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Quelles compétences l’IA chamboulera d’ici 2030 ?

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Gilles Boulot

29/05/2018

Dans une étude dévoilée au salon VivaTechnology, le cabinet McKinsey présente ses nouvelles découvertes sur l’impact du digital et de l’intelligence artificielle. Et analyse quelles compétences clés seront nécessaires à l’horizon 2030.

Dans son rapport du mois de janvier, le cabinet McKinsey s’alarmait. Aujourd’hui, à l’occasion d’une nouvelle étude*, il conseille plutôt de se préparer. A quoi ? A un avenir de l’emploi automatisé et tout d’intelligence artificielle parsemé, mais aussi à une évolution des cœurs de métier, selon le résultat de sa récente enquête, alors que la précédente insistait plutôt sur la disparition de 800 métiers d’ici 2030.

Deux études contradictoires ? Pas vraiment, car si des professions disparaissent, le nombre d’heures travaillées lui, apparaît presque constant. Elles étaient de 650 milliards en 2016 et devraient être de 683 milliards d'heures en 2030. Les robots vont donc permettre à l’emploi de progresser de 5 %. Sauf que l’emploi en question devra s’adapter pour surfer sur cette évolution. C’est qu’aujourd’hui, près de la moitié des emplois font appel à des compétences manuelles et intellectuelles de base. Et c’est justement celles-ci qui seront impactées dans une grande dizaine d’années de près de 15 %. Il va donc falloir s’adapter. Et le cabinet américain livre quelques pistes pour ne pas être largué par l’intelligence artificielle.

La prime aux littéraires ?

Le cabinet américain a décelé trois formes d’aptitudes qui risquent d’être déterminantes dans la décennie à venir. Parmi elles, celles qui sont quelque peu tombées en désuétude dans l’entreprise moderne, et qui pourraient bien connaître un regain : les compétences intellectuelles élevées. Non pas celles liées au seul « savoir » que des machines peuvent acquérir, mais celles qui permettent de créer, de gérer des projets complexes, et même, signale le rapport, celles qui sont liées à la lecture et à l’écriture, au niveau professionnel s’entend. Un boulevard pour les littéraires ? Un retour en grâce en tous cas pour les humanités qui pourraient produire une hausse des emplois qui lui sont dédiés à hauteur de 8 %, toujours en 2030. Qui a dit que les journalistes étaient en voie d’extinction ?

>> Lire aussi : Jeunes diplômés : les sciences humaines font un carton

Manager, former et soigner : l’autre trio gagnant

Elles aussi, on les croyait perdues pour l’avenir robotisé. Mais selon le rapport McKinsey, les besoins en compétences « sociales et émotionnelles » (dixit l’étude) seront en hausse de 24 %. Car dans un monde automatisé, les chercheurs estiment qu’il faudra plus encore prendre soin des humains. Il faudra manager, négocier, mais aussi enseigner. Cette donnée semble fondamentale pour éviter à la société du futur de creuser plus encore les inégalités. Qui a dit que les profs – et les managers – étaient en voie d’extinction ?

La tech forcément gagnante

Dans un monde hyperinformatisé, les mieux lotis sont évidemment les experts dans ce domaine. Et pour l’étude, les compétences technologiques seront forcément les grands gagnantes de ce profond changement avec une hausse de 55 %. Le numérique, la data et tous les jobs qui y sont liés seront sollicités comme jamais. Mais personne ne prévoyait l’extinction de ces compétences.

Des différences selon les secteurs

Si McKinsey a cerné les compétences en devenir, il a également identifié les secteurs qui verront leurs effectifs se transformer. C’est notamment le cas de l’énergie et de l’extraction de matières premières. Jusqu’à 30 % des tâches les moins qualifiées devraient ainsi y disparaître. Les postes de conducteurs d’engins, comme ceux de nombre d’ouvriers vont se raréfier. En revanche, ce secteur, moins numérisé que d’autres, devra accroitre ses recrutements pour accompagner sa transformation. Il en va de même pour l’industrie, où les machines remplaceront les opérateurs. Des machines que de futurs ingénieurs devront concevoir et maintenir en état. Les transports seront eux aussi largement touchés, en raison de l’autonomisation des véhicules. Les chauffeurs étant, à terme, remplacés par des techniciens qualifiés.

