Sodexo, Disney, Michelin,… : ces dirigeants qui baissent leur salaire pendant la crise du coronavirus

Sylvia Di Pasquale

Par solidarité avec leurs salariés en chômage partiel et pour anticiper une passe difficile pour leur entreprise, certains dirigeants français ou étrangers ont décidé de baisser leur rémunération. Voire de ne pas se payer du tout cette année. Tour d’horizon des décisions les plus marquantes.
Sodexo, Disney, Michelin,… : ces dirigeants qui baissent leur salaire pendant la crise du coronavirus

La Toile s’indigne de ces footballeurs anglais qui rechignent à baisser leurs (hauts) salaires de 30%, sous prétexte qu’une telle action créerait un manque à gagner en termes de prélèvements sociaux pour l’Etat britannique. Il y a, toujours dans le monde du sport, ces team managers de Formule 1 qui ne rechignent pas à se serrer la ceinture.

Et puis il y a ces dirigeants d’entreprise qui consentent un effort. Plusieurs grandes entreprises suivent déjà cette tendance, et d’autres boîtes du CAC devraient leur emboiter le pas, suite à la volonté, pour le moment non clairement exprimée, de Bruno Lemaire.

 

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Sodexo

L’une des premières entreprises à s’exprimer a été Sodexo. Les dirigeants du roi de la cantine ont renoncé à une partie de leurs gains pour les allouer à un fond d’aide destiné aux employés au chômage. Un fond abondé à hauteur de 30 millions d’euros.

Plastic Omnium

Chez l’équipementier automobile Plastic Omnium, la baisse de salaires des cadres dirigeants est une affaire de solidarité interne. Les salariés du groupe au chômage partiel ont perdu une part de leur rémunération ? Leurs patrons ont donc choisi d’en faire autant. En fait, ils ont suivi une recommandation de l’association française des entreprises privées (Afep) qui préconise à ses membres de baisser de 25% les salaires de leurs boss, lorsque leur boîte à recours au chômage partiel.

Michelin

Michelin a également embrayé le pas. Dans un communiqué du 6 avril, les gérants du groupe ont décidé de revoir leur rémunération à la baisse durant les mois d’avril et mai et de renoncer à une partie de leur rémunération variable 2019 versée en 2020.. « Dans ce contexte, expliquent-ils, en manifestation de solidarité avec toute la communauté des salariés, les gérants, le comité exécutif et le conseil de surveillance du groupe Michelin revoient à la baisse leur rémunération ». Les membres du comité exécutif baisseront quant à eux leur rémunération de 10% environ.

Disney

Mais dans certains groupes étrangers, la baisse des salaires patronaux est encore plus significative. Le PDG de Disney a ainsi renoncé à 50% de sa rémunération. Ce qui n’empêche pas sa firme d’avoir mis fin, en France, aux contrats de plusieurs centaines de ses cast members, sans aucune indemnités, ces derniers étant placés sous le régime des intermittents du spectacle.

Fiat-Chysler

Dans une lettre aux salariés, le patron de Fiat-Chrysler, quant à lui, divise aussi ses émoluments par deux afin de "protéger la santé financière" du groupe affecté par l'épidémie de coronavirus et d'"éviter une réduction de personnel". Du côté de PSA, en passe de racheter le constructeur italo-américain, la synergie du nouveau et futur groupe ne s’applique pas pour l’instant.

Air Canada

Si le secteur de l’automobile risque de payer cher les conséquences du confinement, il en va de même pour l’aéronautique. Et dans ces entreprises, les renoncements pécuniaires sont encore plus spectaculaires. C’est ainsi que le boss d’Air Canada entend renoncer à l’intégralité de son salaire pour toute l’année 2020. D’autres entreprises, venus d’autres secteurs, mais toujours canadiennes, en font autant.

Boeing

Même décision pour celui de Boeing. Mais la mauvaise passe de l’avionneur américain n’est pas seulement liée au Coronavirus. Ses déboires durent depuis un an et il a mis en place un plan de départs volontaires de 150 000 de ses salariés.

Qantas

Enfin, le boss le mieux payé d’Australie a lui aussi mi son salaire en sourdine pour cette année. Alan Joyce, patron de la compagnie Qantas, qui a perçu 14 millions d’euros au titre de l’exercice 2018, ne touchera pas un dollar australien cette année. Son board voit leur salaire diminué de 30% et pour le patron comme pour les cadres dirigeants, il n’y aura pas de prime cette année.

https://www.cadremploi.fr/editorial/actualites/actu-emploi/detail/article/coronavirus-mon-employeur-peut-il-baisser-mon-salaire-pendant-la-crise-sanitaire.html

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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