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Réforme de l'assurance-chômage : ce que pensent les cadres des mesures les concernant

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Sylvia Di Pasquale

09/07/2019

[Sondage] Les représentants syndicaux des cadres criaient à la réforme injuste. Les intéressés apparaissent beaucoup plus modérés. Notre sondage, mené par l'Ifop auprès d'un échantillon représentatif de cadres, met en évidence une indolente résignation des cols blancs concernant la dégressivité de leurs futures allocations chômage, une minorité seulement (24 %) exprimant leur entière désapprobation. La défense corporatiste de leurs intérêts ne semble pas une priorité pour cette catégorie de salariés. Ou peut-être ne se sentent-ils pas concernés par le risque de chômage à court terme, vu le quasi plein emploi chez les cadres. De plus, une majorité (66 %) ne rechigne pas à travailler plus longtemps, comme tous les autres actifs, pour avoir droit à une allocation.

78 % des cadres sont au courant de la réforme de l'assurance-chômage

C'est rassurant : une semaine après l'annonce officielle du contenu de la réforme de l'assurance chômage datant du 18 juin dernier, près de 8 cadres sur 10 en avaient entendu parler, selon les chiffres du dernier sondage Ifop pour Cadremploi*. C'est 4 points de plus que lors de notre précédent sondage datant de mars.

Dans cette annonce, Edouard Philippe et Muriel Pénicaud visaient de facto les cadres en annonçant la mise en place de la dégressivité des allocations au dessus de 4500 euros bruts de salaire mensuels (13e mois inclus), applicable à partir du 1er novembre prochain.

>> Lire aussi : Allocations chômage, combien toucherez-vous ?

Des cadres indolents face à la dégressivité de leurs allocations chômage

Interrogés sur les deux mesures phare de la réforme, la majorité des cadres se montre plutôt modérée, à la différence de leurs représentants syndicaux qui n'avaient pas manqué d'exprimer leur opposition

>> Lire aussi : Le rabotage des indemnités pour les hauts salaires provoque la levée de boucliers des représentants des cadres

Concernant la mesure de dégressivité des allocations chômage pour les cadres de moins de 57 ans, ils sont certes nombreux à y adhérer mais ils ne sont pas majoritaires (46 %).  D'ailleurs,  les "pas du tout favorables" ne sont que 24% tandis que les mollement opposés (les "plutôt pas favorables") représentent 30 % des cadres. Leurs réponses donnent une impression globale d'indolence face à cette mesure imposant la dégressivité de leurs allocations au bout de 6 mois. Peut-être les cadres ne se mobilisent-ils pas car ils ne se sentent globalement pas concernés par le risque du chômage. Il faut dire qu'ils sont estimés en situation de quasi plein emploi, avec un chômage descendu à 3,4 % pour leur catégorie vs 8,3% pour l'ensemble des actifs. Autre hypothèse : les cadres ne forment pas une "catégorie" à part entière, ce qui expliqueraient leur faible motivation à défendre des intérêts catégoriels.

En revanche, lorsqu’on leur demande de s’exprimer sur l’allongement de la durée de travail nécessaire pour pouvoir toucher le chômage,  66 % se disent favorables à cette mesure. Il faut dire qu'il s'agit d'une mesure commune à l'ensemble des salariés.

Une non-mobilisation des cadres bien connue de Muriel Pénicaud comme d’Édouard Philippe. Et qui les a sans doute confortés. Leur train de mesures comportait peu de risques social.

La moitié des cadres approuvent l'esprit de la réforme pour les autres... mais la désapprouvent pour eux

Si les cadres jugent à 54 % qu'il est juste de réformer le système d’indemnisation chômage pour tous, ils sont néanmoins 53 % à la trouver injustes pour eux-mêmes. Une désapprobation néanmoins en baisse de 5 points par rapport à mars.

 

Seuls 38 % pensent que le gouvernement souhaite à terme supprimer le statut cadre

Malgré les nombreux débats, les cadres interrogés ne semblent pas croire que cette nouvelle mesure soit une atteinte supplémentaire à leur statut : seuls 38 % d’entre eux pensent que le gouvernement souhaite à terme le supprimer.

 Lire aussi >> RIP le statut cadre ?

Néanmoins, une majorité des cols blancs se sentent ciblés. Plus de 6 cadres sur 10 font état d’un sentiment négatif quant aux différentes mesures économiques et sociales prises depuis le début du quinquennat : 28 % d’entre eux se sentent même fragilisés, attaqués (19%) et stigmatisés (17%).

 

* Le regard des cadres sur l'assurance chômage. Sondage réalisé par l'Ifop pour Cadremploi auprès de 1000 personnes, représentatives de la population cadre du secteur privé, selon la méthode des quotas (sexe, âge, secteur d’activité, région) après stratification par taille d’entreprise, région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 25 juin au 2 juillet 2019

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