Pourquoi les voyages d’affaires ne sont pas prêts de disparaître

Quentin Velluet

Ils auraient pu disparaître avec l’apparition de la visioconférence mais une récente étude confirme que les cadres sont encore nombreux à apprécier les voyages d’affaires. Pourquoi sont-ils si importants à leurs yeux ?
Pourquoi les voyages d’affaires ne sont pas prêts de disparaître

Il y a des choses que la technologie ne remplace pas. En premier lieu le contact humain, nécessaire dans certaines situations professionnelles. C’est l’une des raisons pour lesquelles les Français sont encore attachés aux voyages d’affaires. 93 % d’entre eux estiment que le voyage d’affaires est un plaisir. Il est même un motif de fierté pour 76 % d’entre eux, selon une récente étude YouGov pour American Express*.

Besoin d’interaction réelle

« La visioconférence ne remplace pas le contact humain. Lors de points de négociation, j’ai besoin d’avoir les personnes devant moi, de voir leurs têtes, leur attitude, les gestes d’agitation, leurs grimaces et leurs mimiques », explique Gilles Bonnenfant, PDG du cabinet de conseil Eurogroup Consulting qui se déplace régulièrement à l’étranger. Un avis partagé par 84 % des voyageurs d’affaires qui considèrent que le face-à-face aide à parvenir à ses objectifs.

Que ce soit pour développer une filiale, gérer une implantation ou convaincre de nouveaux clients, le déplacement n’est donc ni une option ni un avantage, du moins pour des postes à hautes responsabilités : « Cela fait partie intégrante de mes droits et mes devoirs même si la technologie a réduit d’environ 50 % mes déplacements », assure Gilles Bonnenfant.

Un plaisir fatiguant

Ils sont certes utiles et gratifiants, mais ces allers-retours, parfois nombreux, ne sont pas toujours de tout repos. Pour se ménager, 43 % des voyageurs d’affaires se gardent du temps libre pour découvrir leur destination et un tiers en profitent pour rallonger leur séjour sur place en prenant des jours.

Pour Gilles Bonnenfant, ce temps-là est loin d’être gâché : « Je prends en moyenne deux moyens courrier par mois et un long courrier tous les deux mois, mais quand je voyage, il est très rare que je ne prenne pas une heure pour me balader. C’est à la fois très inspirant et ça me permet aussi d’en savoir plus sur les cultures et le fonctionnement des personnes sur place ».

Et pour résister aux décalages horaires, les rituels sont rodés : « Arriver la veille et dîner sur place. Jamais d’alcool dans l’avion. Un somnifère lors des vols long courrier. Puis un à l’arrivée et un autre au retour », conseille le PDG qui n’use de ces coups de pouce chimiques que dans ces situations.

Une question de génération ?

Le jetlag n’est en tout cas pas un mot qui fait peur aux jeunes générations. Une étude de Booking.com** révélait en novembre que 46 % des 18-35 ans confient mettre tout en œuvre pour décrocher un poste qui permet de voyager. Un engouement que tempère Gilles Bonnenfant. Selon lui « les jeunes diplômés veulent voyager et sont attirés par cette possibilité. Mais quand ils sont confrontés à la réalité ils se révèlent moins volontaires ».

 

*Étude menée en ligne entre le 10 et le 28 août 2017 auprès de 2 075 adultes âgés de 18 ans et plus, basés dans 8 pays et ayant voyagé pour leur travail au moins cinq fois au cours de la dernière année, dont au moins deux fois à l’étranger. Les pays sondés : Australie, Canada, France, Allemagne, Italie, Mexique, Royaume-Uni et les États-unis. L’échantillon français était composé de 257 adultes.

**Étude mondiale menée en ligne auprès de 17 038 professionnels par Vitreous World entre le 3 et 18 août 2017.

Quentin Velluet
Quentin Velluet

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