Jobcrafting : en quoi consiste l’art de refaçonner son poste ?

Sylvie Laidet

TENDANCE – Envie de changer de job sans tout envoyer balader ? La réponse passe peut-être par le job crafting, ou l’art de se composer un job sur-mesure. Avec ses petites mains comme un artisan (craft). Pourquoi et comment le job crafting peut twister votre fiche de poste ?
Jobcrafting : en quoi consiste l’art de refaçonner son poste ?

Ils témoignent

Sylvaine Pascual, co-auteure de Job crafting. 10 séances d’autocoaching pour devenir l’artisan de son propre plaisir au travail (Vuibert, 2020)

Frédéric Rey-Millet, spécialiste en management, fondateur du cabinet Ethikonsulting et des Rebelles du management*

 

Le job crafting, c’est façonner son boulot à sa main

Comme un artisan qui façonne son objet jusqu’à en faire la pièce qu’il cherchait, là, on modèle son job à sa main afin de le rendre le plus satisfaisant possible.

Rien à voir avec une reconversion mais plutôt des ajustements qui vont permettre de redonner du sens à son quotidien professionnel.

« Pour cela, les salariés peuvent agir sur trois axes, détaille Sylvaine Pascual, coach spécialiste du plaisir au travail :

 

·       Les conditions de travail : où, quand, comment et avec je travaille.

·       Le contenu : quelles sont les tâches et mes missions ?

·       La perception que l’on a de son travail : qu’est-ce qu’il m’apporte ? Suis-je épanoui ? »

Pourquoi le job crafting est tendance en ce moment ?

« Nous venons de traverser une longue période très anxiogène durant laquelle les salariés ont pris le temps de réfléchir au sens qu’ils souhaitaient donner à leur job. Ils se sont demandé s’ils aimaient ce qu’ils faisaient, ce qu’ils voudraient arrêter de faire ou au contraire continuer, voire démarrer », constate Frédéric Rey-Millet, auteur de 7 ouvrages disruptifs, qui encouragent à devenir meilleur dans ce qu'on aime faire *.

Pour répondre à ce besoin de changement, certains préfèrent le job crafting à une reconversion radicale qui suppose de tout envoyer valser. Y compris la stabilité financière.

Le job crafting, ça apporte quoi au final ?

Les jobs crafteurs s’arrangent avec leur fiche de poste. Rien de radical mais des ajustements, qui, au quotidien, remettent du sens dans leur rapport au travail.

Cela peut être davantage de télétravail, mais aussi une nouvelle façon d’exécuter une tâche, déléguer des missions vécues comme pénibles par le job crafteur mais appréciées par d’autres collaborateurs…

« Le retour sur investissement porte sur la motivation du job crafteur. Plus motivé, il n’en est que plus créatif et donc performant », souligne Frédéric Rey-Millet.

Le job crafting, c’est possible partout ?

Oui, a priori dans tous les environnements de travail. Mais attention, ce ne sera pas nécessairement facile.

Le job crafting est un sport de combat car cela remet en cause les process et les procédures si chers aux DRH.
Frédéric Rey-Millet, fondateur des « Rebelles du management »

En fonction des « petits arrangements » avec la fiche de poste initiale, le job crafteur doit (ou pas) en parler à son manager. La bonne stratégie ? « Y réfléchir seul et convaincre le manager de l’utilité pour la boîte. Le job crafting doit avoir une valeur d’usage pour l’entreprise », conclut-il. Sinon, c’est retour à la fiche de poste tradi.

* Frédéric Rey-Millet est l’auteur de nombreux livres dont le dernier, co-écrit avec Christophe Urios – l’entraîneur du club de rugby Bordeaux-Bègles : Une saison en enfer. Trouver le meilleur de vous-même (Eyrolles, à paraitre le 4 novembre 2021).

Ils étaient venus parler de leur précédent livre sur le plateau de Cadremploi. Ils partageaient déjà plein de conseils pour devenir meilleur dans ce qu'on aime faire ;

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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