Salaires 2012 : qui sera augmenté ?

Michel Holtz

Le temps est au gel. Ou du moins à la hausse minimaliste. Pas en matière de climat, mais d'augmentations de salaires en 2012. Du moins selon l'étude publiée aujourd'hui par la Cegos, révélée dès ce matin par Les Echos. L'institut de formation a interrogé 600 DRH et 200 cadres. Et ils annoncent une très timide hausse de 2,4% des rémunérations de ces derniers, l'an prochain. Soit un tout petit peu plus que l'inflation. C'est une baisse de 0,5 points par rapport à cette année. Et le taux le plus faible depuis vingt ans.

Dire que tout le monde s'alarmait, fin 2008, après la première lame de crise, lorsque les sondages prévoyaient que les hausses de salaire pouvaient passer sous la barre des 3%. Un chiffre que l'on considèrerait aujourd'hui comme un « un indicateur qui passe au vert », une « sortie de crise » ou du moins une « nette reprise ». On en est loin. Parce que si les 2,4% annoncés par la Cegos devrait constituer une moyenne à la louche dans les entreprises françaises, certaines d'entre elles parlent ouvertement de gel des salaires en 2012. C'est le cas d'Air France qui devrait entériner cette décision lors de son Conseil d'administration de janvier. C'est le cas aussi au Crédit Agricole, mais dans une moindre mesure, puisque seuls les 1000 plus gros salaires de cette banque devraient stagner.

Reste que, devant le serrage de ceinture annoncé, les DRH consultés par la Cegos semblent redouter plus que tout la grogne sociale. Pour calmer le jeu, ils auraient tendance à revenir à la bonne vieille méthode de l'augmentation générale, au détriment de l'individuelle, fauteuse de troubles au bureau comme à l'usine. Ils étaient 37% à envisager de jouer le collectif pour cette année, ils sont aujourd'hui 51% à le souhaiter pour l'an prochain. Il faut dire qu'au cours de l'année 2011, ils ont déjà viré de bord et, au final, 56% des entreprises ont octroyé des augmentations pour tous. Pour autant, les entreprises ne vont pas totalement abandonner les carottes individuelles. Toutes avouent garder une petite poire pour la soif d'argent de leurs cadres les plus méritants. Tout en reconnaissant qu'ils seront plus sélectifs. Une sélection qui devrait surtout concerner les fonctions pénuriques occupés par des cols blancs qui menacent de s'en aller voir ailleurs.

Michel Holtz @ Cadremploi.fr

Michel Holtz
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