Joséphine Lechat : « En attendant un CDI, l’entrepreneuriat est finalement un bon plan B »

Sylvie Laidet

Série #PremierJob2021 – Elle pensait trouver un chemin tout tracé mais la Covid a déboulé. Diplômée de l’Essec en janvier 2020, Joséphine Lechat n’a pas trouvé le premier emploi dont elle rêvait après sa formation Bac+5. Pour éviter "LE" trou sur son CV, elle lance alors son autoentreprise. Une expérience qui lui permet de mettre les mains dans le cambouis et de faire le plein de nouvelles compétences en vue d’un premier job en CDI. Retrouvez d'autres témoignages de jeunes diplômés à la fin de l'article.

Joséphine Lechat, créatrice de Open the Box, une agence de conseil en marketing et influence

Joséphine Lechat : « En attendant un CDI, l’entrepreneuriat est finalement un bon plan B »
Joséphine Lechat, créatrice de Open the Box, une agence de conseil en marketing et influence

Qui est Joséphine Lechat ?

Son diplôme : mastère spécialisé en marketing management & digital master à l’Essec Business School.

Son objectif pro : brand manager ou cheffe de projet marketing dans l’entertainment et plus particulièrement dans le secteur du jeu vidéo.

Sa réalité : auto-entrepreneure à la tête du cabinet Open the Box.

Un parcours sans faute et hyper réfléchi

Elle savait que son bac+4 ne suffirait pas pour décrocher un job, alors, par « souci d’employabilité », Joséphine Lechat enchaine avec un master spécialisé en marketing management & digital réalisé à Singapour. Le top ! Après son dernier stage, il lui reste à passer son permis de conduire pour être 100% opérationnelle. Elle passe la seconde en janvier 2020 tout en postulant dans l’univers qui la passionne : l’entertainment.

A ce moment-là, début 2020, et vue comme je me suis préparée, je suis convaincue que je vais décrocher un job qui me plait.
Joséphine Lechat

Sa stratégie anti crise pour éviter un trou d’air sur son CV

Et puis… on connait la chanson : mars 2020 et le premier confinement.

Les process de recrutement sont suspendus. Chaque jour, je vois bien qu’il y a de moins en moins d’offres d’emploi pour les jeunes diplômés comme moi. Ma plus grande inquiétude est alors d’avoir un trou sur mon CV. En France, c’est encore un handicap aux yeux des recruteurs. Il y aura ceux qui auront décroché un job quel qu’il soit… et les autres. En sortie de crise, cela fera la différence.

Elle repense alors à l’un de ses cours sur l’entrepreneuriat lors de sa première année à l’Essec Business School.

Un prof nous disait que lancer sa boite après les études est le moment idéal car on n’a rien à perdre. Au mieux, le business décolle. Au pire, j’engrange de l’expérience, des compétences – indépendance, autonomie, capacité d’auto apprentissage – qui enrichiront mon CV. Je n'aurais sans doute pas eu le courage de me lancer dans un autre contexte et je ne regrette pas ce plan B.

Entreprendre first, pour rebondir en CDI après

Le temps de mettre sur pied son logo, sa charte graphique, son site, de rédiger les statuts de son autoentreprise (Open the Box)… Joséphine Lechat lance finalement son activité de consultante en stratégie marketing et solution digitale en mai 2020. Et elle s’éclate. Passe concrètement de la théorie à la pratique. Pour gagner en crédibilité et en visibilité, elle monte des business cases pour aider les avocats à se lancer sur Instagram. Elle anime alors un webinaire pour le collectif 1900 Réseau d’avocates, un workshop Google à Rennes, un autre pour l’incubateur du barreau de Rennes. Elle intervient même dans un cours sur l’entrepreneuriat à l’Essec, son ancienne école.

Certes, c’est pas le chemin tout tracé que j’avais espéré après mon bac+5, mais c’est une super expérience.

Et côté finances ?

Là aussi ce n’est pas exactement ce à quoi elle aurait pu prétendre avec son niveau d’études (35 000 euros par an en moyenne) et ce que lui proposaient les recruteurs avec qui elle était en contact avant la covid. Mais pas le choix !

Son aventure ne fait que commencer. La jeune femme qui a rejoint son compagnon à Provins, où la vie est quand même moins chère qu’à Paris, met un point d’honneur à assumer sa part des charges quotidiennes.

Ma situation est stable. Je positive et je continue de postuler dans le secteur de l’Entertainment.

C’est sûr, sa stratégie anti crise, va finir par payer.

A qui l'tour ?

Vous êtes jeune diplômé (2019 ou 2020) ? Si vous avez accepté un job ou un plan B en attendant mieux et vous souhaitez partager votre expérience (anonymement ou pas), écrivez-nous et un journaliste de la rédaction de Cadremploi prendra contact avec vous :

info@cadremploi.fr

PS : messieurs, votre expérience nous intéresse aussi 😉 N'hésitez pas à vous manifester.

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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