Élections municipales 2020 : quels postes de cadres à saisir dans les mairies ?

Publié le 28 juin 2020 Sylvie Laidet

Le second tour des élections municipales vient de se terminer et l'on connaît le nom de l’ensemble des maires. Pour faire tourner ces 35 000 communes de France, il y a bien sûr des fonctionnaires. Mais aussi des milliers de contractuels notamment sur des fonctions de direction et d’encadrement. Et les élections donnent toujours lieu aux recrutements de cadres issus du privé. Si la fonction publique territoriale vous attire, c’est le moment de vous mettre sur les rangs. Explications de Hugues Anselin, chasseur de tête spécialiste de la fonction publique.
Élections municipales 2020 : quels postes de cadres à saisir dans les mairies ?
  1. Toujours de nombreuses embauches de contractuels suite aux élections municipales
  2. Des cadres du privé pour des postes de directeur de cabinet
  3. Des cadres du privé pour des postes de direction générale
  4. Des acheteurs et des DSI municipaux en provenance du secteur privé
  5. Rémunération en mairie : des passerelles confortables du privé au public

Toujours de nombreuses embauches de contractuels suite aux élections municipales

« Qu’il y ait alternance politique ou pas, les élections municipales créent toujours un appel d’air dans les recrutements de contractuels au sein des mairies, confirme Hugues Anselin, directeur général du cabinet de chasse de têtes Fursac Anselin. La mobilité est traditionnellement forte dans la fonction publique territoriale », Contrairement à la fonction publique d’État, il n’y a pas de gestion de corps à prendre en compte (à part pour les administrateurs territoriaux qui gèrent eux-mêmes leur mobilité). Tous les 6 ans, les fonctionnaires mais aussi les contractuels bougent, on parle même de tour de France. « On assiste également à un phénomène générationnel. Dans les municipalités aujourd’hui, beaucoup de personnels passent la main. Lesquels seront remplacés par des fonctionnaires ou des contractuels, c’est selon », ajoute-t-il.

 

Des cadres du privé pour des postes de directeur de cabinet

En cas de changement de couleur politique, le nouveau maire débarque évidemment avec sa garde rapprochée pour assurer les fonctions de son cabinet. En général, pour cela il retient des personnes qui se sont engagées politiquement et localement à ses côtés. « Récemment, j’ai chassé un commercial qui avait occupé plusieurs postes dans un grand groupe industriel pour devenir directeur de cabinet d’une ville de plus de 100 000 habitants », illustre Hugues Anselin.

 

Des cadres du privé pour des postes de direction générale

Si vous vous sentez une fibre pour l’emploi public, vous pouvez également viser un poste de directeur général des services (DGS). Pour faire court, disons que c’est elle ou lui, qui assure la bonne marche de la mairie. Dans les services, tout passe par ce responsable. Il donne l’impulsion et le go (ou no go) final. Garant de la bonne et saine gestion des deniers publics, le DGS travaille dans l’ombre. Et laisse la lumière aux élus. A ses côtés, au niveau technique, le DGST pour directeur général des services techniques. A lui ou elle le management de la partie travaux, urbanisme, voierie, espaces verts, etc. « La part des cadres du privé sur ces postes-là est très minoritaire mais cela arrive. Pour un DGST, un ingénieur, un chef d’agence de travaux publics ou encore un architecte sont des profils intéressants pour les municipalités », précise Hugues Anselin.

 

Des acheteurs et des DSI municipaux en provenance du secteur privé

Outre les jobs de dir’ cab, DGS et DGST, les municipalités chassent également des acheteurs et des directeurs des systèmes d’informations dans le privé. « Les municipalités ont besoin de rationaliser leurs dépenses et le métier d’acheteur ne fait traditionnellement pas partie du scope des fonctionnaires. Donc nous chassons de bons acheteurs dans le secteur industriel, la grande distribution…et nous validons le fait qu’ils puissent performer dans le cadre des marchés publics », illustre cet expert de l’emploi public. Sur les postes en systèmes d’informations, les municipalités recherchent activement des ingénieurs réseaux, des ingénieurs sécurité, des architectes réseaux, etc. Des compétences encore peu développées dans l’emploi public, donc des postes ouverts aux candidats du privé. Car dans les mairies, et peut-être plus qu’ailleurs, il y a urgence à monter dans le train de la digitalisation et de la dématérialisation.

Quand elles trouvent le bon candidat, les collectivités s’adaptent à ses prétentions salariales.
Hugues Anselin, directeur général du cabinet de chasse de têtes Fursac Anselin

Rémunération en mairie : des passerelles confortables du privé au public

En tant que contractuel, vous serez embauché en CDD de 3 ans, renouvelable une fois. Mais beaucoup plus dans les faits. Donc cette « précarité » de l’emploi qui pourrait être un frein pour les candidats du privé, ne l’est pas vraiment. D’autant qu’au niveau salarial, vous retrouverez sans doute votre rémunération. « C’est un marché de candidats notamment favorable aux profils de 40-50 ans. Quand elles trouvent le bon candidat, les collectivités s’adaptent aux prétentions salariales des candidats », constate Hugues Anselin.

 

Seul bémol peut-être pour les candidats ultra capés et seniors. « A 55 ans, un polytechnicien cadre supérieur dans un grand groupe industriel qui émargeait à 13 ou 14 000 euros net par mois dans le privé, retomberait à 8 ou 10 000 euros pour un poste de DGST dans une mairie importante. Pour ce type de profil, les municipalités ne peuvent pas s’aligner mais pour le candidat c’est un choix de vie, une quête de sens au service de l’intérêt général. Et puis à 62 ans, dans une municipalité, on ne vous sommera pas de quitter vos fonctions », argumente cet expert de l’emploi public.

Des assouplissements légaux pour les contractuels

Publiée au Journal officiel le 7 aout 2019, la loi de transformation de la fonction publique assouplit les règles de recrutements pour les contractuels. Ainsi, les emplois de direction des communes de plus de 40 000 habitants (auparavant 80 000 habitants) sont désormais possibles. « C’était déjà le cas avant mais il fallait une dérogation du Préfet », précise Hugues Anselin, directeur général du cabinet de chasse de tête Fursac Anselin. Cette loi étend également les contrats de 3 ans aux agents de catégories B et C.

Ce texte crée un nouveau contrat : le contrat de projet pour une durée maximale de six ans et une durée minimale de 12 mois pour toutes les catégories d’agents (A, B, et C). Ce contrat doit avoir pour but de mener à bien un projet ou une opération spécifique dont l’échéance est la réalisation desdits projets ou opérations.

 

 

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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