Reconversion professionnelle : elle surfe sur la vague du rangement

Publié le 21 mars 2019 Sylvie Laidet

[Témoignage] Le 21 mars, c’est le printemps mais aussi la Journée mondiale du rangement de bureau. Non, non vous ne rêvez pas. Avec le succès planétaire de Marie Kondo – plus de 10 millions d’exemplaires vendus pour son livre, « La magie du rangement » paru chez Pocket – et la série dédiée au sujet sur Netflix, le rangement est devenu ultra tendance. Au point que le « home organizing » est en passe de devenir un métier à part entière. La preuve avec Marie-Noëlle Cheisson. Ex-commerciale au sens de l'organisation aiguisé, elle vient de monter son entreprise après s'être formée à ce nouveau métier. Récit d'une reconversion.
Reconversion professionnelle : elle surfe sur la vague du rangement

Elle se lance dans une reconversion méthodique

A 57 ans, Marie-Noëlle Cheisson affirme tout de go avoir « la niaque de 20 ans avec 37 ans d’expérience ». Après un début dans la fonction publique territoriale, où elle s’ennuie à mourir, et différentes expériences dans le secteur privé, où elle gravit un à un les échelons, la dynamique quinquagénaire frôle le burn out en 2017. « Je travaillais énormément sans vraiment trouver de sens à mon job », se souvient l’ancienne ingénieure en développement commercial installée à Marseille.

En s’interrogeant sur ce qu’elle aimerait faire de nouveau, elle en conclut que « le rangement et moi, ce n’est pas anodin ». A la faveur de multiples déménagements dans l’Hexagone, elle s’est en effet habituée à adapter son « barda » à la taille de ses logements. Et donc à faire le tri pour ne garder que l’essentiel. C’est décidé, elle va donc se ranger du salariat pour monter sa petite entreprise.

 

Elle auto finance une formation pour apprendre à ranger

A temps partiel lors de ces derniers mois comme salariée, elle s’informe sur le coaching en rangement. Se rapproche d’un réseau de franchise spécialisé sur le sujet et entend bien surfer sur la mode lancée par la Japonaise Marie Kondo, la papesse du rangement.

« J’ai auto financé – 3000 euros – mes deux formations en rangement auprès de deux expertes qui venaient de créer la Fédération francophone des professionnels de l’organisation (FFPO) », précise-t-elle. La voilà fin prête à s’attaquer aux dilemmes rencontrés par les ocnophiles (personnes anxieuses qui s’accrochent aux objets et qui ont besoin de toucher), par les syllogomanes (personnes qui accumulent de manière excessive les objets obstruant les espaces de vie) ou par les simples bordéliques.

Elle monte une micro-entreprise

En septembre 2018, elle négocie une rupture conventionnelle pour, quelques mois plus tard, immatriculer sa micro-entreprise, Marino Conseils. Avec elle, point question de ménage, ni de bricolage mais bel et bien de rangement et de tri. Après un premier rendez-vous d’audit (autrement dit de constatation de l’ampleur du chantier à ordonner), elle préconise deux séances in situ avec le ou la propriétaire des lieux, pour ranger ce qui doit l’être.

« En m’appuyant sur les méthodes apprises en formation, j’attaque une pièce par le côté le plus encombré, et je tourne. A chaque fois, je mets d’un côté les choses à garder, de l’autre celles à jeter », illustre-t-elle. Sans oublier bien sûr de donner des astuces pour optimiser la place dans les armoires, pour ne plus rendre de chaussettes orphelines… bref pour des placards au Kondo. Enfin…au cordeau.

>> Lire aussi : la méthode Marie Kondo appliquée au rangement de bureau

 

Elle capitalise sur son passé de commerciale pour lancer son business

Après un benchmark approfondi auprès de ses collègues également coaches en rangement, Marie-Noëlle Cheisson s’est basée sur un tarif horaire à 40 euros HT. Et compte environ 8 heures pour une intervention chez des particuliers. Pour des prestations de « office organizing » (rangement de bureaux), les prix sont évidemment différents. « Mon business plan est réaliste, voire pessimiste mais je préfère éviter les mauvaises surprises. Du coup, à raison d’une prestation par semaine, je devrais pouvoir me dégager 15 000 euros de revenus nets nets par an », décompte-t-elle.

Mais qu’importe. Evidemment, elle entend bien miser sur son passé de commerciale pour faire décoller sa petite entreprise. « Grâce à mes précédentes expériences de cadre commerciale, je maîtrise les techniques de présentation claire et concise. Je sais aussi qu’on ne trouve pas des clients en restant chez soi. Il faut sortir, réseauter et rencontrer un maximum de personnes », renchérit-elle. Et puis bien sûr, faire le buzz sur les réseaux sociaux. Même si elle ne rêve pas d’un destin à la Marie Kondo, Marie-Noëlle espère bien se faire une place de choix dans ce business émergent.

>> Lire aussi sur Le Figaro.fr : ce que votre sensibilité au rangement révèle de vous

 

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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