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Toxic handler, ces employés qui font du bien à l’entreprise

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Elodie Buzaud

27/01/2015

Les entreprises font face à des changements de plus en plus nombreux et de plus en plus brutaux. Un phénomène qui fait émerger l’existence des salariés absorbeurs d’angoisse. Des profils bientôt très prisés, mais attention : prendre soin des autres en entreprise n’est pas sans risques.

Il existe des personnalités capables d’atténuer le stress des autres en entreprise. Des travailleurs à même de rassurer leurs collègues quand la société traverse une crise. Gilles Teneau, chercheur responsable du Centre de recherches en résilience organisationnelle (CIRERO), leur a donné un nom : "toxic handler". « Ce sont des absorbeurs d’angoisse, explique l’auteur d’"Empathie et compassion en entreprise" (Iste Editions, février 2014).

Des profils qui aident l’entreprise à surmonter une crise

« Ils portent la résilience des organisations », ajoute-t-il. La résilience, c’est cette capacité qu’ont certaines personnes à continuer à avancer malgré les perturbations. Un concept qui gagne du terrain en entreprise depuis que celles-ci doivent faire face à la crise économique et au tournant digital. « Depuis 2-3 ans, les sociétés s’intéressent à cette problématique », confie Gilles Teneau. Il intervient dans certaines entreprises pour des séminaires de sensibilisation à la résilience organisationnelle, sur 2 ou 3 jours. Ils servent notamment à repérer les potentiels toxic handler.

Comment reconnaître un toxic handler ? 

« Les toxic handler partagent des caractéristiques bien particulières, précise le spécialiste. L’empathie, l’implication et la stratégie, notamment.» Des indicateurs évalués dans les tests utilisés pour détecter ces absorbeurs d’angoisse, comme le Scoring Résilience Strategie, ou le MIRO,test de mesure des indicateurs de résilience organisationnelle. Mais ces personnes capables de capter le stress n’ont pas tous le même profil.

Les 3 profils de toxic handler

Certains sont très à l’écoute, sympathiques, mais ne se mouillent pas. « Je les appelle les "porteurs de confiance" », précise Gilles Teneau. D’autres vont un peu plus loin. Ils se mettent réellement à la place de leurs collègues et les aident. « Ce sont les "porteurs de souffrance", ajoute le spécialiste, le profil le plus dangereux car ils peuvent aller jusqu’au burn-out tant ils ressentent la souffrance des autres. » Enfin, on distingue les "porteurs de compassion". Au lieu de les détruire, le malheur des autres leur donne la volonté d’avancer. Ils ont une force de caractère énorme et ne renoncent jamais. « C’est de ce troisième profil dont il faut essayer de se rapprocher », estime Gilles Teneau, qui cite en exemple des personnalités comme Soeur Emmanuel, l'Abbé Pierre et Richard Branson, le fondateur de l'empire Virgin. 

Comment se rapprocher du bon profil ?

Pour devenir comme eux, il faut apprendre à gérer ses émotions, pour ne pas se laisser envahir, et se rendre plus disponible pour les autres. Dans ses ateliers de sensibilisation en entreprise, le chercheur utilise des techniques d’optimisation du potentiel (TOP). De la méditation de pleine conscience et un travail sur la respiration, notamment. « Cela permet d’être mieux centré », explique celui qui prépare un livre avec Christophe André, auteur de Je médite jour après jour (éditions Iconoclaste, janvier 2015). Il recommande également les ouvrages du psychologue Jacques Lecomte et de Juliette Tournant, coach de dirigeants et managers, auteur de La stratégie de la bienveillance (Interéditions, septembre 2014), en attendant le lancement de son cours en e-learning sur le sujet.

Avez-vous le potentiel d'un toxic handler ? Faites-le test !

13

commentaires

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Teneau Gilles

24/04/2017

à 15:56

Bonjour à tous
Je suis l'auteur de ce travail sur les toxic handler
pour votre information un ouvrage publié aux éditions odile jacob, sortira dernier trimestre de cette année
bonne lecture à tous

> Répondre

Roland F.

27/10/2016

à 14:16

Bonjour,
Je réagis avec du retard, mais merci pour cet article.
Le lien vers le test mentionné est erroné. Est-il possible de l'actualiser ?
Bien cordialement,

> Répondre

antonio

05/05/2015

à 17:31

le " toxic handler " estt un des éléments de l'amélioration de la résilience au travail, mais pas les seul : voir : Le développement de la résilience au travail : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=528

> Répondre

sylvie zen

05/02/2015

à 12:54

Bonjour,

ça bouge !!! j'aime bien....

Cultiver les remèdes, les techniques ... et choisir des personnes "clés" votre article me fait un énorme plaisir !!

