Laurent Da Silva : « Les métiers pénuriques de l'avant-Covid le sont tout autant aujourd’hui »

Publié le 16 octobre 2020 Mis à jour le 19 octobre 2020 Gwenole Guiomard

INTERVIEW – Laurent Da Silva est directeur général du cabinet de recrutement Badenoch+Clark et vice-président de l’Apec. Il réagit aux chiffres de l’association pour l’emploi des cadres, publiés le 15 octobre, et qui annoncent une baisse historique du recrutement des cadres cette année.
Laurent Da Silva : « Les métiers pénuriques de l'avant-Covid le sont tout autant aujourd’hui »

Laurent Da Silva : « La baisse des embauches des cadres est historique dans un marché qui était aussi historiquement très élevé. Nous revenons donc à des volumes de recrutements de cadres de l’ordre de 170 000 à 200 000 par an. C’est déjà beaucoup.

Le marché est aussi en hausse en cette fin d’automne. Après janvier 2020, notre mois de septembre est ainsi le deuxième meilleur mois de l’année en nombre de missions qui nous sont confiées.

J’étais en ligne ce matin avec un client qui nous confie des postes dans les hautes technologies.  Au moment de raccrocher, il me disait : « Si vous m’en trouvez 10, j’en embauche 10 ».

De plus, les métiers pénuriques d’avant Covid le sont, aujourd’hui, tout autant. J’étais en ligne ce matin avec un client qui nous confie des postes dans les hautes technologies.  Au moment de raccrocher, il me disait : « Si vous m’en trouvez 10, j’en embauche 10 ». Ce sont des postes de managers dans l’informatique et les télécoms. En ce moment, un développeur PHP trouve du travail immédiatement. Nous allons, nous, les chercher à l’étranger en leur proposant un bon salaire en télétravail pour peu qu’ils veuillent bien rejoindre une entreprise.

Je conseille donc aux cadres de mener une politique offensive. C’est aujourd’hui qu’il faut se positionner.

On retrouve aussi ces mêmes besoins dans tout le digital. Même tension sur les postes dans la supply chain. Un patron d’entrepôt est un poste très recherché pour des salaires avoisinant les 80 000 euros brut par an.

Je conseille donc aux cadres de mener une politique offensive. C’est-à-dire qu’ils ne doivent pas oublier pourquoi ils voulaient changer de boîte il y a un an. Le marché du recrutement demeure très tendu. On ne voit pas le process d’embauche se raccourcir. Au contraire. Les cadres ne doivent donc pas repousser leurs projets. C’est aujourd’hui qu’il faut se positionner. »

Gwenole Guiomard
Gwenole Guiomard

Je suis journaliste spécialisé dans les questions de formation et d’emploi. L’un ne doit pas aller sans l’autre et la compréhension des deux permet de s’orienter au mieux. Je rédige aussi, tous les deux ans, le Guide des professionnels du recrutement. Je suis aussi passionné d’histoire et amoureux des routes de la soie.

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