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Transition écologique : comment repérer un employeur vraiment écolo ?

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Elodie Buzaud

06/11/2019

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S’ils changeaient de job, 78 % des cadres choisiraient un employeur éco-responsable, selon notre dernier sondage*. Bonne nouvelle : les initiatives anti-greenwashing se proposent de les aider à en repérer. Ce matin, les membres du Manifeste étudiant pour un réveil écologique ont publié les résultats d’une enquête pour identifier les employeurs qui prennent réellement en compte les enjeux environnementaux. Il y a quelques mois, la WebTV Earthy publiait une liste de 262 entreprises pour trouver un emploi qui a du sens. Pourquoi ? Quels sont leurs critères ? La rédaction de Cadremploi a interviewé un membre du collectif, un cofondateur d’Earthy, la directrice générale d’EpE et un philosophe spécialiste de l’écologie.

 

 « A quoi cela rime-t-il de se déplacer à vélo, quand on travaille pour une entreprise dont l’activité contribue à l’accélération du changement climatique ou de l’épuisement des ressources ? » C’est la question un brin provoc que posaient les auteurs du Manifeste étudiant pour un réveil écologique lors de la parution de ce texte en septembre 2018. Un an plus tard, il a été signé par 31 000 étudiants et jeunes diplômés français, bien décidés à ne pas aller travailler dans des entreprises en désaccord avec leurs convictions écologiques.

Des dizaines d’entreprises passées au crible

Thomas Szygula Pour les aider à évaluer les employeurs, le collectif Pour un réveil écologique a posé les questions qui fâchent aux intéressés. « Sur leurs émissions de CO2 et de gaz à effet de serre, leur impact sur la biodiversité, la prise en compte du risque environnemental dans la stratégie financière, etc. », détaille Thomas Szygula, coordinateur du collectif. Plusieurs dizaines d’entreprises ont été sollicitées, surtout des grands groupes et des membres du CAC 40. Leurs réponses sont publiées sur le site du collectif depuis ce matin.

 

262 entreprises écologiques françaises pour trouver un emploi qui a du sens

laurent EskenaziLa démarche fait écho à une autre initiative récente. La web-tv Earthy donne la parole aux « entrepreneurs qui innovent pour la planète ». Ses fondateurs ont publié une liste de 262 entreprises écologiques françaises pour trouver un emploi qui a du sens. Parmi elles : des grands groupes en transition, comme la RATP, la SNCF, Schneider Electric… mais surtout, des organismes engagés, voire alternatifs comme WWF, Alternatiba, Zéro Waste France… Des organismes et entreprises que 78 % des cadres se disent prêts à intégrer, au vu de la situation actuelle, selon notre récente étude sur "Les cadres et l'écologie".

Notre système est en train de ruiner l’habitabilité de la Terre.

 

Dominique Bourg-UE« Nous sommes arrivés à un point de bascule, considère Dominique Bourg, philosophe spécialiste du développement durable et auteur de La pensée écologique (Puf). Une part croissante de la population sait que la manière dont nous menons nos activités est mortelle et que notre système est en train de ruiner l’habitabilité de la Terre. Les personnes se sentent en porte-à-faux avec tout ce qui les entoure, savent qu’elles ne pourront pas y arriver seules et cherchent des alternatives. »

 

De la quête de l’employeur écolo à l’engagement militant

Alors comment agir ? Pour les uns, il s’agira de s’orienter vers une entreprise résolument "écolo" : « une entreprise dont l’activité, les produits ou les services ne sont pas susceptibles d’utiliser des ressources non renouvelables, des hydrocarbures, du CO2 et d’avoir un impact sur la biodiversité », selon Laurent Eskenazi, cofondateur d’Earthy.

Claire_TutenuitD’autres rejoindront les entreprises leaders de la transition écologiques, « comme celles dont les engagements et la stratégie sont en phase avec l’Accord de Paris listées par le Science Based Target », cite Claire Tutenuit, déléguée générale de l’association Entreprises pour l’Environnement (EpE).

D’autres encore, contribueront à accélérer la transition dans les sociétés qui commencent à s’adapter à la situation.

Certains, enfin, les plus courageux peut-être, chercheront à faire bouger les choses de l’intérieur dans les entreprises qui n’ont pas encore entamé leur mue écologique.

 

10 critères pour reconnaître un employeur écolo

Voici en résumé les critères relevés lors de notre enquête :

  1. Ne nie pas l'urgence climatique et revoit sa stratégie en conséquence (exit les climatoseptiques et dissimulateurs de type ExxonMobil ou Monsanto.)
  2. A des émissions de CO2 et de gaz à effet de serre au mieux faibles et au moins en baisse (à retrouver dans le document de performance extra-financière/rapport RSE de l’entreprise, sur le moteur de recherche de l’Ademe ou dans la liste du Carbone Disclosure Project)
  3. Le directeur développement durable siège au comité de direction.
  4. Evite de nuire à la biodiversité, au pire il compense (par exemple dans la construction)
  5. Fait partie d’associations engagées pour la transition écologique (EpE, par exemple dont la cotisation varie entre 8 000 et 45 000 €/an).
  6. A pris des engagements (French Business Climate Pledge, AFEP , Act 4 Nature, etc.)
  7. A obtenu des labels, prix… (B-corp, EnVol, etc.)
  8. Est en accord avec l’Accord de Paris (listées par le Science Based Target)
  9. Prend en compte la problématique écologique dans sa stratégie financière (voir le classement réalisé par Eco Act, mise en place d’une comptabilité durable).
  10. Adopte un management bienveillant « pas autoritaire, et de moins en moins hiérarchique », selon Dominique Bourg.
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