Obsèques traditionnelles et "Death Tech" : quels cadres recrute le secteur du funéraire ?

Publié le 01 novembre 2020 Sylvie Laidet

SPECIAL TOUSSAINT – Le secteur du funéraire ne connait pas la crise. Aux côtés des acteurs traditionnels, les nouvelles tendances sociétales attirent un cortège de start-up qui offrent de nouveaux services en ligne (préparation digitale d'obsèques, tombes connectées, biographie de défunts,…). Cadremploi a enquêté dans les enseignes traditionnelles mais aussi dans la « Death Tech » pour découvrir les postes cadres à pourvoir et les profils recherchés. Les candidats à la reconversion sont les bienvenus, s'ils démontrent un savoir-être solide face au tabou de la mort.
Obsèques traditionnelles et "Death Tech" : quels cadres recrute le secteur du funéraire ?

Les acteurs du funéraire témoignent

  • Anne Quillet, directrice de la gestion prévisionnelle carrières et compétences chez OGF
  • Advitam
  • Arno Dupré, co-fondateur de Tellement là
  • Pauline Ronez, fondatrice de Une rose blanche

Pourquoi le secteur du funéraire recrute

Avec plus de 610 000 décès par an à gérer et – crise sanitaire oblige – encore plus cette année* , l’activité des acteurs du funéraire est loin d’être en berne.

De plus, les évolutions sociétales rendent davantage possible l’émergence de nouveaux services :  la mort se prépare de plus en plus de son vivant (services « ante mortem »), les crémations augmentent (un tiers des obsèques en France vs 1% en 1980) ainsi que la demande de cérémonies laïques, les rituels digitaux sont davantage acceptées par les familles endeuillées empêchées de se réunir à cause des mesures sanitaires restrictives dues à la covid, etc.

Quels postes à pourvoir dans le funéraire traditionnel ?

OGF est l’un des leaders du secteur traditionnel, né du regroupement de plusieurs maisons. Cette année, il mise sur 80 embauches cadres dans les mois à venir afin de staffer ses agences réparties sur tout le territoire.

Inutile d’avoir une première expérience dans le domaine du funéraire. Ce qui compte, c’est l’expérience managériale et l’obsession de la qualité de service.
Anne Quillet, directrice de la gestion prévisionnelle carrières et compétences chez OGF

Recrutement de managers commerciaux

Anne Quillet

Le groupe porteur des enseignes PFG, Roblot, Henri de Borniol et Dignité Funéraire recherche par exemple 50 managers commerciaux chargés de superviser les agences et les conseillers funéraires. « Inutile d’avoir une première expérience dans le domaine du funéraire. Ce qui compte, c’est l’expérience managériale et l’obsession de la qualité de service », précise Anne Quillet, directrice de la gestion prévisionnelle carrières et compétences chez OGF.

Embauches de managers exploitation en centre de logistique

L’opérateur de pompes funèbres recherche également 30 managers d’exploitation pour ses centres logistiques. « Il s’agit de centres mettant les cercueils, les maitres de cérémonie et tout le matériel nécessaire aux sépultures, à disposition de nos agences », ajoute-t-elle. Ici, le maitre mot est le respect des délais souvent très courts.

Recrutements dans les fonctions supports : audit, digital, maître d’ouvrage informatique

Enfin, OGF staffe ses fonctions support en recherchant des chefs de projet digital, des auditeurs, chefs de projet de maitrise d’œuvre informatique ou encore des développeurs pour son siège parisien.

Pour éviter les déconvenues, nous proposons aux candidats de venir découvrir le métier un ou deux jours sur le terrain.

Des savoirs-être solides face au tabou de la mort

« Même pour les embauches au siège, on invite les candidats à s’interroger sur leur rapport à la mort, prévient Anne Quillet. Un contrôleur de gestion suit par exemple le taux de crémation, les chiffres de ventes de cercueils, d’urnes… ce n’est pas neutre. Les cadres que nous recherchons doivent être solides car ce n’est pas anodin de manager des équipes confrontées au quotidien à la mort et à des familles en deuil. Travailler dans le secteur funéraire ne permet pas de soulager un deuil encore en cours. Pour éviter les déconvenues, nous proposons aux candidats de venir découvrir le métier un ou deux jours sur le terrain. Seule la confrontation avec le sujet permet de savoir si on est taillé pour cette activité… ou pas ».

Quels postes à prendre dans la "Death Tech" ?

Depuis quelques années maintenant, les grands acteurs traditionnels du funéraire voient leur part de marché grignotée par les acteurs de la "Death Tech". Elles regroupe des start-up digitales qui, depuis 2013, entendent disrupter les services liés aux rites funéraires.

Advitam : digitalisation de l’organisation d’obsèques

Advitam propose ainsi une entière digitalisation de la préparation des obsèques. Cette entreprise à mission recrute en ce moment 4 profils cadres en développement informatique, marketing et administratif.

« Les candidats doivent avoir conscience que nous ne proposons pas un service de pompes funèbres comme les autres. Nos conseillers ne sont par exemple pas commissionnés sur les ventes », insiste-t-on chez Advitam.

Tellement là : monuments funéraires connectés

Arno Dupré
Je vise des profils en rupture avec le métier et capables de s’adapter et d’innover pour casser les traditions.

Tellement là développe pour sa part une gamme de monuments funéraires temporaires installés dès le jour des funérailles. Et même une appli directement connectée au monument. « Notre business model est basé sur le B to B et nous ne travaillons qu’avec des opérateurs indépendants et pas avec des franchisés », précise d’emblée Arno Dupré, co-fondateur de Tellement là.

Pour assurer le développement de sa petite entreprise, il recrute en ce moment un responsable de production. Son job ? Piloter le studio de création en charge de traiter au mieux la photo du défunt sélectionnée par la famille qui sera ensuite apposée sur le monument funéraire. « On recherche également un business developper pour nouer de nouveaux partenariats avec des opérateurs indépendants. Pour ces postes, je ne souhaite surtout pas des candidats ayant déjà travaillé dans le secteur traditionnel des pompes funèbres. Je vise des profils en rupture avec le métier et capables de s’adapter et d’innover pour casser les traditions », complète-t-il.

Une rose blanche : des biographies de défunts

Pauline Ronez

Casser les codes, c’est également ce que propose Pauline Ronez, fondatrice de Une rose blanche. « Le décès d’une amie a été un véritable électrochoc. A l’époque, j’étais consultante en stratégie et organisation mais c’était un non-choix professionnel. J’ai réfléchi à donner plus de sens à mon job et j’ai eu l’idée de lancer un service de réalisation de livres pour se souvenir et rendre hommage au défunt », résume cette entrepreneure sociale. Deux ans après son lancement, sa boite génère environ 120 000 euros de CA annuel. Pas de quoi embaucher définitivement. Mais Pauline Ronez fait appel à des graphistes et relecteurs free-lance pour assurer les commandes de ses clients. Donc des missions à saisir !

Pour aller plus loin

  • Les 3 organisations professionnelles du funéraire :

- la Fédération française des pompes funèbres (FFPF) vs

la Confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie (CPFM pour le secteur privé)

- l'Union du Pôle funéraire public (UFPF, pour le secteur public)

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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