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Transformation digitale : des salariés défiants, des managers déçus

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Sylvie Laidet

31/10/2019

[Etude] La transformation digitale, c’est comme le Brexit. Avant qu’elle soit enclenchée, tout le monde était hyper enthousiaste. Maintenant que c’est commencé, les collaborateurs ne semblent plus en être vraiment fans et les managers sont de plus en plus nombreux à douter. Le dernier baromètre Julhiet Sterwen/IFOP explore ce désenchantement.

Grâce à la transformation digitale, tout allait devenir plus simple. Le management, l’organisation ou les outils de travail allaient être plus intuitifs, plus collaboratifs. Et puis, les chantiers se sont déployés à plus ou moins grande vitesse dans les boîtes. Aujourd’hui, l’heure des premiers bilans a sonné.

Le digital perçu comme bénéfique pour l'entreprise, moins pour le salarié

Selon le baromètre Julhiet Sterwen / IFOP publié fin octobre 2019, 68 % des salariés perçoivent la transformation digitale comme bénéfique pour leur entreprise. Une majorité donc mais un chiffre en baisse de 6 points par rapport à l’année passée.

 

Le digital a simplifié la vie personnelle du consommateur mais complexifié sa vie professionnelle.

 

Même tendance à la baisse (de 68 à 62 %) sur la perception de l’impact de cette transformation digitale sur eux-mêmes. « En fait, ce désenchantement s’explique par le fait qu’il n’y a pas la même symétrie entre la perception de l’expérience utilisateur et de l’expérience collaborateur au travail. Dans le premier cas, le digital a simplifié la vie personnelle du consommateur. Dans le second, cela a complexifié sa vie professionnelle. Ce décalage génère un certain nombre de déceptions voire de frustrations et de doutes, quant à l’intérêt du digital en entreprise », constate Julien Lever, directeur général adjoint du cabinet Julhiet Sterwen.

 

Des managers perdus

Les managers semblent eux plus prompts à reconnaître les bienfaits de cette transformation digitale. « Ils sont par exemple plus nombreux à penser qu’elle permet de s’organiser plus librement et de mieux équilibrer vie professionnelle et vie personnelle », souligne les résultats de ce baromètre.

 

La transformation digitale entretient le mythe du « manager coach » sans donner les bons outils.

 

Mais les managers semblent aussi plus circonspects sur l’apport du digital dans leur mission de management. Notamment concernant deux promesses :

 

  • Hiérarchie plate ?

Les gourous et autres docteurs es-transformation digitale leur avaient vendu un aplanissement des lignes hiérarchiques. C’est un mythe ! « Le digital a au contraire rajouté des couches de management », observe Julien Lever.

 

  • Manager « coach » ?

On leur avait également vendu un changement de posture imminent. Du management vertical au management horizontal soit du « command & control » au « manager coach ». Et c’est vrai que 62,5% des managers déclarent que le digital favorise une posture s’approchant davantage de celle de « coach d’équipe ». Mais concrètement au quotidien, 20% de ceux qui pensent devoir devenir des « managers coach » expliquent ne pas savoir ce que cela signifie. Soit 5% de plus en un an.

 

En 2019, 45 % des managers ont le sentiment d’avoir moins d’impact sur leur équipe. Ils n'étaient que 38 % l'an passé.

 

Donc plus le temps passe plus le message se brouille. Ainsi près d’un manager sur deux (45% en 2019 contre 38% en 2018) a le sentiment d’avoir moins d’impact et d’influence sur ses collaborateurs dans son rôle de supervision et d’animation d’équipe. « Le digital les pousse à sortir du management vertical sans pour autant leur donner les clés du management horizontal », conclut Julien Lever. Les « digital evangelists » gagneraient peut-être à clarifier leur discours et à réellement équiper le quotidien des managers.

 

* 4e édition du Baromètre Digital Workplace menée par l’institut Ifop pour Julhiet Sterwen, dans des entreprises de 500 salariés et plus (ETI et grandes entreprises) sur un panel de 1008 collaborateurs et 680 managers.

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