Record historique du nombre d’auto-entrepreneurs

Michel Holtz

Les menaces de durcissement du régime des auto-entrepreneurs n’ont pas de prise sur le succès de la formule. Selon l’Acoss, l’organisme collecteur des charges sociales des entreprises –et des auto-entreprises-, leur nombre a attent un record historique cet été. Ils étaient 90 000 de plus à la fin du mois d’août de cette année qu’à la fin de l’année dernière. Evidemment, les 914.000 auto-entrepreneurs recensés ne sont pas tous hyper-actifs. Loin s’en faut. Seuls 53% d’entre eux ont déclaré un chiffre d’affaires au cours du deuxième trimestre 2013. Et encore : le chiffre moyen et toujours trimestriel de ces mêmes actifs n’a pas dépassé 3368 euros, soit à peine un Smic mensuel. Evidemment, quelques 26700 auto-entrepreneurs se dégagent de ce peloton. Ils ont déclarés plus de 10000 euros et leurs domaines d’activités de prédilection sont la construction et le commerce. Des domaines dont les fédérations d’artisans -soumis quant à eux au régime traditionnel des entreprises- sont justement montés au créneau auprès de la ministre chargée du commerce et de l’artisanat pour dénoncer la concurrence déloyale de ces entrepreneurs parallèles.

Les français favorables à l'auto-entreprise

Ils ont été entendu et Sylvia Pinel a déposé un projet de loi. Au menu : la limitation du chiffre d’affaires à 19 000 euros annuels pour les auto-entrepreneurs travaillant dans une activité de service, et une durée maximale d’adhésion au régime de deux ans pour tous. Une mesure, si elle est adoptée en l’état ne changera pas grand chose à la moitié des affiliés qui ne déclarent aucune activité, ni aux 22,2% des auto-entrepreneurs qui n’en tirent guère plus de 500 euros par mois. Reste que d’ors et déjà, certains sénateurs sont réticents à voter le texte en l’état. Un manque de popularité de la réforme qui dépasse le palais du Luxembourg. Selon un sondage Opnionway pour l’union des auto entrepreneurs (lien), 85% des français sont favorables à ce régime. Et 91% d’entre eux estiment qu’ils faut prendre le temps de dresser un bilan objectif de la situation avant de réformer. Pour une fois que l’opinion publique elle-même réclame sans l’exprimer une concertation et la nomination d’une commission, il serait étonnant qu’elle ne soit pas entendue par l’exécutif.

Michel Holtz © cadremploi.fr

Michel Holtz
Michel Holtz

Vous aimerez aussi :