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Salaire : 6 astuces légales pour travailler moins et gagner autant

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Sylvie Laidet

07/04/2019

[Témoignages] En moyenne, les salaires des cadres devraient progresser de 2,5 % en 2019. Mais certains n’auront rien alors qu’ils n’ont pas démérité. Désabusés par cette absence de reconnaissance financière, certains cadres pratiquent l’auto-augmentation. Réduction de leur temps de présence, déconnection, déplacements plaisirs… Ils expliquent leurs petits arrangements pour travailler moins en gagnant autant.

1. Arriver plus tard, partir plus tôt

Pour la troisième année consécutive, Catherine, cadre dans un groupe de presse, passe au travers des augmentations salariales. Et pourtant, son manager ne tarit pas d’éloges sur la qualité de son boulot. « Ce n’est pas toi le problème. C’est juste que je ne dispose pas d’une enveloppe suffisante pour augmenter tout le monde. Et je dois rattraper certains salaires », se justifie-t-il. Peu convaincue par ce discours récurrent, Catherine a donc décidé de s’auto-augmenter. Pas question pour elle de détourner de l’argent. Non, le principe de l’auto augmentation est beaucoup plus simple (et légal) : travailler moins pour toucher autant. Et donc augmenter mécaniquement son taux horaire. Pour cela, Catherine arrive chaque matin entre trente et quarante-cinq minutes plus tard et quitte son bureau un peu plus tôt chaque jour. Mises bout à bout, ces minutes passées en moins sur son temps de travail lui dégagent du temps libre, qu’elle met à profit pour faire du sport et sortir.

 

Travailler moins pour toucher autant

 

2. Déconnecter vraiment

Catherine n’est pas un cas isolé. De nombreux cadres, notamment ceux au forfait jours, s’autorisent ce type de petits arrangements. « Les cadres sont de plus en plus formés au droit à la déconnexion et aux risques psycho-sociaux. S’ils ne sont pas satisfaits dans leur travail, notamment en termes de rémunération, ils n’hésitent pas à mettre ses principes en action », observe Laurence Salvador, coach et fondatrice du cabinet Horizon Alpa. Ils réorganisent et/ou rééquilibrent leur vie au travail en étant moins présents ou en se déconnectant réellement le soir et le week-end. Le tout en continuant à remplir efficacement leur mission. Donc pas de risque de perdre leur job. Pour être crédible et recevable, une auto-augmentation ne doit pas avoir d’incidence directe sur la qualité de votre boulot ou sur la charge de travail de vos collègues.

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3. Négocier un 4/5e sans perte de salaire

Il vaut mieux évoquer le sujet avec le responsable RH de votre entreprise car il sera sans doute décisionnaire sur le sujet. Soyez cash. « Ok, vous ne pouvez pas m’augmenter. J’accepte cette décision et je vous propose de rédiger un avenant à mon contrat de travail : je conserve mon salaire en passant à 4/5eme tout en conservant les mêmes missions et les mêmes responsabilités ». « Si le collaborateur s’engage à sur sa productivité et son efficacité, ce discours est tout à fait recevable pour un employeur car la masse salariale ne varie pas », conclut Corinne Cabannes.

Ce fut le cas de cette consultante RH. A son retour de congé maternité, la nouvelle maman souhaite disposer de son mercredi pour s’occuper de son jeune enfant. « Je savais que si je négociais un temps partiel classique, je serais perdante sur toute la ligne. Moins 20 % de salaire avec une charge de travail équivalente », se souvient-elle. Elle devance alors son employeur en lui suggérant de conserver le même périmètre d’action, des objectifs identiques, et la même rémunération… en passant d’un temps plein à un 4/5e. Entièrement satisfait par son boulot, il accepte.

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4. Se déplacer pendant son temps de travail

Autre astuce pour diminuer son temps de travail effectif : les déplacements ou les moments de convivialité pendant le temps de travail. « Celui qui adore voyager par exemple, peut insister pour multiplier les déplacements et être défrayé », suggère Corinne Cabannes, dirigeante du cabinet de recrutement Cabannes & Associés. Elle a par exemple rencontré un cadre qui partait fréquemment en mission à l’étranger et négociait, quasi systématiquement, un billet auprès de son employeur… pour son épouse.

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5. Organiser des afterworks aux frais de l’entreprise

Un autre pour qui la bonne ambiance au travail était capitale et qui du coup, organisait volontiers des afterwork aux frais de l’entreprise. Ou l’art de ne pas dépenser un centime pour ses sorties.

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6. Partir en formation ou à des conférences

« Si vous n’êtes pas augmenté et que vous souhaitez monter en compétences, faites-vous financer une formation ou la participation à des conférences sur votre temps de travail, » suggère Corinne Cabannes. Prenez enfin le temps de faire ce que vous reportiez toujours aux calendres grecques. C’est souvent le cas de ces conférences qui durent trois jours et se déroulent à l’autre bout de la France. A condition de jouer le jeu et de déconnecter réellement.

 

L’avis d’un employeur

Pascal Grémiaux, PDG d’Eurecia n’a pas connaissance officielle de ce type de pratique dans son entreprise mais indique que « c’est très probable que cela se passe ». Et l’éditeur de logiciel RH d’ajouter : « Si un cadre, quel que soit son statut – forfait jours ou pas – en arrive là, c’est qu’il y a une rupture dans le dialogue avec l’entreprise. Soit il n’a pas réussi à faire remonter ses revendications, soit la discussion n’a pas abouti. Et alors, il faut peut-être envisager une séparation, surtout si la situation perdure depuis quelques années ». Pour ce dirigeant, s’auto-augmenter ne doit en tout cas pas se faire au détriment des autres collègues qui se retrouveraient à assumer une charge de travail supplémentaire.

 

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