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Coronavirus : comment ces parents s’organisent pour bosser et s’occuper de leurs enfants

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Sylvie Laidet et Sylvia Di Pasquale

13/03/2020

TEMOIGNAGES – C’est officiel, à compter du 16 mars, toutes les écoles, crèches et universités de France, resteront portes closes dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus. Une galère pour des millions de salariés qui vont devoir jongler entre leur boulot et la garde de leur tribu. Témoignages de Sanaa, Samuel, Cécile, Fanny, Alexis et Raphaël, des parents qui s'organisent pour éviter de s'arrêter de travailler.

« Pas le choix, je télétravaillerai tout en gérant les enfants »

Sanaa Bouchaara, 40 ans, responsable digitale à l’Afpa

Mère d’un garçon de 11 ans (6è), d’une fille de 8 ans (CE2)

« A compter de lundi prochain, je pars pour 5 jours de télétravail à mon domicile avec mes deux enfants afin de gérer la garde et l’école à distance. Pas le choix, mon mari n’a pas cette possibilité de télétravailler et a beaucoup de déplacements sur le terrain. Mon job et mon entreprise m’offrent cette possibilité donc je m’en saisis. Si cela devait durer, eh bien, nous étudierons le recours ponctuel à une baby sitter capable d’épauler les enfants dans leurs cours à distance et devoirs. Mais tout dépendra du coût final. Cette aide me permettrait d’aller au bureau pour rencontrer des prestataires par exemple ».

 

Comment organiser son quotidien professionnel pendant l'épidémie de coronavirus ?

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« Trois solutions : les grand-parents, la garde partagée chez un copain ou la pose de congés  »

Samuel Beaupain, 36 ans, dirigeant de l’agence Edifice communication

Père d’un garçon de 5 ans (Grande section de maternelle)

« Je sais qu’il est impossible de bien télétravailler avec un petit garçon qui parle Power Rangers à côté de soi. Donc pour les jours et les semaines à venir c’est simple : soit mon fils ira chez ses grands-parents – en tout cas la semaine prochaine –, soit chez un copain avec lequel nous avons décidé d’alterner les jours de garde de nos enfants en fonction de nos impératifs professionnels, soit je poserai des jours de congé. Ma compagne est directrice générale des services dans une mairie donc impossible pour elle de s’absenter durant cette crise. Alors, je gère au mieux. »

« On s'organise entre parents du quartier »

Cécile, 42 ans, responsable communication et formation internes et coach dans une agence de communication

Mère d’une fille de 6 ans (CP) et d’un garçon de 10 ans (CM2)

« Ce vendredi matin, on avait un mail de la DRH nous invitant fortement à faire du télétravail dans les semaines à venir. Donc à partir de lundi prochain, je vais bosser depuis chez moi. Mon mari est kiné ostéopathe donc impossible pour lui de délocaliser ou d’arrêter son activité, sinon, plus de revenu. Donc je m’y colle. Ma fille est encore jeune, elle ne comprend pas encore très bien le concept de télétravail et c’est normal. Elle s’ennuie vite.

Avec d’autres parents du quartier, on s’organise. Lundi prochain, une copine de ma fille vient passer la journée à la maison. J’aurai davantage d’enfants mais ils vont jouer ensemble donc finalement je serai moins sollicitée et plus à même de travailler. Mon job est un métier de relations humaines. Donc le télétravail ne m’enchante pas. Pour garder le lien avec les collaborateurs de l’agence, j’ai calé des Skype, des visioconférences et des points par mail. Mardi, je suis obligée de me rendre au travail, donc j’ai bookée notre baby sitter pour quelques heures le matin, et je prendrai le relais. Tout ceci a un coût, qui n’est pas pris en charge par l’entreprise, donc on gère au plus près. »

« Nous allons nous relayer en télétravail avec ma femme »

Raphaël Freire, 46 ans, adjoint au manager d’un service indemnisation (sinistre) dans l’assurance

Père d’un garçon de 9 ans (CE2)

« Quand Auguste, notre fils de 9 ans, a entendu que les écoles fermaient lundi, il était plutôt content. Et puis, il a compris qu’il n’allait plus voir ses copains et la maîtresse et ça l’a rendu triste. La semaine prochaine, nous allons nous relayer avec ma femme pour le garder. Nos entreprises nous autorisent à faire du télétravail, c’est ce qui nous sauve. Dans mon entreprise, on avait déjà testé pendant les grèves. Comme ça a marché, nous avons conservé nos identifiants pour nous connecter, donc il n’y a pas de frein technique. Avec ma femme, nous allons donc nous relayer auprès de notre fils. En  alternant les jours de présence mais on ne sait pas encore à quel rythme. On va créer notre espace de coworking sur la table du salon ! Nous, devant nos ordinateurs, et Auguste devant ses cahiers… A dire vrai, on ne sait pas du tout s’il aura des devoirs à faire, des leçons à apprendre. On devrait avoir des nouvelles sur Beynelu d’ici lundi, c’est la messagerie de l’école. Le mercredi, il avait des activités mais comme elles sont toutes annulées, il va falloir trouver comment l’occuper. »

« J'ai fait une liste d'enfants sains dans ma famille susceptibles de garder ma fille »

Fanny Berrebi, 42 ans, coach en vie professionnelle et personnelle

Mère d’une fille de 7 ans (CE1)

« J’ai deux activités en tant qu’indépendante : prof de yoga notamment en entreprise et coach. J’ai dû annuler tous mes cours de yoga et je poursuis mon activité de coach tout en gardant ma fille malade depuis jeudi. Du coup, je fais du coaching à distance et je lui apprends à respecter les règles entre vie pro et vie perso. Quand je travaille, elle sait qu’elle ne peut pas venir me déranger, donc elle s’occupe en jouant ou en regardant des documentaires sur la planète. J’ai également fait une liste d’enfants sains, notamment mes neveux et nièces, susceptibles de venir la garder en cas de besoin. Il faut apprendre à faire autrement sans s’énerver car on a aucune prise sur la situation ».

« Avec 4 autres familles, nous garderons à tour de rôle 8 à 10 bébés. Ce qui suppose de transférer les lits parapluie à chaque fois. »

Alexis Peschard, président de GAE Conseil et addictologue

Père de 2 enfants (1 et 3 ans)

« A partir de lundi, la crèche des enfants sera donc fermée. Lundi ma femme, associée dans l’entreprise, va s’occuper d’eux. Mardi, c’est mon tour. Et ensuite, on est en train de s’organiser avec 4 autres familles pour faire une sorte de garde alternée. Donc chaque famille gardera à tour de rôle entre 8 et 10 enfants. Ceci suppose beaucoup de logistique et notamment le transfert des lits parapluie.

Côté boulot, quand nous serons de garde, nous ferons comme au temps des grèves : lever à 6h pour bosser jusqu’à 7h30, puis gestion des enfants, travail durant leur sieste (12h-14h30) et le soir après leur coucher. Ce système va nous permettre de poursuivre notre activité et surtout de travailler pour l’avenir de l’entreprise. Pour l’heure, toutes nos interventions prévues dans les sociétés en mars et avril ont été annulées. Nous allons activer le chômage partiel pour nos salariés je pense. Heureusement pour l’instant, les prospects maintiennent les rendez-vous déjà calés ».

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