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A quoi servent vraiment les chatbots sur les sites emploi ?

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Céline Husétowski

11/01/2019

Ils vous trouvent des offres d’emploi, ils vous conseillent ou vous testent… Les chatbots gagnent du terrain lors de la première prise de contact. Et 39 % des recruteurs se disent tentés de les utiliser. Mais sont-ils utiles aux candidats ? Décryptage de leur fonctionnement avec deux experts.

24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, Sam (Mazars), Mya (L’Oréal), Randy (Randstad) ou encore Aloha (Adecco) répondent aux questions des candidats en ligne. Selon un récent sondage du cabinet Robert Walters*, seuls 14 % des recruteurs déclarent utiliser des outils de sourcing faisant appel à l’intelligence artificielle, mais 39 % souhaiteraient pouvoir le faire.

Le chatbot qui vous trouve une offre d’emploi

C’est le niveau 1 du chatbot : le matching. Cette intelligence artificielle trouve, parmi les offres disponibles, une offre qui correspond à votre métier ou votre CV. Elle peut aussi parfois vous donner des informations supplémentaires sur l’entreprise ou des conseils, mais la relation s’arrête là. Les discussions sont simples et pour que le chatbot vous comprenne, il vous faut utiliser des mots basiques. 

C’est le cas par exemple du chatbot d’Adecco prénommé Aloha, accessible via Facebook, qui fait correspondre les offres de l’entreprise et votre demande. Pour l'instant, il y a encore peu d'offres pour les cadres.

« Les entreprises qui utilisent cette fonctionnalité de matching recrutent généralement pour de gros volumes de poste, ce qui explique que les cadres soient moins concernés, » explique François Geuze, expert en ressources humaines et directeur scientifique chez Fiabilis consulting. Selon lui, les cadres n’apprécient pas forcément de passer par un chatbot. « Ils préfèrent le contact humain pour des postes à responsabilités, explique l'expert, car ils ont aussi besoin de se sentir importants. »

L’avantage principal de ce type de chatbot est qu’il est disponible nuit et jour. L’inconvénient : il vous relancera jusqu'à ce que vous mettiez la conversation en sourdine. 

Si, jusqu’à présent, les cadres ont peu de raison de s’en servir, leur utilisation pourrait se généraliser. « Les candidats ont l’impression qu’on leur accorde du temps, contrairement à un recruteur qui ne regardera pas les CV », explique François Geuze. Mais les recruteurs devront être prudents avant d’intégrer un chatbot dans leurs pratiques. Selon le sondage du cabinet Robert Walters sur la place de l’innovation dans le recrutement*, 62 % des candidats trouvent que l’intelligence artificielle déshumanise les rapports humains contre 44 % des recruteurs.

Le chatbot qui vous teste

En plus de faire du matching certains chatbots font passer des tests de pré-recrutement aux candidats. On les appelle les chatbots décisionnels car ils sont capables de prendre des décisions. En machine learning ou en auto apprentissage en Français, ce type de chatbot apprend et s'améliore grâce aux échanges avec les candidats.

C’est le cas de Randy, le chatbot de Randstad, désigné chatbot de l’année au grand prix Social media 2018. Le principe : une fois que vous avez trouvé une offre, Randy vous fait passer un test de pré-sélection avant de vous mettre en relation avec un chargé de recrutement en chair et en os.  Mya, le chatbot de L’Oréal, pousse un peu plus loin le processus de décision : en plus de pré-sélectionner les candidats, elle leur pose des questions factuelles afin de déterminer si leur profil correspond aux attentes du poste. Une chance pour le candidat ?

>> Lire aussi :  Vera, le robot recruteur... licencié par ses employeurs

Selon François Geuze, « le chatbot est plus neutre qu’un recruteur lors de tests. Et puis un chatbot ne peut pas valider les tests d’un humain sans un recruteur », insiste-t-il. Donc pas de crainte à avoir ?

Michel Barabel, professeur à Sciences Po Paris et directeur des éditions au Lab RH, se veut rassurant dans certaines limites : « si le chatbot ne reste qu’un outil et permet de donner plus d’informations à un recruteur, son processus de décision sera moins biaisé. Car les technologies ne doivent pas remplacer un recruteur mais plutôt lui permettre de réinvestir le temps gagné sur des échanges humains », insiste-t-il.

Mais là aussi il faudra du temps au candidat pour accepter qu'un robot juge ses compétences. Selon l’étude Robert Walters*, 39 % des candidats ont la sensation que l’intelligence artificielle ne leur permet pas de montrer pleinement leurs compétences alors que seulement 22 % des recruteurs partagent cet avis.

Le chatbot qui prend des rendez-vous

Dans le futur, le chatbot pourrait être aussi utilisé comme assistant. Par exemple, le chatbot Google Duplex (en cours de déploiement), qui parle en langage naturel, pourrait appeler le candidat pour caler un entretien de recrutement à la place des RH et même répondre aux questions du candidat.

>> Vidéo : des internautes imaginent déjà les dérives de Google Duplex

 

Le recrutement du futur

A l’avenir, l’intelligence artificielle pourrait s’incruster encore davantage dans le processus de recrutement.  « Le chatbot sera surtout un agrégateur. Il analysera les CV et les réseaux sociaux pour proposer des postes aux cadres », prédit François Geuze. Et l’entretien traditionnel en face à face pourrait laisser place à un entretien piloté par un algorithme : « On utilisera des casques de réalité virtuelle pour immerger un candidat, ou des simulations pour tester ses compétences », avance Michel Barabel.

* Recrutement et intégration des talents : quelle place pour l’innovation ? Livre blanc Robert Walters, enquête menée en France auprès de 1128 candidats et 154 entreprises en septembre et octobre 2018, accompagnée de 8 cas pratiques autour de technologies testées dans le monde par le Lab Innovation du groupe Robert Walters.

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