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Le revenu des Français, ville par ville

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Elodie Buzaud

18/07/2013

46 000 euros à Neuilly-sur-Seine, 31 865 à Boulogne-Billancourt, 9 641 à Roubaix… Voici les revenus annuels médians des Français dans les 150 premières villes du pays, d’après l’étude Compas.

 

 

Le revenu médian dans 8 grandes villes françaises en 2011*


Neuilly-sur-Seine, Boulogne-Billancourt, Vincennes … les villes les plus riches

À Neuilly-sur-Seine, la moitié des 60 341 habitants (d’après le dernier recensement de l’Insee effectué en 2008) gagne plus de 46 087 euros, et l’autre moitié moins. Ce qui en fait la commune la plus riche de France, d’après l’étude du bureau d’étude Compas, spécialisé dans les données locales, et publiées le 16 juillet. Derrière elle, les autres villes de l’Ouest parisien : Boulogne–Billancourt et ses 31 865 euros de revenu médian, Vincennes (31 408 euros), Rueil-Malmaison (31 063 euros), Levallois-Perret (30 761 euros), Versailles (30 577 euros) et Issy-les-Moulineaux (30 017 euros), notamment.

C’est dans ces villes ainsi que dans certaines communes du sud de la France que le revenu médian s’est le plus accru entre 2009 et 2011. À Aubagne, il a crû de 1 433 euros entre 2008 et 2011, soit une progression de 8,3 %. À Ajaccio, le revenu annuel média a pris 1 359 euros en trois ans, soit une hausse de 7,8 %. Mais les villes où en volume, l’augmentation est la plus grande restent les plus riches : Annecy et Suresnes, où le revenu médian a augmenté de 4 100 euros, à Boulogne-Billancourt où la hausse avoisine les 4 500 euros et bien sûr, à Neuilly-sur-Seine où il a progressé de 7 200 euros.

« La crise n’a visiblement pas atteint ces communes, même si, pour partie (et notamment pour les communes du sud de la France), l’arrivée de personnes âgées plus aisées que la médiane a joué un rôle », explique l’observatoire des inégalités, commanditaire de l’étude.

Roubaix, Aubervilliers, Bobigny… les villes les plus pauvres

Avec 9 641 euros de revenu annuel médian, les 94 713 habitants de Roubaix (Insee, 2010), sont les plus pauvres de France, d’après les chiffres de cette étude. Pas loin des Albertivillariens, habitants d’Aubervilliers (10 846 euros de revenu médian), des Balbyniens, de Bobigny (11 623 euros) et des Dionysiens de Saint-Denis (12 113 euros).

Mais c’est dans des villes plus riches, comme Limoges, Le Mans ou Charleville-Mézières, que le revenu médian a le plus chuté. Dans ces villes, les pertes de revenus peuvent atteindre les 1 000 euros.

« La cause principale, c'est le chômage, qui touche les plus jeunes et les plus défavorisés », estime Louis Maurin, consultant du bureau d’étude Compas, interviewé par les Echos . Cependant, d'autres phénomènes ont pu jouer : la monoparentalité ou les jeunes qui vivent de plus en plus seuls.

Un renforcement des inégalités

Cette étude fait office de premier bilan sur l’impact de la crise sur les territoires. Le constat ? « La crise accroît les inégalités quasiment partout, qu’il s’agisse de villes pauvres comme Mulhouse (13 300 euros de revenu médian) ou d’autres beaucoup plus aisées comme Clamart (25 100 euros de revenu médian) », note l’Observatoire des inégalités. Sauf dans une vingtaine de communes, la plupart parmi les plus aisées de la banlieue ouest de Paris : Levallois-Perret, Puteaux et Suresnes. « Cet effet peut être lié, partiellement, au départ de catégories les plus pauvres compte tenu du niveau des loyers », indique l’Observatoire des inégalités.

La crise a donc profondément changé l’évolution des inégalités de revenus. « Jusqu’à 2008, les inégalités augmentaient par le haut avec l’envolée des hauts revenus. Désormais, elles s’étirent aussi par le bas avec une baisse des bas revenus. Ce phénomène était identifié au niveau global, mais il était en partie masqué par les moyennes nationales : ce n’est plus le cas aujourd’hui », précise l’Observatoire.

Rennes en est l’exemple : les revenus des plus aisés ont augmenté de 55 % entre 2008 et 2011. Dans le même temps, ceux des plus pauvres ont diminué de 11,8 %.

