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Une équipe sans leader serait plus performante

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Ingrid Falquy

30/01/2015

Une équipe a-t-elle vraiment besoin d’un chef ? Pas si sûr, révèlent deux récentes études qui démontrent que les équipes sans leader se débrouillent aussi bien, à condition que trois ingrédients soient réunis.

Qu’est-ce qui rend une équipe performante ?

- Le partage de la parole
- l’empathie des membres de l’équipe
- la présence féminine.

C’est ce que révèlent deux études, l’une du MIT de 2010 et l’autre publiée en décembre dernier sur Plos One (une revue scientifique américaine gratuite online). Les chercheurs ont demandé à des groupes de travail de réaliser des exercices, certains en ligne et d’autres en face-à-face, et ont comparé leurs résultats.

Quand une ou deux personnes ont pris les commandes – comme c’est souvent le cas lors de réunions par exemple –, les résultats étaient moins bons que lorsque chacun des participants était libre de participer. Plus la parole était partagée, meilleurs étaient les résultats. Une bonne leçon pour les managers trop directifs.

Autre enseignement, chacun des membres de ces équipes performantes n’était ni doté d’un QI plus élevé, ni particulièrement extraverti, ni surmotivé... mais ils étaient tout simplement plus empathiques. Cette qualité qui consiste à savoir se mettre mentalement à la place de l’autre (donc de mieux comprendre les choses du point de vue de son interlocuteur) est mesurée par un test couramment utilisé en psychologie et baptisé Reading the Mind in The Eyes (RMET), qui consiste à décoder les émotions et les intentions d’autrui uniquement via le regard.

Quant au dernier ingrédient indispensable au fonctionnement sans chef, à savoir la présence de davantage de femmes que d’hommes dans le groupe, l’étude ne l’explique pas. Néanmoins, en référence à d’autres travaux, il se trouve qu’une plus grande proportion de femmes se révèle naturellement plus empathique que les hommes. L’intelligence collective ainsi produite n’en serait que plus propice aux échanges.

Selon une autre étude parue ce mois-ci, atténuer le stress permettrait de faire grimper l’empathie chez les hommes comme chez les femmes. Une piste à explorer.

Certaines PME françaises ont déjà compris que la communication est importante, et surperforment depuis qu’elles ont mis en place une organisation plus collaborative. C’est le cas de Chronoflex et de Buronomic.

 

« L’entreprise a été libérée de son patron »

L’entreprise libérée. C’est le nom du mouvement que l’entreprise Chronoflex rejoint en janvier 2012, alors que la crise a fait des ravages sur son chiffre d’affaires. Libérée de quoi ? De son patron, d’abord. Alexandre Gérard devient "coach-dirigeant" et la hiérarchie est modifiée. Il doit alors mener un véritable travail sur lui pour « apprendre à être sensible à l’autre, à ses réactions ».

« On est désormais sur un système de pyramide écrasée et renversée : les gens les plus importants sont ceux qui créent de la valeur. Les décisions sont prises de manière collégiale. Chacun amène ses idées, avec son regard, sa compétence, son expérience » explique-t-il. Patron et employés ont donc appris à développer leur empathie et à s’écouter les uns les autres. Alexandre Gérard affirme que les employés partagent sincèrement les valeurs de l’entreprise, dont la première est la performance par le bonheur, et que c’est ce qui fait la différence. On pourrait croire qu’il ne s’agit là que de grands discours, mais la formule a fait ses preuves : en 2013, le chiffre d’affaires de l’entreprise a augmenté de 15 % et l’absentéisme est en chute libre.

 

« La considération est le moteur de la réussite »

Pascal Legros n’est pas un manager mais un "guide". Il donne les grandes orientations de l’entreprise qu’il dirige, Buronomic, auxquelles viennent se greffer les idées de ses collaborateurs. Pour lui, « il y a plus de bonnes idées quand plusieurs cerveaux bouillonnent ensemble que lorsqu’un seul pilote ».

Arrivé en 2012 dans une entreprise qui perd de l’argent et dont le personnel est divisé, il décide de bousculer la façon de travailler. Tous les collaborateurs sont invités à participer à l’organisation d’un séminaire. Ils définissent alors les sept valeurs de l’entreprise, qu’ils transposent en chanson. « Celle-ci devient un étendard ». Depuis, des groupes de réflexion ont été mis en place pour prendre les décisions importantes. « Chacun a la liberté de s’exprimer et se sent reconnu. Quand des remarques ne sont pas directement prises en compte, on explique toujours pourquoi », explique Pascal Legros.

