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Pourquoi les cadres plongent dans une relative déprime

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Gilles Boulot

21/11/2018

Ils ont le moral en berne, selon le dernier baromètre Viavoice. Mais ils sont moins déprimés que les autres Français et, surtout, moins pessimistes qu’au plus fort de la crise.

Évidemment, les gilets jaunes étaient déjà dans toutes les têtes. Mais leur grande journée de mobilisation n’est pour rien dans la déprime qui affecte les cadres, puisque le sondage publié le 19 novembre dernier a été réalisé du 7 au 9 novembre, soit une dizaine de jours avant la grande mobilisation. Ce baromètre * qui synthétise le « Moral des décideurs » tous les deux mois – signé Viavoice pour Le Figaro, HEC et BFM Business –, entend démontrer que si les classes moyennes et populaires sont inquiètes, les cadres le sont également.

Inquiets pour les autres

Du moins les 400 cols blancs interrogés et représentatifs de cette catégorie d’actifs selon l’Institut*. Leur moral avait déjà chuté de 11 points en septembre, comparé au mois de juillet et, deux mois plus tard, il perd encore 2 points de plus.

Une situation qui interroge, étant donné le plein emploi qui sévit chez les cols blancs, avec un taux de chômage de 3,4 % comparé aux 8,9 % de l’ensemble de la population. Mais si les cadres sont inquiets, ils le sont moins que les autres catégories, comme si l’inquiétude en question, était plutôt liée au climat général qu’à leur condition particulière.

Le pouvoir d'achat et l'emploi leur donnent le blues

Moins concernés par les hausses des carburants, l’un des points de crispation des gilets jaunes, les décideurs n’en sont pas moins préoccupés par les mêmes motifs que les autres catégories : le pouvoir d’achat et l’emploi.

44 % d’entre eux estime que le niveau de vie va se dégrader en France d’ici un an. Un pessimisme qui est néanmoins moins important que celui des autres catégories socioprofessionnelles qui pensent à 63 % que leur pouvoir d’achat va se dégrader encore. Même décalage en ce qui concerne les perspectives de chômage. Il augmentera selon 40 % des décideurs et 56 % des autres actifs.

Une situation financière au point mort

Mais c’est en examinant la situation personnelle des deux catégories que l’on perçoit le plus grand décalage entre les cadres et les autres. Lorsqu’on leur demande si leur situation financière à eux va s’améliorer dans les prochains mois, ils sont 45 % à estimer qu’elle va rester stable, alors que le « grand public » – ainsi dénommé dans l’étude –, pense, à 57 % qu’elle va se dégrader.

Opportunités professionnelles : les cols blancs n’y croient pas

On le voit à travers cette enquête, le moral en berne des cadres est davantage lié à une situation globale que personnelle. Pourtant, il est un point dans l’étude Viavoice qui va à l’encontre de tous les chiffres, de toutes les autres enquêtes et de toutes les analyses des professionnels des ressources humaines. Le chômage faible dans leur catégorie ? Les difficultés de recrutement ? Les fonctions en pénurie de candidats ? Ils n’y croient pas, ou ne se sentent pas concernés. 75 % d’entre eux estiment que les opportunités pour faire progresser leur carrière dans les mois qui viennent sont faibles.

Un chiffre impressionnant, à peine moins important que les 76 % des autres catégories qui pensent que leur futur ne sera pas plus reluisant que leur présent. Résultat de déprime professionnelle tout azimut : il affecte largement la motivation des collaborateurs au travail. 49 % des décideurs estiment que leurs collaborateurs ne le sont pas.

 

Une déprime à relativiser

Démotivation, déprime : l’automne succède à l’été. Pour autant il faut relativiser les états d’âme des cadres. Leur moral est certes plus bas que lors des deux précédents baromètres de juillet et de mai dernier. Mais cet indice de satisfaction de leur vie professionnelle et personnelle est du même niveau que celui de 2004. Entre temps, il y eut la crise financière et ses conséquences qui ont fait plonger ce moral aux tréfonds. Bien plus bas qu’il ne l’est aujourd’hui.

 

* Baromètre réalisé en ligne du 7 au 9 novembre 2018 selon la méthode des quotas (sexe, âge, secteur public ou secteur privé), auprès d'un échantillon de 400 décideurs, représentatif de la population des cadres résidant en France métropolitaine ; et d'un échantillon grand public de 1 000 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé, région et catégorie d’agglomération).

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