Être "salarié ambassadeur", ça séduit les recruteurs ou pas ?

Publié le 09 septembre 2020 Sylvie Laidet

On ne compte plus les messages encourageant les entreprises à transformer leurs salariés en « ambassadeur », ou en « employee advocacy » en bon anglais. Alors chez Cadremploi, on s’est posé une question : et si se transformer en homme ou femme sandwich sur les réseaux sociaux pour le compte de sa boîte, était un bon moyen de se faire repérer par des recruteurs ? Pour le savoir, nous avons interrogé trois recruteurs. Et, vous allez voir, ils ne sont pas tous d'accord.
Être "salarié ambassadeur", ça séduit les recruteurs ou pas ?

Oui il appelle les collaborateurs ambassadeurs mais ni plus ni moins que les autres

 

Emmanuel Stanislas, dirigeant du cabinet Clémentine spécialisé dans les fonctions digitales et informatiques :

 « Être un collaborateur ambassadeur signifie deux choses pour moi.

  • Un, c’est un salarié en qui l’entreprise a suffisamment confiance pour la représenter à l’extérieur. C’est donc un point positif.
  • Deux, je me dis que si ce salarié accepte de porter le message de l’entreprise, c’est qu’il se sent bien dans son boulot et qu’il n’est pas nécessairement en recherche active.

Pour autant, je suis un chasseur de tête qui officie sur des métiers en tension, l’informatique et le digital, donc je ne présume de rien. J’appelle ces candidats estampillés collaborateurs ambassadeurs mais ni plus ni moins que les autres ».

 

Non, elle n’appelle pas les collaborateurs ambassadeurs sauf s’ils travaillent chez le concurrent direct

 

Marie-Claire Lemaître, directrice générale de Mercuri Urval :

 « De deux choses l’une pour ce type de profil :

  • Soit il est convaincu par le discours qu’il porte à l’extérieur et donc ma proposition de poste risque de tomber à plat car la personne n’est pas en recherche active.
  • Soit ce type de candidat véhicule des messages auxquels il ne croit pas vraiment. Du coup, il joue double jeu. Et là, ça ne m’inspire pas confiance. J’ai un doute sur sa loyauté. Et dans un recrutement, quand le doute s’installe, ce n’est jamais bon signe.

Donc globalement, pour ma part, je considère qu’être un collaborateur ambassadeur n’est pas un atout pour briller auprès des recruteurs. Cela étant, si un concurrent direct de l’entreprise représentée par le salarié ambassadeur me donne un mandat de chasse, alors je pourrais infléchir ma position sur le sujet. En effet, il est sans doute très bien dans son poste actuel, mais si le projet du concurrent direct est bien meilleur, ça se tente ».

 

Oui, elle appelle systématiquement les collaborateurs ambassadeurs

Caroline Renoux, fondatrice et CEO du cabinet Birdeo, spécialisé dans les postes en RSE, développement durable et job à impact. 

 « De par la spécialisation de notre cabinet, nos clients nous demandent de trouver des candidats justement pour porter la bonne parole à l’extérieur sur des sujets RSE, développement durable, etc. Il faut de plus que les candidats justifient d’un large réseau. Donc, oui sur ce type de fonction, être un collaborateur ambassadeur est un réel atout. Quand une boîte commence à communiquer, via ces ambassadeurs, sur un projet c’est qu’elle a des résultats à montrer. Autrement dit que ledit projet est bien avancé voire terminé. Et donc que potentiellement le candidat « ambassadeur » est prêt à repartir pour une nouvelle aventure professionnelle ailleurs ».

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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