Votre profil Facebook vous empêche-t-il de décrocher un entretien d’embauche ?

Publié le 07 novembre 2014 Elodie Buzaud

Même si certains s’en défendent, les recruteurs regardent bel et bien les profils Facebook des candidats avant de leur proposer un entretien d’embauche. Une étude, réalisée en France, le démontre.

En 2010, les recruteurs ont promis de ne pas regarder les profils Facebook des candidats. Le Medef, tout comme l’Association nationale des DRH et le Syntec Recrutement ont même signé une charte pour prouver leur bonne foi : la charte réseaux sociaux, internet, vie privée et recrutement. Quatre ans plus tard, force est de constater que toutes les entreprises  ne respectent pas ce vœu pieux. Les infos trouvées sur les profils des candidats semblent bien avoir un effet sur le recrutement. C’est le constat des chercheurs de l’université Paris-Sud Nicolas Soulié, Matthieu Manant et Serge Pajak.

Cachez ce profil que je ne saurais voir !

Dans le cadre d’un projet d’étude financé par l’Agence nationale de la recherche, ils ont envoyé 837 candidatures (fictives), en réponse à des offres d’emploi pour des postes de comptable en région parisienne. Les CV et lettres de motivation étaient quasi-identiques (bac +3, trois expériences de stage, permis de conduire, logement dans le 15ᵉ arrondissement de Paris), bien qu’adaptés à l’entreprise. Les seules différences entre les candidats résidaient dans leurs profils Facebook, fictifs eux aussi, créés par les chercheurs. Ils avaient les mêmes photos, mais l’origine et la langue pratiquée changeaient. Or ils n’ont pas eu les mêmes réponses de la part des recruteurs. Croyant le fictif Stéphane Marcueil né à Marrakech et parlant arabe, comme l’indiquait son profil mais pas son CV ni sa lettre de motivation, ils ont été moins nombreux à lui proposer un entretien d’embauche comparé à  Thomas Marvaux, candidat, lui aussi fictif, mais dont le profil Facebook lui faisait voir le jour à Brive-la-Gaillarde et maîtriser l’italien. 

Une augmentation des faux profils Facebook

Cette étude prouve non seulement, que les recruteurs regardent les profils Facebook des candidats - et s’en servent pour en discriminer certains - mais qu’en plus, ils croient dur comme fer à ce qu’ils y trouvent. Cela nous rappelle qu’il faut être vigilant quand on publie sur Facebook. Si écrire que vous êtes originaire Tombouctou vous fait rire, le recruteur lui, le prendra pour argent comptant et ne vous invitera peut-être pas en entretien de recrutement.  Il faut aussi être attentif aux profils homonymes. Soit, parce que quelqu’un porte les mêmes nom et prénom que vous, soit, parce qu’une personne mal intentionnée a concocté un faux profil en usurpant votre identité. Une tendance qui se développe, à croire la Commission nationale de l’informatique et des libertés qui en profite pour expliquer comment s’en prémunir.

Elodie Buzaud
Elodie Buzaud

Le travail et l’écologie sont mes thématiques de prédilection. En tant que journaliste indépendante, je cherche notamment à répondre aux questions que posent ces deux sujets pour mieux comprendre comment le travail, et les travailleurs, peuvent contribuer à la transition écologique.

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