Les collaborateurs se sentent plus impliqués. Pascal Legros a vu naître une responsabilité individuelle et collective. Du coup, l’entreprise fonctionne mieux : l’absentéisme a baissé et l’entreprise est redevenue bénéficiaire. « La considération des collaborateurs et collaboratrices est le moteur majeur dans la réussite d’un projet et on a tendance à l’oublier » conclue-t-il.

>> A lire aussi: le dossier "Comment améliorer efficacement son leadership en 2015

15

commentaires

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steven

18/02/2015

à 14:39

expérience personnelle :

j'ai travaillé 5 ans sans chef

suite au changement de direction, il en a été nommé un

maintenant on croule sous les procédures et forcément le travail prend du retard et l'ambiance se dégrade

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Henry

03/02/2015

à 17:59

Une équipe a-t-elle vraiment besoin d’un chef ?
Oui et non.
Pour un même résultat - la satisfaction du client - l'orchestre symphonique a besoin d'un chef d'orchestre alors que l'orchestre de jazz, non.
Pourtant ce sont les mêmes professionnels qui jouent des mêmes instruments pour un public mélomane.
Y a-t-il un phénomène de taille critique ?

On connait la puissance des équipes autonomes et leur capacité de réactivité.
On commence à mesurer l'incidence de l'intelligence collective dans les résultats opérationnels et financiers.
On découvre qu'une présence féminine est génératrice d'apaisement et de pragmatisme.

Mais n'oublions pas qu'à l'instant critique, il n'y en a qu'un qui peut - et doit - décider, c'est le chef.

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Frédéric

03/02/2015

à 09:36

Je suis un peu surpris. Pour moi, c'est le propre du leadership qui est exposé. Il y a toujours un pilote dans l'avion, même s'il est automatique!

Il me semble qu'ici on oppose le manager de l'époque de Taylor au leader qui s'adapte à une société qui a évolué. Pour aller plus, je prétends qu'il faut des deux.

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Lubenice

03/02/2015

à 09:10

C'est une methode qui marche tres bien surtout quand tout va tres bien,et que l'entreperise a un taux de marge confortable et que la rapidite avec laquelle la decision est mise en place n'est pas determinante,et que la culture de l'entreprise s'y prete.Mais quand il faut prendre des decsions qui impactent l'avenir des acteurs ,a commencer par celles qui peuvent aller au dela de la duree actuelle d'un contrat de travail,quand il faut parler augmentations individuelles,quand la concurence propose des postes mieux remuneres plus interressants ,quand il faut parler plan social,quand les solutions proposees sont multiples.......La principale qualite d'un manager c'est de mettre en place l'organisation la plus perenne,et quand ça marche bien tout seul ,generalement il ne s'y oppose pas

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olivier

03/02/2015

à 08:49

Le passage du mode pyramidal en mode projet sert seulement les interets financiers des multinationales et à rendre plus facile la vie des DRH qui peuvent ainsi virer plus facilement. Le contre pouvoir n'existe plus au sein de l'entreprise (c'étaient les directeurs "lourds" et les syndicats). Il permet à l'entreprise de flexibiliser ses besoins en personnel à outrance et de se débarasser de tout leader qui serait à meme de déplacer vers les employés, le pouvoir des financiers qui en fait dirigent les boites. Naivement, les générations Y et Z croient avoir inventé un monde nouveau sans chefs, sans contraintes, sans exigence, le bizounours world.... qui n'est qu'une utopie. Elles ne voient le chef que comme une contrainte alors que depuis les débuts de l'humanité, le chef est celui qui protège et qui rassemble. Ce genre d'article idéaliste est tout à fait adapté pour de jeunes pigeons naifs qui vont très rapidement se rendre compte que leur petit monde idéal (sans chef) n'est pas si idéal que ça....et d'aillleurs n'existe pas....!!
mais à part ça, repasse moi un peu de tarte à la myrtille....

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Chris

03/02/2015

à 08:43

Il faut à la fin quelqu'un pour décider mais la réflexion collégiale et le sentiment qu'a le groupe de participer aux décisions est bien plus impliquant.
Pas besoin d'un leader hyperprésent sur tous les fronts mais plutôt d'un guide qui sait déléguer et contrôler et ne se contente pas de tirer les marrons du feu vis à vis de sa propre hiérarchie ou de ses actionnaires.
Quant à ceux qui croient encore au mâle dominant, ils ne voient pas que les plus créatifs et autonomes fuient ce genre de leadership.

