Job de rêve : Christian Wolfsried, 30 ans, ingénieur chez Porsche

Publié le 06 août 2020 Michel Holtz

VROOM – Son premier poste, il l'a décroché chez le constructeur automobile où il rêvait de travailler. Mais Christian Wolfsried vient, en plus, de recevoir avec ses collègues de Porsche la distinction mondiale de la profession pour la Taycan, la première auto électrique de la marque. Nous avions rencontré avant le confinement ce jeune ingénieur, heureux de bosser (s'amuser ?) dans l’une des entreprises les plus rentables du secteur. Le Covid n'y a rien changé. Retour sur ses débuts de carrière à plein régime.
Job de rêve : Christian Wolfsried, 30 ans, ingénieur chez Porsche

Il rêvait de concevoir des voitures de rêve

C’est écrit sur sa carte de visite. Mais comme toujours, l’intitulé d’une fonction mérite une description. Ainsi, à 30 ans, Christian Wolfsried est « entwicklsungsingenieur-fahrdynamik ». En clair, et en français, il est ingénieur en développement chargé de la dynamique de conduite. Ce qui signifie que la qualité des trains roulants d’une voiture, comme les éléments de suspension, et à fortiori la tenue de route, dépendent de son talent.

Un poste important chez tous les constructeurs automobiles, mais quand il s’agit de Porsche, il est essentiel. La glorieuse maison germanique lui a confié les clés de ses futures autos, du moins leurs soubassements. Un rôle, et un enjeu qu’il ne prend pas à la légère, mais dont il parle avec la joie du gamin qui pousse ses petites autos à coup de vrroooommm sur le parquet du salon familial. Un gamin né à Stuttgart. « C’est la capitale allemande de l’automobile, où se trouve le siège de Mercedes et de Porsche. » A force de voir passer les autos de ces marques devant chez eux, nombre d’enfants rêvent d’en conduire une. Lui rêvait de les concevoir.

Quand on est un gamin passionné de voitures, on réalise son rêve en travaillant chez Porsche. Et quand on peut concevoir celles du futur, on réalise son rêve au carré.
Christian Wolfsried , 30 ans, ingénieur chez Porsche

Des débuts chez Mercedes, un premier poste chez Porsche

Alors, après son Abitur – le baccalauréat allemand –, il intègre une école d’ingénieurs, forcément en alternance. Et c’est l’étoile Mercedes qui veille d’abord sur lui. Au siège, au centre de recherche & développement allemand, puis au sein du bureau californien. C’est là qu’il découvre, notamment grâce à une marque voisine de son bureau, les voitures électriques Tesla. Et qu’il s’intéresse, dans la foulée, aux multiples possibilités qu’offre cette nouvelle technologie. Dès lors, il développe sur place ses compétences dans le domaine. Sauf qu’en rentrant en Allemagne, il ne va pas les appliquer chez Mercedes, mais au sein de l’autre constructeur où rêvent de travailler tous les apprentis de l’automobile : Porsche, dont le siège est à Zuffenhausen, dans la banlieue de sa ville de Stuttgart.

 

Une double spécialité qui le distingue

La première étape du rêve de gosse est réalisée. « Quand on est un gamin passionné de voitures, on réalise son rêve en travaillant chez Porsche. Et quand on peut concevoir celles du futur, on réalise son rêve au carré ». Mais pourquoi lui pour un poste si convoité ? « Ils cherchaient quelqu’un pour développer les trains roulants, ma première spécialité, de leur première voiture électrique, ma nouvelle spécialité. » Il a 28 ans, et le projet de la Taycan, la première Porsche à watts est sur les rails. Alors pour elle, il développe un système bien particulier. « Avec un moteur électrique à l’avant et un autre à l’arrière, je peux envoyer la puissance où je veux, en fonction de l’adhérence, de la position et de la vitesse de la voiture. 100% à l’avant ou 100% à l’arrière ». Une première mondiale.

Quinze mois d’exil dans le Grand Nord

Pour développer son procédé, et le valider, il s’exile durant quinze mois au nord de la Finlande, au-delà du cercle polaire, où la marque dispose d’un petit labo. « La glace hivernale est une condition idéale ». Pour que le système fonctionne, la Taycan doit glisser, et par ici, la glisse est un art de vivre au quotidien. Pour Christian Wolfsried, qui est également pilote à ses heures, « c’est aussi une manière de pratiquer son sport pendant les heures de travail », sourit-il. Aujourd’hui, la Taycan est sur les routes, et pas seulement celles du Grand Nord. L’ingénieur a quitté sa froidure pour les latitudes allemandes. Pour y faire quoi ? « Travailler sur les déclinaisons SUV de la Taycan, et sur de futurs modèles », que la maison Porsche lui interdit formellement de révéler.

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Une auto électrique d’exception

Après l’hécatombe du printemps, le marché automobile se remet doucement de ses émotions. Mais certaines marques tirent beaucoup mieux leur épingle du jeu que d’autres. Parmi eux, Porsche voit son chiffre d’affaires dégringoler de 12% "seulement" au premier trimestre. L'une des raisons de cette chute modérée du constructeur de voitures de luxe est justement le lancement de la Taycan. La première auto électrique de la marque a non seulement séduit ses premiers clients, mais aussi les professionnels qui viennent de lui attribuer le premier prix mondial Automotiv Innovation. Cette palme d’or de la spécialité est remise à des ingénieurs par d’autres ingénieurs et cette année, ceux qui ont conçu la Taycan l’ont décroché. Christian Wolfsried fait partie de cette équipe.

Video : Christian Wolfsried en interview

« Ce qui est impressionnant avec la Taycan selon moi, c’est la rapidité de la gestion du système PTM (Porsche Traction Management) capable de renvoyer 100 % de la puissance vers l’avant ou vers l’arrière, alors qu’en conduite normale, la répartition est de 50/50. Ce système est automatique et il est 10 fois plus rapide que dans n’importe quelle autre voiture. Ça la rend plus facile à utiliser. Et finalement, le Nord de la Finlande où nous nous trouvons, est l’endroit idéal pour s’amuser à rouler sur la glace avec cette voiture et tester sa capacité à rétablir la trajectoire. »

Taycan : une chère et première Porsche électrique

Quand Porsche se lance dans l’électrique, l’information prend valeur d’événement de la même importance que l’incursion de la marque de Zuffenhausen dans le diesel ou le SUV. Deux crimes de lèse-majesté pour les puristes qui ont pourtant transformé la maison allemande en l’une des entreprises automobiles les plus rentables du monde. Alors va pour l’électrique. Surtout que l’obligation faite par Bruxelles de baisser les émissions de CO2 rend cette transformation inévitable. Mais lorsqu’on s’appelle Porsche, pas question de créer une voiture comme les autres. Alors pour concevoir la Taycan, le cahier des charges était à la fois simple et complexe : concevoir une auto à la fois ultra sportive et ultra simple à conduire. Une Porsche en somme. Le résultat ? Une gamme qui déploie de 430 à 725ch, pas moins. Et des tarifs qui s’échelonnent entre 108 632 et 189 152 euros, pas moins non plus, et sans les options. C’est cher, mais c’est une Porsche. Et lorsque l’on veut s’offrir un joujou de la maison allemande, on ne compte pas.

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Michel Holtz
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