Des chiffres à modérer

« En ne prenant pas en compte la redistribution, l'étude tend à exagérer les inégalités », reconnaît cependant Louis Maurin, consultant auprès du Compas, dans Les Echos. En outre, l’inflation n’est pas déduite des calculs. « L’évolution du pouvoir d’achat (le revenu moins la hausse des prix) est donc inférieure (de l’ordre de 3 %) », précise l’étude.

L’étude ne prend pas en compte les villes et départements d’outre-mer or « elles occuperaient l’ensemble des premières places en matière d’inégalités et de bas revenus : les plus pauvres des DOM ont des revenus très faibles, alors que les plus riches ont des revenus comparables aux populations des villes aisées de métropole », relativise l’étude.

Méthodologie : étude sur les 150 premières villes de France (soit un seuil d’environ 40 000 habitants), hors villes et départements d’outre-mer. Elle est fondée sur les chiffres de l'Insee sur les revenus fiscaux déclarés pour l’équivalent d’une personne dans les communes entre 2008 et 2011, hors impôts et prestations sociales.

* Le revenu médian dans 150 villes françaises, et son évolution entre 2008 et 2011

Ville

Dept

2008

2011

Variation en %

Variation en euros

Aix-en-Provence

13

20619

22009

6,7%

1390

Ajaccio

2A

17395

18754

7,8%

1359

Albi

81

17408

18299

5,1%

891

Alès

30

13837

14338

3,6%

501,5

Alfortville

94

17516

18434

5,2%

918

Amiens

80

15458

16227

5,0%

769

Angers

49

16955

17735

4,6%

780

Annecy

74

19664

21104

7,3%

1440

Antibes

06

19898

21041

5,7%

1143

Antony

92

27792

29388

5,7%

1596

Argenteuil

95

15680

16190

3,3%

510

Arles

13

15331

16164

5,4%

833

Asnières-sur-Seine

92

21554

23201

7,6%

1647

Aubagne

13

17343

18776

8,3%

1433

Aubervilliers

93

10799

10846

0,4%

46,5

Aulnay-sous-Bois

93

15107

15388

1,9%

281

Avignon

84

13898

14211

2,3%

313,5

Bayonne

64

16308

17688

8,5%

1380

Beauvais

60

15702

16220

3,3%

518

Belfort

90

15431

15921

3,2%

490

Besançon

25

16936

17726

4,7%

790

Béziers

34

13564

13722

1,2%

158

Blois

41

16229

16688

2,8%

459

Bobigny

93

11376

11623

2,2%

247

Bondy

93

13910

14088

1,3%

178

Bordeaux

33

18901

20251

7,1%

1350

Boulogne-Billancourt

92

29637

31865

7,5%

2228

Bourges

18

17892

18616

4,0%

724

Brest

29

16942

17839

5,3%

897

Brive-la-Gaillarde

19

17138

17756

3,6%

618

Caen

14

17663

18547

5,0%

884

Cagnes-sur-Mer

06

19626

20913

6,6%

1287

Calais

62

13318

13650

2,5%

332

Caluire-et-Cuire

69

22575

23728

5,1%

1153

Cannes

06

17166

18175

5,9%

1009,5

Carcassonne

11

15303

15952

4,2%

649

Castres

81

16088

16944

5,3%

856

Cergy

95

16911

17323

2,4%

412

Châlons-en-Champagne

51

16551

17252

4,2%

701

Chalon-sur-Saône

71

15618

16267

4,2%

649

Chambéry

73

17391

18242

4,9%

851

Champigny-sur-Marne

94

17399

17869

2,7%

470

Charleville-Mézières

08

14587

15089

3,4%

502

Châteauroux

36

16532

17089

3,4%

557

Chelles

77

20418

21142

3,5%

724

Cholet

49

17363

18233

5,0%

870

Clamart

92

25100

26378

5,1%

1278

Clermont-Ferrand

63

16931

17722

4,7%

790,5

Clichy

92

16083

17089

6,3%

1006

Colmar

68

17130

17645

3,0%

515

Colombes

92

18848

19903

5,6%

1055

Corbeil-Essonnes

91

15355

15827

3,1%

472

Courbevoie

92

27380

29327

7,1%

1947

Créteil

94

17371

17916

3,1%

545

Dijon

21

19493

20348

4,4%

855

Drancy

93

15386

15492

0,7%

106

Dunkerque

59

16725

16328

-2,4%

-397,5

Épinay-sur-Seine

93

12606

13228

4,9%

622

Évreux

27

15223

15408

1,2%

184,5

Évry

91

14283

14670

2,7%

387

Fontenay-sous-Bois

94

21219

22261

4,9%

1042

Fréjus

83

17515

18607

6,2%

1092

Gennevilliers

92

13136

13614

3,6%

478

Grasse

06

18465

