Marie-Claire Lemaître : « Les entretiens vidéo à distance vont perdurer car tout le monde gagne du temps »

Publié le 04 juillet 2020 Sylvie Laidet

PAROLES DE PRO – Directeur général du cabinet Mercuri Urval, Marie-Claire Lemaître perçoit une embellie d’ici la fin de l’année. Elle note néanmoins des exigences accrues de la part des entreprises clientes mais aussi des candidats.
Marie-Claire Lemaître, directeur général Mercuri Urval

Comment la Covid a impacté votre business pendant le confinement ?

Marie-Claire Lemaître : Certains clients ont suspendu les missions en cours mais heureusement pas tous. D’autres ont en effet misé sur une reprise rapide ou ont dû traiter des urgences imparables. Au global, nous avons enregistré une baisse de 25 à 30% de notre activité.

 

Comment les attentes des candidats et des entreprises vont-elles évoluer ?

M-C. L. :  On a d’un côté des sociétés de plus en plus exigeantes sur la qualité et l’immédiateté opérationnelle des candidats. Et de l’autre, des candidats qui se sont posés beaucoup de questions durant le confinement. Notamment sur le sens qu’ils souhaitent désormais donner à leur travail. Et dans le même temps, la crise économique les rend plus frileux donc moins mobiles. A nous de faire en sorte que cela matche vraiment entre eux.

Les recruteurs seront-ils plus ouverts aux candidats qui veulent changer de secteur ? de région… ?

M-C. L. :  Le télétravail à marche forcée a marqué tout le monde. Même si on ne voit pas encore ce terme-là poindre dans les offres, cela va devenir nécessaire car, en plus de s’épanouir dans leur travail, les candidats vont aspirer à une meilleure qualité de vie personnelle. 

Ne pas se voir du tout rajoute de l’incertitude.
Marie-Claire Lemaître, directeur général du cabinet Mercuri Urval

Quid des process de recrutement post-covid ?

M-C. L. :  C’est sûr, la tenue d’entretiens vidéo à distance va perdurer car tout le monde gagne du temps. En phase finale, les entreprises vont rouvrir leurs portes aux candidats car ne pas se voir du tout, rajoute de l’incertitude chez les employeurs mais aussi chez les candidats.

 

Avez-vous une question fétiche aux candidats depuis le 11 mai ?

M-C. L. :  C’est évident, que l’on n’attaque pas de but en blanc sur la mission. Mais plutôt avec des questions du genre « comment avez-vous traversé cette période ? », « avez-vous mené des projets particuliers durant ce confinement ? ». Cela peut être du bricolage ou le suivi d’une formation, peu importe. Techniquement, on entre davantage dans leur vie privée et dans les questions aussi un peu finalement.

Comment voyez-vous la situation évoluer en 2020 dans votre métier d’intermédiaire du recrutement ?

M-C. L. :  On va naviguer entre des entreprises qui vont être obligées de licencier et donc de bloquer leurs recrutements – j’espère qu’elles seront le moins nombreuses possibles. Et d’autres sociétés qui se portent bien et vont donc embaucher. Les deux vont s’équilibrer. Le redémarrage va être lent jusqu’aux vacances mais je n’envisage pas une seconde partie d’année négative.

 

Allez-vous prendre des congés cet été ?

M-C. L. :  Après l’annulation de mes vacances à l’étranger, je ne sais pas encore si je vais prendre des congés. Les candidats sont également dans le flou.

 

Qu’est-ce qui naîtra de meilleur pour vos métiers ?

M-C. L. :  Nous devons être capable de dire à nos entreprises clientes mais aussi aux candidats quand ça ne matche pas entre eux. Et ce n’est pas un échec !

 

Le cabinet Mercuri Urval en quelques chiffres

  • 400 recrutements par an
  • 25 consultants en 2020
  • CA 2019 : 8,5 millions
Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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