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serpentaire48

03/02/2015

à 01:31

Ne pas confondre Leadeur et dictateur...Partout il y a besoin d'un doigt intelligent et réfléchi pour montrer le chemin... Il se doit d'écouter ses collègues et ,ensemble décider.de façon collégiale ; c'est la meilleure façon d'avancer... Se buter ou s'opposer n'avance à rien, sauf à créer des malaises, ce qui ne fera jamais progresser une entreprise... Pour ma part, j'ai essayé de le faire, pas toujours réussi... Mais quand on me dit : Qu'est ce qu'on était bien avec vous"... 9a fait vraiment plaisir...0
(18 personnes et 50 en turn-over)...

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GASPARD

02/02/2015

à 11:38

Je crois plutôt que ce sont les excès ds les 2 sens qui sont contre-productifs.
Trop de consignes tuent la créativité, mais pas de contraintes du tout tue la responsabilité
une équipe empathique peut être vraiment plus performante si on y rajoute une condition, à savoir que toute l'empathie se dirige ds le bon sens. Si elle est au service d'un quelconque
intérêt,contraire à l'éthique, ou au service de l'intérêt d'un petit groupe interne, elle ne permettra aucune performance. Phénomème d'entraînement du collectif.
pas de leader, j'approuve : super pour libérer les énergies mais avec possibilité d'en référer à des instances responsables dotées de discernement et de raison proportionnée
en cas de dérapages.
Pour éviter les ragots ou faux problèmes, références éventuelles gérées épisodiquement sous formes anonymes. Chacun a déjà vu des équipes entières se diriger vers des cataclysmes sans que personne ne réagisse

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RIGOLO876

02/02/2015

à 07:48

C'est une corrélation, non ?
Cela pourrait être le lien de causalité inverse que celui que vous supposez, à savoir que la réussite crée l'empathie, la prise de parole et le plus grand nombre de femmes.

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Fredzo

02/02/2015

à 00:51

C'est pourtant bien au Leader de réunir ces 3 conditions (au moins) - sans lui, c'est encore pire a moins que vous ne fassiez référence qu'a des leaders médiocres ou nuls! La, oui... mais bon, autant commencer avec une bonne référence, autrement toutes les formules sont bonnes!

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JMP

01/02/2015

à 19:19

A mediter ...

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Pragmatix

01/02/2015

à 19:17

La structure horizontale est une chimère. Si aucun leader n'est officiellement désigné, le groupe reconnaitra et suivra néanmoins très vite le leader naturel qui s'imposera indubitablement. Il y a un mâle dominant dans chaque groupe, ce n'est pas que cela soit bien ou pas bien, c'est juste ainsi.

Donc une équipe sans chef n'existe tout bonnement pas.

Quant aux résultats, cela dépend de l'équipe. Si tout le monde va dans le même sens, on peut fort bien se passer de chef "officiel". S'il y a divergence, alors le travail commun est impossible, jusqu'à ce que le l'avis du chef naturel s'impose.

Bref, beaucoup de rêveries là-dedans. C'est beau, mais ce n'est pas le reflet de la réalité.

> Répondre

Marguerite

01/02/2015

à 18:34

Article intéressant dont les conclusions recoupent mon expérience récente.
J'ai vu les performances d'une équipe de consultants,initialement sans responsable hiérarchique, où les différents membres s'entraidaient spontanément, se dégrader dès l'arrivée d'un chef, il est vrai essentiellement préoccupé par la production d'indicateurs de productivité flatteurs pour lui.
Ses directives vinrent très rapidement à bout de la bonne volonté des consultants qui ne firent plus que le minimum syndical.

> Répondre

04121978

01/02/2015

à 16:09

Ce qui est sûr c est que le poste de manager ne s'enseigne pas à l école mais plutôt en entreprise. Tout me monde n'est pas naît pour être manager mais si on en a réellement l envie et bien ça peut fonctionner!

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Alain Privat

01/02/2015

à 11:37

Impossible de généraliser à "une équipe" ce qui a été étudié au niveau d'un "groupe de travail"!
Ayant dirigé des équipes pendant 40 ans , et en même temps participé à beaucoup de groupes de travail, je puis témoigner qu'une équipe sans leader ne va nulle part, alors qu'un groupe de travail réuni pour résoudre un problème précis, ou une série de problèmes, se débrouilles très bien sans chef. Dans une équipe, le leader consulte, mais détermine les objectifs, et décide, là encore après consultation, des meilleurs moyens de les atteindre....

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