19443

5,3%

978

Grenoble

38

18075

19013

5,2%

938

Hyères

83

18399

19445

5,7%

1046

Issy-les-Moulineaux

92

27776

30017

8,1%

2241

Ivry-sur-Seine

94

15913

16061

0,9%

148

La Rochelle

17

17120

18071

5,6%

951

La Roche-sur-Yon

85

18033

18778

4,1%

745

La Seyne-sur-Mer

83

16283

17474

7,3%

1191

Laval

53

17343

18195

4,9%

852

Le Blanc-Mesnil

93

14485

14140

-2,4%

-345

Le Cannet

06

18301

18965

3,6%

664

Le Havre

76

15767

16609

5,3%

842

Le Mans

72

17761

18316

3,1%

555

Levallois-Perret

92

28695

30761

7,2%

2066

Lille

59

15474

16485

6,5%

1011

Limoges

87

17280

17826

3,2%

546

Lorient

56

16247

17089

5,2%

842

Lyon

69

20469

21724

6,1%

1255

Maisons-Alfort

94

22599

24147

6,8%

1548

Marseille

13

15841

16789

6,0%

948

Martigues

13

18546

19469

5,0%

923

Massy

91

20673

21935

6,1%

1262

Meaux

77

14911

15863

6,4%

952

Mérignac

33

20054

21369

6,6%

1315

Metz

57

16885

17567

4,0%

682

Meudon

92

26575

28359

6,7%

1784

Montauban

82

16991

17813

4,8%

822

Montpellier

34

15500

16198

4,5%

698

Montreuil

93

15767

16298

3,4%

531

Montrouge

92

24694

26326

6,6%

1632

Mulhouse

68

13291

13443

1,1%

152

Nancy

54

18500

19374

4,7%

874

Nanterre

92

16278

17455

7,2%

1177

Nantes

44

18857

20226

7,3%

1369,5

Narbonne

11

15452

16031

3,7%

579

Neuilly-sur-Seine

92

43849

46087

5,1%

2238

Nice

06

17316

18254

5,4%

938

Nîmes

30

14739

15230

3,3%

490,5

Niort

79

18325

19304

5,3%

979

Noisy-le-Grand

93

19293

20164

4,5%

871

Orléans

45

17481

18292

4,6%

811

Pantin

93

13288

13711

3,2%

423

Paris

75

24298

25830

6,3%

1532

Pau

64

17408

18088

3,9%

680

Perpignan

66

13622

14041

3,1%

419

Pessac

33

20429

21928

7,3%

1499

Poitiers

86

16773

17348

3,4%

575

Puteaux

92

23207

25067

8,0%

1860

Quimper

29

18249

19127

4,8%

878

Reims

51

16615

17233

3,7%

618

Rennes

35

18656

19530

4,7%

874

Rosny-sous-Bois

93

18183

18535

1,9%

352

Roubaix

59

9478

9641

1,7%

163

Rouen

76

17542

18495

5,4%

953,5

Rueil-Malmaison

92

29509

31063

5,3%

1554

Saint-Brieuc

22

17068

17708

3,7%

640

Saint-Denis

93

11720

12113

3,4%

393

Saint-Étienne

42

15901

16459

3,5%

558

Saint-Herblain

44

18286

19519

6,7%

1233

Saint-Malo

35

17817

19039

6,9%

1222

Saint-Maur-des-Fossés

94

27875

29316

5,2%

1441

Saint-Nazaire

44

17112

18189

6,3%

1077

Saint-Ouen

93

13861

14505

4,6%

644

Saint-Quentin

02

14207

14523

2,2%

316

Salon-de-Provence

13

17357

18643

7,4%

1286

Sarcelles

95

11779

12189

3,5%

410

Sartrouville

78

20028

21399

6,8%

1371

Sète

34

15015

15821

5,4%

806

Sevran

93

13773

14045

2,0%

272

Strasbourg

67

16356

16865

3,1%

509

Suresnes

92

26290

28054

6,7%

1764

Tarbes

65

15542

15918

2,4%

376

Toulon

83

16355

17293

5,7%

938

Toulouse

31

18325

19379

5,8%

1054,5

Tourcoing

59

13654

14360

5,2%

706

Tours

37

17274

18012

4,3%

738

Troyes

10

14956

15402

3,0%

446

Valence

26

15906

16870

6,1%

964,5

Valenciennes

59

15771

16421

4,1%

650

Vannes

56

18624

19714

5,9%

1090

Vénissieux

69

13008

13359

2,7%

351

Versailles

78

28717

30577

6,5%

1860

Villejuif

94

18287

18796

2,8%

509

Villeneuve-d'Ascq

59

17429

18318

5,1%

889

Villeurbanne

69

17280

18022

4,3%

742

Vincennes

94

29239

31408

7,4%

2169

Vitry-sur-Seine

94

15851

16637

5,0%

786

Elodie Buzaud © Cadremploi.fr

12

commentaires

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Patlerenard

29/07/2013

à 09:57