Pertes d’emplois d’un côté, créations de l’autre

Si l’industrie et l’énergie sont plutôt dans un registre de remplacement de leurs compétences, d’autres domaines vont perdre des effectifs d’ici 2030. C’est le cas de la branche des banques et assurances. Les postes en front-office diminuent déjà depuis quelques années, mais avec l’automatisation à venir, ceux du back-office (38 % des effectifs) sont eux aussi menacés. Même bouleversement dans la distribution. Le rapport prévoit une baisse de 25 % du nombre d’emplois. Les salariés restants se consacrant essentiellement à la relation client et numérique. Reste tout de même un secteur où souffle un vent d’optimisme (du moins en matière d’emploi), c’est la santé et la dépendance. La population continuant de vieillir, et la disparition des travaux pénibles accroissant le phénomène, la nécessité de personnel spécialisé continuera de croitre, y compris parmi les cadres de ces secteurs.

* Etude McKinsey Mai 2018,  Skill shift : automation  and The future of the Workforce

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commentaires

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claude aschenbrenner

03/06/2018

à 17:48

Ceci n'est pas une "étude" mais le résultat d'un sondage effectué par McKinsey qui repose sur l'habituel marc de café de sondage de haut manager "respondents from 3,031 companies. " (Il faut aller à la page 71 sur 84 du rapport pour le découvrir).
Attendons donc les véritables études et considérons ce rapport pour ce qu'il est : un aimable divertissement.

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toto

30/05/2018

à 14:08

il manque dans le tableau: les métiers de la logistique, les comptables, les juristes (notaires, avocats et Cie), les analystes fi.... qui disparaissent

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Merthus Gacuti

29/05/2018

à 21:54

Personne ne peut freiner la technologie,seulement que tous les parties prenantes ( gouvernements,consommateurs,equipementiers,regulateurs opérateurs....)de ces nouvelles technologies de l'information et de la communication,telecommunications doivent mettre ensemble tous les efforts en vue d'évoluer vers la technologie sûre d'une façon efficace et efficiente,

Cordialement,

Merthus Gacuti

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Martial61

30/05/2018

à 10:09

Ce rapport ne parle que d’automation pas d’intelligence Artificielle. L’intelligence artificielle n’a pas besoin d’etre Programmė elle apprend par elle même. Regarder l’article sur AlphaGo Zéro ! Je suis d’accord on ne peut arrêter la technologie mais elle ne doit avoir qu’un but celui d’aider l’Homme à vivre mieux non de le remplacer et qu’il vive dans la misère.

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claude aschenbrenner

03/06/2018

à 17:55

En fait tous les chercheurs en IA vous le diront, une IA, c'est très bête.
Derrière une tâche somme toute banale du quotidien se cachent quantité d'instructions implicites. Celles-ci vont de soi pour un être humain, en revanche, il faut les faire apprendre à un programme informatique et les coder dès lors que l'on veut interagir avec des algorithmes.
Le terme consacré pour ces solutions est "solutions cognitives", car elles automatisent des tâches "cognitives" c'est-à-dire des tâches réalisées jusqu'ici par le cerveau. Pour fonctionner, ces solutions ont besoin de modèles représentant des savoir-faire (ceux précisément que l'on veut automatiser).
Et c'est ici que l'IA devient redoutable pour la transformation des organisations : les techniques d'IA n'aiment pas les "zones grises". Il faut que tout soit explicité (que ce soit via du machine learning ou en interviewant des experts).
Si on commence, il faut aller au bout pour espérer obtenir un résultat convenable. Cette situation est d'autant plus redoutable qu'une fois le pas franchi, il n'est pas possible de s'arrêter en cours de chemin au risque de tout perdre. Voilà pourquoi on utilise volontiers l'image de la pelote de laine que l'on déroule lorsqu'on évoque l'impact de l'intelligence artificielle sur les organisations.

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