L’Agence spatiale européenne recrute des femmes astronautes

Aurélie Tachot

METIERS DU SPATIAL – Ce mardi 16 février, l’agence spatiale européenne (ESA) a lancé sa quatrième campagne de recrutement à l’issue de laquelle 4 à 6 astronautes seront embauchés. Les candidatures de femmes – qui représentent seulement 20 % des cadres de l’industrie spatiale en Europe – sont très attendues. Prêt(e)s à réaliser un rêve de gosse ?

Samantha Cristoforetti dans la Station spatiale internationale avec l'astronaute de la Nasa Terry Virts (à gauche) et le cosmonaute Anton Shkaplerov. ESA / NASA

L’Agence spatiale européenne recrute des femmes astronautes
Samantha Cristoforetti dans la Station spatiale internationale avec l'astronaute de la Nasa Terry Virts (à gauche) et le cosmonaute Anton Shkaplerov. ESA / NASA

Ils témoignent

  • Ersilia Vaudo Scarpetta, responsable de la diversité ESA
  • Zineb Elomri, spécialiste de l’acquisition de talents à l’Agence.
  • Claudie Haigneré, première femme européenne dans l’espace.

L'Europe spatiale lance une campagne de recrutement de nouveaux astronautes

 Qui sera le/la futur(e) collègue de Thomas Pesquet ? Si vous êtes titulaire d’un Master scientifique, que vous avez plus de 3 ans d’expérience et que vous parlez deux langues étrangères dont l’anglais, vous avez vos chances !

L’agence spatiale européenne (ESA) a lancé, ce mardi, sa campagne de recrutement d’astronautes. Un mini-événement puisque sa précédente opération s’était déroulée il y a plus de 10 ans en 2008 (et on en parlait déjà sur Cadremploi 😉). À l’époque, 8000 candidats avaient alors tenté leur chance.

Leur mission ? Voyager sur la station spatiale internationale, y mener des expériences, participer à la future station orbitale lunaire Gateway...

Cette année, 4 à 6 astronautes devraient être recrutés, à l’issue d’un long processus de sélection qui s’échelonnera en six étapes du 31 mars 2021 à octobre 2022. Leurs missions ? Voyager sur la station spatiale internationale (ISS), y mener des expériences, participer à la future station orbitale lunaire Gateway... Les postes sont ouverts à tous les candidats compétents et en bonne santé, y compris aux femmes (mais ça va mieux en le disant).

Le visuel de la campagne de recrutement d'astronautes 2021 de l'Agence spatiale européenne. Crédit photo ESA

Des offres d’emploi plus inclusives

Aujourd’hui, on dénombre seulement 64 femmes sur 575 astronautes dans le monde. Une faible représentation sur laquelle l’ESA veut agir.

Depuis quelques années, nous tentons de renforcer la diversité de nos profils, notamment en matière de genres. Nous nous rendons davantage visibles des femmes, par exemple en présentant l’ESA au sein des écoles.
Ersilia Vaudo Scarpetta, responsable de la diversité

« L’équipe RH – soit 60 à 80 personnes en Europe – est régulièrement formée sur les biais inconscients qui nous encouragent à recruter des personnes qui nous ressemblent, c’est-à-dire qui ont le même style de leadership et la même personnalité que nous », ajoute Zineb Elomri, spécialiste de l’acquisition de talents à l’agence.

L'équipe de l'ESA annonçant le début de la campagne de recrutement 2021 lors d'une conférence de presse. Crédit photo : ESA

 

L’écriture inclusive des offres d’emploi est également un point de vigilance pour l’agence. Enfin, « l’ESA a revu la présentation de ses métiers afin qu’ils soient plus incarnés et qu’ils donnent, aux femmes, des représentations », souligne Claudie Haigneré, première femme européenne dans l’espace.

40 % des recrutements dédiés aux femmes

Ces initiatives portent leurs fruits puisque l’ESA, qui emploie 2 200 personnes en Europe, dénombre 29 % de femmes dans ses rangs contre 16 % il y a cinq ans. Chaque année, depuis deux ans, 40 % de ses embauches sont par ailleurs dédiés à la gent féminine.

« Lors de la précédente campagne de recrutement d’astronautes, 15,6 % des candidats étaient des femmes. C’était 6 points de plus qu’en 1985, lorsque j’ai été recrutée », sourit Claudie Haigneré (ici en video en 2010 au sujet de sa trajectoire professionnelle).

Pour cette nouvelle vague d’embauches, l’ESA espère recevoir 30 % de candidatures féminines.

Beaucoup de femmes me contactent pour que je les aide à préparer leurs candidatures. Elles sont ingénieure roboticienne, océanographe, biologiste, officier de l’Armée de l’Air... Leurs profils sont extrêmement variés »
Claudie Haigneré, première femme astronaute européenne

Si l’agence sera attentive aux candidates, elle ne souhaite pas faire de discrimination positive pour autant. « La compétence est le critère clé, nous n’avons pas de politique de quota », conclut Zined Elomri.

L’ESA ouvre aussi 100 postes cadres d’ici 2026

Pour anticiper une vague de départ à la retraite, qui concernera 1000 personnes d’ici 10 ans, l’Agence spatiale européenne recrute également des cadres dans la télécommunication, la navigation, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, l’administration à des postes d’ingénieurs, de chercheurs, de juristes... Plusieurs centaines de recrutements seront menés d’ici 2026.

Crédit Photo : ESA

Tags : Parité
Aurélie Tachot
Aurélie Tachot

Après avoir occupé le poste de rédactrice en chef d’ExclusiveRH.com (entre autres), je travaille désormais à mon compte. Pour Cadremploi, je contribue à la rubrique Actualités via des enquêtes, des interviews ou des analyses sur les évolutions du monde du travail, sans jamais oublier l'angle du digital.

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