Sur Google, les femmes ne voient pas les offres d’emploi bien rémunéré

Ingrid Falquy

Sur Internet, les femmes sont moins susceptibles de voir apparaître des offres d’emploi pour des postes prestigieux et bien rémunérés, selon une étude.

C'est connu, les femmes cadres sont moins bien payées que les hommes : 2 000 euros de moins à l'embauche, à poste égal, selon l'Association pour l'emploi des cadres. Elles ont également moins accès que leurs homologues masculins à la promotion. C'est ce que l'on appelle le fameux plafond de verre. Celui-ci aurait une résonance en ligne. Selon une récente étude américaine les annonces pour les postes prestigieux et bien payés ciblent les hommes.

Les femmes voient 6 fois moins d'offres que les hommes

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l'Université Carnegie Mellon, en partenariat avec l’Institut des sciences de l’informatique, ont créé une plateforme. Nommée AdFisher, elle permet de générer de faux profils de chercheurs d’emploi sur le web. Certains avatars étaient des hommes, d’autres des femmes. En tout, 17 370 faux profils ont été créés. Ils ont vu passer 600 000 annonces sponsorisées : des publicités qui s’affichent automatiquement en haut et à droite lorsqu'on fait une recherche sur Google. Résultat : un profil féminin voit en moyenne 311 annonces pour des postes de direction rémunérés plus de 200 000 dollars par an, quand un utilisateur masculin en voit 1 816. Un homme a donc 6 fois plus de chances d’être au courant qu’un poste de direction bien payé est disponible.

Plusieurs coupables possibles

À qui la faute ? Pour Anupam Datta, co-auteur de l’étude, les résultats montrent qu’il existe des discriminations « quelque part dans l’écosystème publicitaire ». Il déplore un manque de transparence du processus de ciblage. Si les chercheurs ont pu établir un déséquilibre en fonction du genre, ils ne peuvent pas en affirmer la cause. « L’écosystème est tellement complexe, il inclut Google, les publicitaires, les sites web et les utilisateurs », expliquent les auteurs de l’étude. D'un côté, les annonceurs pourraient être responsables, car ils ont la possibilité de préciser un critère de genre pour définir leur cible au moment de l'achat d'espaces. De l'autre, les robots de Google ont déjà été pointés du doigt pour discrimination en avril, quand d’autres chercheurs avaient mis en évidence le déséquilibre dans les résultats d’images pour "CEO" (PDG en anglais) : 11 % seulement de résultats étaient des photos de femmes.

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