juniors, les quinquadres ont souvent déjà fait l’expérience d’une forme d’emploi autre que le salariat. C’est ainsi le cas pour 21 % d’entre eux contre 17 % des cadres en emploi. 9% se sont déjà tournés vers le portage salarial et 15% vers le micro-entrepreneuriat.

C’est sans doute lors de leur période de recherche d’emploi que les cadres, et notamment les seniors, ont entendu parlé du portage salarial. Plus d’un sur trois (36 %) affirme d’ailleurs bien en connaître les mécanismes. Bilan, près de trois cadres sur dix se projettent dans le portage salarial dans les trois ans à venir. Mais 48 % des cadres sans emploi s’imaginent exercer un emploi sous ce statut contre 27 % des cadres en activité.

Le portage salarial pour « réparer » un accident de carrière

Mais pour quelles raisons les cadres envisagent-ils de recourir au portage salarial ? D’abord pour trouver une issue à une rupture professionnelle.

 

Plus de la moitié des cadres interrogés par l’Apec pensent en effet que le portage salarial pourrait leur permettre de palier cet « accident » de parcours. Les femmes sont d’ailleurs plus nombreuses à le penser que les hommes. Plus on avance en âge (69 % des cadres de 50 ans et plus contre 36 % des moins de 30 ans), plus on semble convaincu par cette formule.

« Le second motif de recours au portage salarial serait pour compléter un emploi salarié afin de tester cette modalité d’emploi : elle est envisagée par quatre cadres sur dix, et est le motif le plus fréquemment cité par les moins de 30 ans (près de la moitié d’entre eux) », expliquent les auteurs de l’étude. Ou quand le portage sert de rampe de lancement à une future activité.

Enfin, environ un tiers des cadres envisagerait le recours au portage salarial pour créer ou rejoindre une nouvelle activité avec son entourage proche. Ce chiffre dépasse même les 40 % chez les cadres sans emploi.

A y regarder de près, on voit bien que le portage salarial intéresse d’abord les cadres en recherche d’emploi soucieux de mettre un terme à leur inactivité.

Les cadres et le portage salarial, une relation ambivalente

Entre les cadres et le portage salarial, c’est un peu « je t’aime moi non plus ». Disons que lorsqu’ils sont jeunes, c’est le fol amour. 82 % des moins de 30 en ont une image positive. Et puis, avec l’âge, la flamme faiblit. Passés 50 ans, les cadres séniors ne sont plus que 66 % a avoir une bonne image de ce système d’emploi tripartite (porté, entreprise de portage et client du porté). « On peut faire le lien avec le fait que les formes d’emploi alternatives au salariat soient plus fréquemment subies que choisies pour certains cadres demandeurs d’emploi de 50 ans et plus, face à d’éventuelles difficultés pour retrouver un emploi salarié classique », précise les auteurs de l’étude.

En résumé, lorsqu’ils n’ont pas d’autres choix, les cadres seniors se résignent à passer par la case portage salarial pour conserver un statut salarié (et les avantages afférents) mais n’y trouvent pas complètement leur compte. Peut-être parce qu’ils n’utilisent pas le système à 100 %. Pendant que les plus âgés recherchent une certaine « sécurité » sociale, les cadres plus jeunes insistent, quant à eux, relativement plus souvent sur la possibilité de bénéficier d’un accompagnement (27 % pour les moins de 30 ans contre 19 % des 50 ans et plus) au sein de la société de portage. De même, ils sont 29 % à évoquer la possibilité de continuer de gagner en expertise grâce au portage, alors que les cadres de plus 50 ans ne sont que 15 % à indiquer cet avantage. Deux visions du portage, diamétralement opposées. 

Le portage salarial : définition

Le portage salarial est un statut qui permet à des professionnels experts autonomes de créer ou d’exercer leur activité en étant salarié. Concrètement, le porté (donc potentiellement vous) devient salarié d’une entreprise de portage. Cette dernière facture vos prestations à vos clients et en contrepartie, elle vous rémunère. En tant que salarié, vous bénéficiez de la sécurité et de la protection sociale attachées à ce statut (prévoyance, sécurité sociale, retraite, assurance chômage). De surcroit, la boîte de portage salarial s’occupe de la gestion administrative de votre business. Vous restez autonome dans la gestion de votre temps, votre activité, la réalisation de vos missions (à vous de trouver les clients)… donc un fonctionnement d’indépendant. Seul hic, car il y a toujours un hic : les frais de gestion prélevés par la société de portage. Ils sont établis sur la base d’un pourcentage (entre 5 et 12 %) du chiffre d’affaires que vous générez. Plus le CA est élevé, plus le taux est bas. Il n’empêche que vos revenus se retrouvent en partie amputés de cette somme.


* Les cadres et le portage salarial, collection Compétences, Apec et Peps, avril 2019. 1 050 individus interrogés (représentatifs de la population de cadres en emploi et sans emploi) sur les formes d’emploi autres que le salariat classique, dont le portage salarial.  Terrain réalisé par l’Intitut CSA en novembre 2018, avant le lancement de la campagne d’information du PEPS.

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