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Salaire des cadres : c’est officiel, la prime de bienvenue est de retour

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Sylvie Laidet

18/12/2018

[Enquête Cadremploi] Bonne nouvelle ! Les bonus de bienvenue ou « golden hello » font leur grand retour dans les packages salariaux. Et si vous faisiez partie des profils concernés par ces primes pouvant atteindre 2 à 3 mois de salaire, voire plus ? Découvrez qui en propose et comment les négocier au mieux.

On s’en doutait. Mais notre enquête auprès des pros du recrutement le confirme :  pour attirer les candidats qui rechignent à démissionner, certaines entreprises n’hésitent pas à leur verser des primes d’arrivée afin de les inciter à les rejoindre.

Evidemment cette pratique n’est pas automatique mais, dans un marché de l’emploi cadres clairement favorable aux candidats, ces « welcome bonus », très pratiqués par les anglo-saxons, s’invitent aux tables des négociations. Ces primes oscillent entre 3000 euros et 2 à 3 mois de salaire pour les profils de middle management. Voire beaucoup plus pour les cadres supérieurs et dirigeants.   

D’ailleurs, les employeurs n’apprécient guère d’aborder le sujet des « golden hello ». Les refus de témoigner ont été bien plus nombreux que les accords.

 

Welcome bonus, prime de bienvenue, golden hello... Les appellations varient d'une entreprise à l'autre.

 

Dans quelles circonstances pouvez-vous négocier une prime de bienvenue ?

  • Si vous êtes une star dans votre secteur : votre expertise vous rend incontournable dans votre business ? Vous réalisez des prouesses à la concurrence ? Vous avez laissé un souvenir impérissable lors d’un précédent passage dans cette entreprise qui veut à tout prix vous voir revenir ? Il est fort à parier que la prime de bienvenue vous sera d’emblée proposé dans le package de rémunération. Evidemment, ces situations ne sont pas légion mais elles existent.

 

  • Si l’entreprise doit pourvoir un poste de toute urgence : « une société qui aurait déjà essuyé deux refus de candidats, ou ue boîte avec une business unit en déshérence depuis quelques mois, est évidemment plus encline à négocier des welcome bonus qu’une autre, constate Emmanuel Stanislas, dirigeant du cabinet de recrutement Clémentine. Pour elle, le temps est un élément stratégique. Pour accélérer le mouvement, certains de mes clients accordent, deux ou trois mois – pas plus – de primes de bienvenue. »

 

  • Si, pour rejoindre la nouvelle entreprise, vous devez vous asseoir sur votre bonus : voilà sans doute la situation la plus fréquente. « Pour compenser un bonus annuel qui ne serait pas versé avant le départ du candidat, le recruteur lui propose une somme équivalente voire légèrement supérieure », observe Grégoire Conquet, directeur exécutif du cabinet Badenoch & Clark. Le candidat minimise ainsi sa prise de risque financière et peut rejoindre rapidement la nouvelle entreprise.

 

  • Si vos prétentions salariales sont supérieures à la grille en vigueur dans l’entreprise visée : en changeant de boîte, vous aspirez évidemment à un gap financier significatif. Parfois en dehors des clous par rapport aux grilles de salaires de l’entreprise convoitée. « Pour conserver une certaine équité entre les collaborateurs, les employeurs préfèrent verser une prime d’arrivée au candidat que de lui accorder, d’emblée, un salaire supérieur. Au bout d’un an, le nouvel arrivant pourra alors être augmenté », argumente Thibaud Chalmin, fondateur du cabinet de chasse de tête Marignan Consulting.

 

  • Si vous évoluez sur des cycles longs : « les commerciaux pour qui le salaire variable peut représenter entre un tiers et la moitié de leur rémunération, qui évoluent sur des cycles de vente long, peuvent négocier une prime d’arrivée. Et ce, afin de compenser cette perte de variable la première année », explique-t-il.

 

  • Si vous avez une clause de dédit-formation : vous venez de terminer un MBA financé par votre employeur et vous êtes chassé ? Tenté d’accepter, vous réfléchissez à deux fois avant de démissionner car la clause de dédit-formation vous impose de rembourser le coût de votre MBA à votre employeur si vous partez avant telle date. « Dans ce cas, un recruteur peut tout à fait accorder une prime d’arrivée en vue de financer ce remboursement », constate Emmanuel Stanislas.

 

  • Si vous rejoignez une entreprise qui vient d’en racheter une autre : « pour inciter les collaborateurs de l’entreprise absorbée mais aussi pour rassurer les nouvelles recrues, l’acheteur peut tout à fait leur accorder une prime de bienvenue. En effet, rejoindre une entité issue d’un rachat peut paraître risqué aux yeux des candidats », analyse Guilhem Jeannin, practice manager, en charge de Michael Page Banque & Assurance. Certes, il s’agit d’un cas rare mais qui peut exister.

 

 

Quels sont les secteurs et les fonctions les plus ouverts à un golden hello ?

Les grands noms de la finance, le BTP mais aussi l’informatique, bref des secteurs en tension sont ouverts à ce type de négociation. « Récemment chez un éditeur de logiciel, un commercial dont le variable représentait 50 % de son ancien salaire a obtenu un package de 100 000 euros dont une prime de bienvenue de 25 000 euros dès son arrivée. œuvrant sur un cycle de vente long, sans cette prime, il n’aurait pas touché de variable la première année », illustre Thibaud Chalmin de Marignan Consulting. Même combat pour les postes en lien avec le digital, le big data, l’intelligence artificielle et la relation clients. « Dans l’industrie, quand on chasse par exemple un directeur de site, la welcome bonus peut atteindre 10 % de cette somme », constate Guilhem Jeannin de Michaël Page.

 >> Lire aussi : Grands dirigeants, ces bonus qui font rêver

Attention, vous ne gagnerez pas nécessairement à tous les coups. « Le marché de l’emploi est tellement porteur pour les cadres les plus convoités que certains employeurs craignent qu’ils empochent le welcome bonus et quittent l’entreprise rapidement. Donc, à défaut de prime d’arrivée, certains recruteurs préfèrent garantir un bonus la première année, une augmentation de salaire et/ou une voiture de fonction à l’issue de la période d’essai », conclut Guilhem Jeannin.  

 

Comment négocier au mieux une prime de bienvenue ?

-          Aborder le sujet dès les premiers rounds de la négociation salariale. « Revenir à la charge une fois le package de rémunération fixé risque de gâcher les conditions de rencontre entre le candidat et l’entreprise », insiste Grégoire Conquet, directeur exécutif du cabinet Badenoch & Clark.

-          Faire valoir le manque à gagner en cas de départ anticipé de son précédent poste. Par exemple des bonus ou des stock-options qu’il serait impossible de toucher avant son départ. Ou encore une part variable qu’il ne serait pas possible d’obtenir dès la première année dans l’entreprise. Un différentiel qui mérite donc d’être compensé.

-          Estimer au plus juste la contre-proposition que l’employeur actuel est susceptible de faire et demander au moins autant comme prime d’arrivée. 

>> Lire aussi : Changer de boîte, ce que vous pouvez négocier

 

 

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