Salaire des cadres : 6 stratégies à connaître pour doper sa rémunération

Publié le 14 septembre 2018 Sylvie Laidet

Certains cadres sont davantage augmentés que d'autres en 2018. Qui du démissionnaire ou du licencié s'en sort le mieux ? La grande entreprise est-elle toujours plus généreuse ? Jusqu'à quel âge peut-on changer de boîte sans y perdre ? Réponses sans tabous après analyse de trois études*.
Salaire des cadres : 6 stratégies à connaître pour doper sa rémunération
  1. 1)    Démissionner plutôt qu’être licencié
  2. 2)    Changer d’entreprise reste rentable avant 50 ans
  3. 3)    Changer de poste en interne
  4. 4)    Avoir moins de 30 ans…
  5. 5) ... mais valoriser son expérience pour être mieux payé
  6. 6)    Choisir la grande entreprise plutôt qu’une start-up
  7. Le critère en plus : être un homme…
  8. Faute d’augmentation, que pouvez-vous négocier 

1)    Démissionner plutôt qu’être licencié

Prendre l’initiative de partir est payant :  70 % des cadres voient leur rémunération globale augmenter lorsqu’ils quittent leur emploi de leur plein gré (1), contre 32 % quand ils sont licenciés. Cet écart s’explique par le fait qu’un cadre passe plus souvent par la case chômage quand il est licencié.

>> Sur le même sujet : la hausse des salaires 2018 se confirme mais pas pour tous les cadres

 

Parmi les cadres ayant intégré directement une nouvelle entreprise, 66 % ont vu leur rémunération augmenter contre 40 % de ceux ayant connu une période de chômage entre deux emplois. Et plus la durée de chômage est longue, plus la baisse de rémunération est fréquente.

Lire aussi : Comment répondre à la question sur vos prétentions salariales ?

 

2)    Changer d’entreprise reste rentable avant 50 ans

Les plus jeunes gagnent de l’argent en changeant d’entreprise et les séniors en perdent. Quelles que soient les conditions du changement, en moyenne 70 % des cadres de moins de 30 ans voient leur salaire augmenter en changeant d’entreprise contre seulement 44 % des plus de 50 ans.

 

 

3)    Changer de poste en interne

Evoluer en interne reste aussi un bon moyen de doper sa rémunération en 2017. Parmi les 22,2 % de cadres ayant été promus ou ayant changé de métier au sein de la même entreprise, 65 % ont été augmentés. La fourchette varie entre 1,3 % et 18 % d’augmentation.

 

4)    Avoir moins de 30 ans…

L’Apec l’affirme : 57 % des cadres de moins de 30 ans ont été augmentés l’an passé s'ils n'ont pas quitté leur poste. Contre seulement 37 % des plus de 50 ans. Les entreprises ont tendance à concentrer les bonus sur les millenials qu'elles cherchent à fidéliser.

 

5) ... mais valoriser son expérience pour être mieux payé

Néanmoins, et la règle reste vraie, plus on gagne en expérience, plus son salaire s’élève. Un cadre avec plus de 20 ans d’expérience gagne 45 % de plus qu’un jeune diplômé. L’Apec constate cependant une érosion des salaires des plus expérimentés qui gagnent en moyenne 2 à 3000 euros de moins qu’en 2014.

Lire aussi : 7 phrases qui tuent une demande d'augmentation

 

6)    Choisir la grande entreprise plutôt qu’une start-up

Pour être augmenté, mieux vaut travailler dans une entreprise de plus de 1 000 salariés. Le pourcentage des cadres augmentés dans les grands groupes est de 20 points supérieur à celui que l’Apec relève dans les petites entreprises de moins de 19 salariés.

Et puisque l’industrie est plutôt constituée de grandes entreprises, c’est dans ce secteur que les augmentations sont le plus courantes. L’automobile qui, avec l’aéronautique, représente une part importante de cette branche reprend ainsi une bonne vieille habitude mise en veille pendant les années de disette.

 

Le critère en plus : être un homme…

Et oui... L'écart existe toujours entre les hommes et les femmes. La différence entre les augmentations des deux sexes est moins sensible que la réputation de sexisme du monde du travail aimerait le laisser croire. Du moins pour la totalité des 18 000 cadres interrogés par l’Apec : trois points seulement séparent la part d’hommes augmentés (47 %) et celles des femmes (44 %) tous âges confondus.  Etonnamment, l’écart est très impressionnant en début de carrière : il est de 9 points chez les moins de 30 ans. Cet écart vient en partie du fait que les femmes sont surreprésentées dans les fonctions les moins rémunératrices.

 

 

Faute d’augmentation, que pouvez-vous négocier 

Tous les employeurs ne sont pas prêts à casser leur tirelire. « Octroyer des augmentations revient à engager l’entreprise sur l’avenir. Un risque que toutes les boîtes ne souhaitent pas prendre », souligne Caroline Diard, enseignant chercheur en management des RH à l’EM Normandie. Dans les négociations annuelles obligatoires (NAO), les partenaires sociaux parlent donc de plus en plus de « propositions de valeur » autres que monétaires (salaire, prime, intéressement, participation et épargne salariale) rappelle l'enquête Mercer 2018 (3).

-       Concrètement, vous pouvez par exemple formuler une demande une formation un peu coûteuse comme un MBA ou un mastère spécialisé. « Les employeurs acceptent car cela ne gonflent pas la masse salariale et ces formations permettent aux collaborateurs de monter en compétences », précise-t-elle.

-       Si vous cherchez davantage de reconnaissance, pourquoi ne pas négocier un élargissement de vos missions.

-       « La flexibilité sur le temps et l’organisation du travail, par exemple des jours de télétravail, sont aussi des demandes audibles par les entreprises », constate Bruno Rocquemont.

-       Vous pouvez également solliciter des ressources supplémentaires. « Votre rôle est de manager et de développer une équipe pour gagner en performance alors pourquoi ne pas demander un collaborateur supplémentaire », conseille Caroline Diard.

-       Disposer de ressources matérielles nouvelles – bases de données pour des travaux de recherche – est enfin un excellent moyen de s’enrichir autrement.

 

 * Sources 3 études salaire 2018 :

(1)  Etudes Evolution de la rémunération des cadres et Les salaires des cadres 2018, Apec septembre 2018

(2)  Etude Expectra/Randstad Septembre 2018

(3)  7ᵉ édition enquête Mercer Juillet 2018 sur les Négociations annuelles obligatoires (NAO) en France.

 

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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