On ne peut pas dissocier la ville, sa couleur politique et sa base d'électeur. Chaque maire cherche en effet toujours à conforter son assise électorale. Par exemple Nanterre, commune riche de la région parisienne de part les entreprises qui y siègent : Nanterre a plus de 50% de logements sociaux, donc un revenu médian bas mais c'est avant tout parce que c'est plus de 50% d'électeurs qui maintiennent depuis plus de 60 ans le PC aux rennes de la ville ....

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baloo

22/07/2013

à 15:27

En matière de justice sociale, il est très préoccupant de voir les inégalités de revenus se creuser. C'est malheureusement ce que l'on constate en France. En effet, au cours des dix dernières années, le niveau de vie moyen des 10% de français les plus riches a augmenté de 27% alors que celui des 10% les plus pauvres n'a augmenté que de 13,7% (Observatoire des inégalités). En moyenne, le revenu des Français les plus riches est 6,6 fois supérieur à celui des plus pauvres, contre 6 fois il y a dix ans.

Pour comprendre l'origine de ces inégalités il faut bien regarder la composition des revenus de deux populations. Ceux des plus riches sont composés en bonne partie des revenus financiers et des revenus du patrimoine. Ce type de revenus a considérablement augmenté ces 10 dernières années, suivant l'exceptionnelle croissance de la rentabilité des investissements financiers

Concernant la population la moins aisée, les revenus sont quasi-exclusivement constitués de salaires. Or, force est de constater que la part du travail dans le PIB était à son niveau le plus bas depuis 60 ans vers la fin des années 2000. Entre 1982 et aujourd'hui, la part des salaires dans la valeur ajoutée a diminué de 9,5 points. L'évolution du partage de la valeur ajoutée au sein des entreprises a donc un effet direct sur les inégalités de revenus. Certaines études notent même une compression salariale. Une étude de l'INSEE a conclu sur le fait que le revenu salarial en euro constant (hors effet de l'inflation) a stagné sur une période longue entre 1978 et 2005 (et plus..). Selon cette étude, en 27 ans de croissance économique, le salaire médian (hors inflation) est resté le même. Les salaires ont effectivement augmenté, mais pour une partie seulement de la population. Pour l'autre partie, ils ont diminué. Toujours selon cette étude, cette population dont le revenu réel a diminué est constituée de jeunes et de salariés à temps partiel. Pour les jeunes c'est la durée et le temps de travail qui expliquent le décrochage tandis que chez les plus âgés travaillant à temps partiel c'est le taux de salaire qui a diminué.

La déréglementation du marché du travail fabrique des salariés pauvres
La déréglementation du marché du travail est l'une des causes de cette évolution asymétrique des salaires. Comme le note l'OCDE, le développement des emplois atypiques, des emplois à durée déterminée et des emplois à temps partiel a pour effet de creuser les disparités salariales. Remarquons au passage que cette même organisation a toujours recommandé à ses membres de « flexibiliser » leur marché du travail pour lutter contre le chômage.

Cette politique a fabriqué des « salariés pauvres » sans pour autant faire baisser significativement le chômage. En France, on estime qu'il y a entre 900 000 et 2,2 millions de ces salariés pauvres.

En outre, le marché du travail est organisé de telle manière que les inégalités salariales perdurent. Le fait de débuter à un faible salaire ou à temps partiel pèse sur la carrière selon l'INSEE. Les jeunes, notamment ceux qui sont peu qualifiés, sont ainsi les plus impactés. Cela s'explique par le fait que leur taux d'emploi et leur salaire à l'embauche sont très sensibles à la conjoncture.
La trappe à inactivité qui était le crédo des stratégies de déréglementation du marché du travail depuis les années 90 s'est muée en une trappe à pauvreté des salariés jeunes et peu qualifiés.

