Une partie de jeux vidéo pour améliorer sa prise de décision

Publié le 23 mars 2016 Quentin Velluet

Des chercheurs de la Cass Business School de Londres ont récemment démontré que jouer à des jeux vidéo favorise la prise de bonnes décisions.
Une partie de jeux vidéo pour améliorer sa prise de décision

Une petite partie ? Allez, c’est pour ta carrière. C’est officiel, s’adonner aux jeux vidéo n’a plus rien d’un mauvais passe-temps. Les chercheurs de la Cass Business School de Londres viennent de démontrer qu’un jeu vidéo pouvait améliorer notre prise de décision. L’équipe d’Irene Scopelliti, professeure de marketing à l’origine de l’étude, a testé deux formations dédiées à la prise de décision sur plusieurs centaines de volontaires : les uns ont regardé une vidéo pédagogique destinée à les sensibiliser sur le sujet de l’impartialité. Les autres ont joué à un jeu vidéo immersif développé par les chercheurs, où le joueur est mis dans la peau d’un héros, chargé de retrouver et disculper une voisine accusée à tort d’activités criminelles en testant des hypothèses ou en évaluant le comportement d’un personnage. À la fin de chaque niveau, les joueurs reçoivent des conseils et recommandations en fonction de leur score sur ce qui a influencé ou faussé leurs décisions.

Les cobayes ayant joué au jeu vidéo ont immédiatement amélioré de près de 32 % leur capacité générale de prise de décisions. L’autre groupe, qui a visionné la vidéo, a lui aussi progressé, mais de seulement 18 %. Surtout, l’effet du jeu vidéo a marqué positivement la prise de décision sur le long terme. « Après deux ou trois mois, les manifestations de partialité restent inférieures à la normale de plus de 23 % », indique Irene Scopelliti dans son étude.

Banaliser les serious game

Par sa dimension ludique et participative, et grâce aux retours personnalisés à la fin de chaque niveau, le jeu vidéo réussit donc à toucher le décisionnaire plutôt que de seulement influencer ses décisions. De quoi inciter les salariés à se former davantage par le biais de serious game.

Renault l’a bien compris et a fait appel en 2014 à la société Daesign Serious Game pour la mise en place de deux serious game. Le premier, "Renault : Ultimate Sales Manager" [vidéos] met le joueur dans la peau d’un concessionnaire en balayant les différentes facettes de la gestion d’un établissement. Le deuxième, "Renault Challenge : conduire un entretien de vente", forme aux différentes techniques de vente [vidéo]. Plus rapide à mettre en place et plus simple à adapter, le constructeur automobile en a profité pour le décliner en 20 langues différentes. "Renault Challenge : conduire en entretien de vente" lui a ainsi permis d’envisager la formation de 15 000 collaborateurs dans 40 pays différents.

De manière générale, les études sur les dangers des jeux vidéo font progressivement place à de nouvelles qui les contredisent. Parmi elles, celle publiée en 2010 par l’université de Rochester a par exemple montré que les jeux vidéo augmentaient de 25 % la capacité d’analyse et la rapidité dans la prise de décision.

Quentin Velluet
Quentin Velluet

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