Une question cependant :
Pourquoi ne pas proposer aussi et simultanément des formations aux dirigeants ? Etudier, apprendre tous ensemble pour aller tous dans le même sens... ne serait ce pas plus complet et motivant et intéressant pour tous sans exception... ?

Stress ambiant ? et voilà les "absorbeurs" de stress...
Mais quid de la réduction de la source produisant le stress ?
Rien à faire à ce sujet ?

Pour bien avancer il faut 2 jambes... non ?

> Répondre

stansmooth

05/02/2015

à 12:25

Attention, le toxic handler n'est pas une fonction ni un poste en soi. On ne verra jamais une offre d'emploi "recherche toxic handler".
C'est une caractéristique humaine, une personnalité qui prend du recul sur les événements, les analyses et les interprètent le plus objectivement possible afin d'avancer dans la difficulté avec ses collègues.
Le toxic handler ne pallie pas au "mauvais management", il équilibre la balance.
Je ne pense pas que le toxic handler soit "le pigeon du manager" comme certain peuvent penser mais quelqu'un qui souhaite réellement avancer sur un sujet avec son équipe de la manière la plus saine possible.
En bref, qq un qui se considère comme "dispensable" car non centré à 100% sur sa personne.

> Répondre

mickael_a

03/02/2015

à 10:00

Ce qu'il faut lire en filigranne c'est que constituer un équipe est créer un équilibre entre les forces et les faiblesses de chacun. Il n'est pas tenable d'avoir une équipe que de supers ambitieux, de "toxic" ou de "toxic handler". Mais les rôles évoluent grâce au management (mais pas que !) et à l'intéraction professionnelle et personnelle entre les membres de l'équipe. Les Toxic Handlers sont un atout. D'autres sont toxic, mais quels sont leurs atouts ?

> Répondre

Léa s'exprime

03/02/2015

à 07:38

Bonjour,

j'ai été toute ma vie de salariée dans cette définition. C'est une position très ingrate pour celui qu'il le vit.

Je suis devenue Coach- Formatrice au bout de 17 ans. Importatrice de stress et exportatrice de motivation et de plaisir au travail. Maintenant je suis payée pour ça.

Cette position se révèle lorsque le manager ne tient pas sa place et c'est le salarié qui la joue, sans avoir le salaire. Je ne suis donc pas pour manipuler ce genre de personne, qui font du bien à l'entreprise. Je préconise de les considérer et les promouvoir si leurs compétences opérationnelles sont révélées.
L 'intelligence émotionnelle devrait être une des clés du recrutement des managers. Car oui, les entreprises qui font le choix de regarder le stress de leurs employés et de s'en occuper, d'une manière ou d'une autre, sont les rares entreprises intelligentes qui génèrent de l'envie de travailler ensemble.
Bien à vous

> Répondre

XXF

28/01/2015

à 18:56

Le "Toxic Handler" est un concept américain, paru dans la Harvard Business Review en 1998 si j'ai bonne mémoire.

Pas sûr que ce brillant concept ait un sens quelconque en France.

> Répondre

humanité

28/01/2015

à 16:58

Je partage tout à fait votre réflexion. Cette approche me parait refléter une certaine incapacité à manager en amont afin de mettre en place des structures organisationnelles pouvant servirent d'amortisseurs aux secousses multiples provoquées par une fuite en avant qui nous éloigne d'un sens commun.
Je serais curieux de lire la grille d'évaluation d'un tel procédé !
La porte du grand laboratoire ne risque pas de se refermer de sitôt...

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in giro

28/01/2015

à 16:49

Pourquoi pas virer les toxiques, tout simplement ?

> Répondre

lulu008

28/01/2015

à 16:33

Les gourous on leur nouveau truc à la mode.....Durée du machin "in" du moment ?... N'est- ce pas aux dirigeants, de veiller à l'angoisse des salariés, en leur montrant une lecture claire de l'avenir de la société, de son potentiel, de l'évolution des carrières ? Tout le reste, c'est dépenser du fric pour du pipeau, qui masque mal l'impréparation manageriale.....Et qui ajoute, la confusion sur le but à atteindre ....

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Isabel55555

27/01/2015

à 20:15

Merci Lili tu as tout dit ! maintenant ils cherchent une personne qui avalera toutes les misères du monde, qui sera à la fois psy, à la fois médecin, à la fois tout ! pauvre Toxic Handler à sacrifier sa vie pour des entreprises qui n'en valent pas la peine.

> Répondre

Lili

27/01/2015

à 13:59

Bonjour,

Pour être sure de bien comprendre: pourquoi faudrait il devenir un "Toxic Handler" ?

Je suis bien d'accord: évidemment, le stress existe ; évidemment chaque salarié est plus ou moins susceptible d'y être soumis et y faire face selon les périodes de sa vie - mais si une boite a besoin d'un toxic handler, ne devrait-elle pas s'interroger sur les conditions de travail qu'elle met en place?

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