"Morning routine", "donner du sens", "lâcher prise"… Trois managers font le bilan, un an après

Aurélie Tachot

TEMOIGNAGES DE MANAGERS – En mai 2020, lors du premier confinement, nous avions interrogé cinq managers sur leurs nouvelles façons d’encadrer leurs équipes à l’ère du Covid-19 et du tout distanciel. Un an après, quels bilans font-ils de ces routines ? Certaines bonnes résolutions ont volé en éclats tandis que d’autres ont été adaptées en fonction de l’assouplissement des règles sanitaires. Trois d’entre eux ont accepté de faire le bilan de leurs pratiques managériales. Et vous ? Qu’avez-vous gardé ? Qu’avez-vous lâché ? Envoyez vos témoignages, nous les partagerons sur cette page.
"Morning routine", "donner du sens", "lâcher prise"… Trois managers font le bilan, un an après

Tout compte fait avec...

  • Selma Chauvin, VP International Marketing chez PeopleDoc
  • Mathieu Marque, directeur des opérations au sein de l’activité conseil de l’APAVE
  • Yolaine von Barczy, VP HR et Développement Durable au sein du groupe Shiseido

Leurs témoignages il y a un an 

Bilan un an après : la « morning routine » suscitait une fatigue digitale

Selma Chauvin a revu ses morning routines managériales
Selma Chauvin

« Il y a an, j’échangeais tous les matins pendant une dizaine de minutes avec mon équipe pour prendre de ses nouvelles et créer de la proximité. Cette morning routine, que j’avais mise en place dès le début du premier confinement, s’est finalement avérée trop lourde. Comme elle occasionnait de la fatigue digitale, je l’ai espacée dans le temps et menée qu’une fois par semaine.

 Puis, au fil des mois, ce point hebdomadaire s’est transformé en activité ludique : quizz médical, séance ciné à distance... Finalement, il y a quelques semaines, j’ai plutôt proposé à mes collaborateurs de reprendre le contrôle de leur journée en allant courir, en prenant leur petit-déjeuner à l’extérieur... Les moments d’équipes sont, certes, aujourd’hui moins nombreux. Pour rompre avec le sentiment d’isolement qu’induit le télétravail, nous avons toutefois installé un bureau virtuel, qui prend la forme d’une plateforme digitale au sein de laquelle nous pouvons nous promener et chatter à notre guise, via nos avatars, comme dans un jeu vidéo », explique Selma Chauvin, VP International Marketing chez PeopleDoc.

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A votre tour ?

Et vous ? Qu’avez-vous gardé de vos nouvelles pratiques managériales instaurées pendant la pandémie ? Lesquelles avez-vous lâché ? Envoyez vos témoignages, nous les partagerons sur cette page. Merci à tous.

info@cadremploi.fr

Bilan un an après : donner du sens au travail n’était pas si primordial

La crise sanitaire a remis les questions sur « la quête de sens » dans les priorités. 

« Suite au premier confinement, je m’étais donnée pour mission de rappeler à mes collaborateurs la nature de leur mission pour qu’ils ne perdent pas le sens de leur travail. Avec le recul, je m’aperçois que le sens du travail n’a jamais été perdu, mais uniquement questionné. Au contraire, mes collaborateurs ont eu tendance à travailler trop. Mon rôle n’a donc pas été de les remobiliser ou de les réengager autour d’objectifs communs, mais plutôt d’alléger leur charge de travail pour qu’ils réussissent à se déconnecter. Étant donné que notre activité a connu un important rebond pendant la crise, les collaborateurs ont rapidement compris qu’ils avaient un rôle à jouer dans le monde d’après », raconte Selma Chauvin (People Doc).

Mathieu Marque

Un avis partagé par Mathieu Marque, directeur des opérations au sein de l’activité conseil de l’APAVE. « Je pense que la perte de sens de mes collaborateurs était une perception de ma part, non une réalité. Certes, ils ont été perturbés par la situation. Pour autant, malgré toutes les difficultés organisationnelles, matérielles et personnelles, leur investissement a été au rendez-vous. »

Bilan un an après : lâcher prise, oui, mais à des moments choisis

Yolaine von Barczy

« Je reste convaincue qu’il est important de lâcher prise lorsqu’une situation de crise se présente. Toutefois, il faut choisir ses moments pour le faire. Certains sont opportuns, d’autres ne le sont pas. Pour ma part, j’ai par exemple accepté de donner des cours dans un MBA sur la fonction RH pour prendre du recul sur mon travail. On peut également lâcher prise en téléphonant à un collègue de travail sans raison, si ce n’est parler avec lui, de manière spontanée », explique Yolaine von Barczy, VP HR et Développement Durable au sein du groupe Shiseido.

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Une approche qui suppose de ne pas essayer de tout prévoir. La manager regrettait par exemple que le mode de fonctionnement des organisations reposait sur le fait de faire des scénarii. Résultat : « à trop prévoir l’avenir, on oublie d’être dans le temps présent. Ces derniers mois m’ont appris qu’il fallait être concentré dans sa relation à l’autre « ici et maintenant », pas toujours dans le coup d’après. Ça passe par des actes simples comme activer sa caméra en visio, pour signifier qu’on est entièrement présent à la tâche », estime-t-elle.

Aurélie Tachot
Aurélie Tachot

Après avoir occupé le poste de rédactrice en chef d’ExclusiveRH.com (entre autres), je travaille désormais à mon compte. Pour Cadremploi, je contribue à la rubrique Actualités via des enquêtes, des interviews ou des analyses sur les évolutions du monde du travail, sans jamais oublier l'angle du digital.

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