Les entreprises sont-elles responsables ?
La part du capital boursier (2) dans le PIB en 1980 était de 7 à 8%, en 2007 il était de 100%. Cette formidable croissance de la capitalisation boursière s'est traduite mécaniquement par l'explosion des dividendes. Mais cette masse des dividendes distribués n'est pas créée ex nihilo. Elle vient de la productivité dont la croissance rapide, ces dernières années, est le reflet de la pression du marché financier sur les entreprises. Cette pression exercée par les actionnaires contraint les entreprises à une course permanente à la productivité. On connaît le résultat de cette course: une très forte croissance de la productivité dont la plus grosse part est transférée vers la rémunération du capital. Ce transfert au détriment du travail et de l'investissement est estimé entre 129 et 190 milliards d'euros en France.

Mais ce système ne pas peut pas tenir sans un mécanisme incitatif à la productivité.

Ainsi, on récompense notamment la prise de risque. Il en résulte une politique salariale débridée qui consiste à indexer une partie du salaire sur les résultats de l'entreprise. C'est le cas pour les cadres mais aussi et de plus en plus pour les non cadres. La substitution partielle du salaire par les primes et l'intéressement illustre parfaitement cette politique salariale, politique que l'ORSEU a pu observer dans plusieurs grandes entreprises. Cette modification des modalités de la rémunération se fait au détriment des faibles salaires. Avec ce mécanisme, le salaire est devenu plus que jamais une variable d'ajustement au résultat de l'entreprise et plus généralement à la variabilité du cours de son action. Combien d'entreprises qui réalisent des profits et distribuent des dividendes ont licencié des salariés afin de faire baisser leur masse salariale ? Combien d'entre elles ont exigé une baisse des salaires contre le maintien de l'emploi en France ? L'entreprise Continental qui a défrayé la chronique n'est pas un cas isolé en la matière. Les accords dit donnant-donnant se multiplient.

La prime du gouvernement : un feu de paille !
Tout récemment, le gouvernement a annoncé une nouvelle mesure. En effet, une loi pourrait être votée afin que soit versée une prime aux salariés, dans les entreprises de plus de 50 salariés qui distribuent des dividendes. C'est un coup de pousse au pouvoir d'achat, notamment dans le contexte actuel marqué par une rapide inflation et le tassement des salaires.

Mais constatons que l'élément déclencheur de cette prime est l'accroissement des dividendes distribués. Elle ne concernera donc qu'une petite partie des salariés, ceux des grandes entreprises dont les dividendes sont en hausse. Deux choix peuvent être menés concernant cette prime: A) les entreprises qui seraient tentées de court-circuiter la prime en choisissant de maintenir le même montant de dividendes distribué les deux dernières années. Dans ce cas, elles ne seront pas dans l'obligation de verser la prime puisqu'elles n'ont pas augmenté le dividende distribué en 2010 ; B) Celles qui feront un tout autre choix en augmentant les dividendes d'un montant beaucoup plus important que celui de la prime. Dans ce cas, l'inégalité de revenus entre les salariés et les actionnaires s'accroît considérablement.


Quel autre choix qu'une négociation nationale ?
Tout compte fait, cette mesure ne fera pas reculer les inégalités dans le partage de la valeur ajoutée. Elle crée même une frustration chez les salariés qui n'en bénéficieront pas. Seule une négociation nationale crédible sur la question du partage de la valeur ajoutée pourrait amener à fixer des règles justes et stables. Cette négociation serait difficile à mener dans la mesure où elle déborderait la seule question des salaires et s'élargirait inexorablement à d'autres sujets tels que le coût salarial, la protection sociale, le temps de travail, l'investissement, etc. Elle prendrait du temps mais elle aurait le mérite d'établir un cadre réglementaire stable pour les années à venir, c'est à dire en ce moment.

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baloo

22/07/2013

à 11:12

Le revenu médian dans 150 villes françaises, et son évolution entre 2008 et 2011 est très intéressant, ne faudrait-il pas peaufiner ces données, par tranches d'âges-Vincennes-Versailles-Suresnes-Saint Maur- Rueil Malmaison-Puteaux -Paris-Neuilly sur Seine. Ne faudrait-il pas une nouvelle Loi, sur ce genre de communes,comme le nombre minimal de logements sociaux, en répartissant mieux des revenus aussi différents, pour ne pas pénaliser les plus faibles au profits des plus forts,c'est ça aussi la mixité sociale. Entre un revenu mensuel de 2000€ et un revenu de 4000€/mois..

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baloo

22/07/2013

à 10:54

L'idée d'une retraite complémentaire, obligatoire dans la privé et non dans le public est à creuser. Dans le secteur public, elle est volontaire, c'est à dire que ceux qui cotisent , le fond de 25€ jusqu'à 600€/mois. Une cotisation mensuelle d'environ 100€/mois, ne donnera environ que 1200€/an une fois arrivée à son taux plein de rertraite principale, donc sans décote et pour une durée d'environ 30 ans de cotisation à une complémentaire. Or, sur son brut, on ne nous enlève en moyenne que 80€ à 150€/ mois de retraite principale, je trouve cela anormal (pour ceux qui gagne entre 1200€ à 2300€/brut.mois. De même, quand un couple se retrouve avec deux parts, l'addition est élevé, de même pour un parent qui a élevé seul son gamin, et qui le voit ne plus se rattacher au foyer fiscal, passer d'une part et demi à une part c'est payer de 40€.mois à 120€/mois d'impôt sur le revenu. C'est dur, trop dur.

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pseudonyme001

21/07/2013

à 17:07

Oui Parigino ! Que se soit sosu la droite ou la gauche, la France, sous couvert d'une soit disant protection social élevée est plus libérale que les US. Regarder le prix des loyers et des salaires et vous comprendrez en effet que l'argent des aides au logement va en fait droit dans la poche des propriétaires. Alors pourquoi baisser les prix des loyers ? Et ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres d'une société de plus en plus inégalitaires, non pas en riches et pauvres, mais déjà entre ceux qui possède et ceux qui n'ont rien. Il ne choque personne ici de voir en milieu rural des loyers à 650 euros pour une famille vivant avec un seul salaire de 1200 euros.

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Pierre

21/07/2013

à 09:28

Un bémol dans la comparaison de Parigino:
Dans cet article on parle en France des "revenus fiscaux déclarés pour l’équivalent d’une personne" incluant la sécurité sociale, la retraite & l'éducation. Il doit y avoir aussi une dilution du revenus des parents avec les personnes à charge (ex: enfants)
=> à ne pas comparer directement avec le revenu aux USA des parents, qui devront payer en plus les frais médicaux, leurs cotisations retraites privés et les écoles de leurs enfants.

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Parigino

21/07/2013

à 05:31

Je note que le revenu moyen le plus élevé, celui de Paris, est plus ou moins égal au seuil de la pauvreté ici aux États-Unis où j’habite depuis 35 ans. Et nos prix sont de loin moins élevés que les vôtres! C’est ça, le socialisme, partout et toujours !

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Nostradamus

20/07/2013

à 15:21

Il serait plus intéressant de connaitre l'évolution des revenus après transferts sociaux, charges sociales et impôts. Le taux marginal d'imposition des plus "riches" ayant augmenté de 3 à 4% sous Sarkozy et 3% sous Hollande, associé à la surtaxe sur les revenu du capital, il est probable que les augmentations de revenu ont en grande parti été effacées. On est malheureusement dans un cercle vicieux : les augmentations d'impôt freinent la croissance, provoquant une hausse du chômage..

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minoubleu

20/07/2013

à 13:50

Cette étude ne rime à rien car elle est basée sur les déclarations fiscales or toutes les aides sociales ne sont pas fiscalisées donc non prises en compte. Dans certaines villes comme Roubaix la population vit principalement d'aides sociales et nombre de familles perçoivent en allocations diverses plus que 9661 euros par an. Une étude sérieuse doit prendre en compte la totalité des revenus (salaire plus allocs).

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J-Daniel

19/07/2013

à 13:06

Bonjour,
Ce se sont des revenus net avant impot ou brut?

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Xavier

19/07/2013

à 11:49

La retraite se prépare jeune. Il est nécessaire de prendre une retraite complémentaire et de cotiser au maximum, sachant que la complémentaire est entièrement déductible des revenus. Malheureusement, la plupart des ménages préfèrent investir dans le crédit immobilier...

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jaichoisi

18/07/2013

à 23:03

ce n est pas flatteur pour la france,pauvre de nous qu allons nous devenir et nous pauvres veuves 700e par mois comment payer les factures?yatil 1reponse a cette qustion?certains gagnent des milliard et nous nous ne savons pas comment faire pour vivre,pourquoi la veuve est elle si defavorisée quand le mari meurt et quelle a elevée ses enfants?pourquoi que la moitié de la retraite de reversion?vous considerez nous comme des quantité negligeable????????????

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