Plus ils sont gradés, moins ils biberonnent… (et d'autres infos)

Sylvie Laidet

#HAPPY PARITE – Comme chaque mois, la rédaction de Cadremploi a repéré 10 infos qui pointent les avancées – et les reculs – de la parité et de la mixité femmes-hommes dans les entreprises. N'hésitez pas à partager !
Plus ils sont gradés, moins ils biberonnent… (et d'autres infos)

Congé paternité et CSP+, c’est pas l’île aux enfants

Plus leurs revenus sont élevés, moins les hommes ont recours au congé paternité. Notamment ceux qui émargent à plus de 4238 euros par mois, souligne l’étude de la Chaire diversité et inclusion de l’Edhec. Parmi les facteurs susceptibles d’expliquer cette situation, on retrouve la compensation partielle des revenus par l’Assurance Maladie – donc un manque à gagner pour les pères. Et puis, le revenu étant corrélé avec des responsabilités et une charge de travail importantes, ces pères CSP+ hésitent davantage à passer par la case biberonnage. Les problèmes rencontrés par les femmes avec des revenus et des responsabilités équivalentes ne rentrent pas dans le champs de cette étude.

L’Union européenne fixe enfin des quotas pour féminiser les conseils d’administration

10 ans ! Il aura fallu 10 ans à l’Union européenne pour finaliser et voter sa directive sur les quotas de femmes dans les CA des entreprises cotées. C’est donc chose faite. Les grandes entreprises cotées ont désormais jusqu’à juillet 2026 pour mettre en place des procédures de recrutement transparentes de manière à ce qu’au moins 40% des postes d’administrateur non exécutif, ou 30% de tous les postes d’administrateurs, soient occupés par le sexe sous-représenté. En l’occurrence, la plupart du temps les femmes. La France, grâce à la loi Copé-Zimmermann, dépasse déjà les 45%. Ce texte vaut donc essentiellement pour les entreprises françaises qui auraient eu l’idée saugrenue de domicilier leur siège social dans des pays peu « women friendly » pour leur CA.

"Alignées" démocratise le coaching de carrière

La plateforme Jobmaker vient de développer un programme de coaching entièrement digital dédié spécifiquement à l'accompagnement des femmes dans les organisations. L'atout du programme baptisé "Alignées" ? "Il s'adresse à toutes les femmes et pas seulement aux femmes dirigeantes," précise Arthur Philippe, le CEO de Jobmaker. Pourquoi on en parle ? Parce que l'entreprise Suez vient de mettre ce programme à disposition de 800 collaboratrices et qu'il a cartonné dès les premiers jours. Deux coachs, Céline Alix et Bénédicte Crucis, ont concocté les ateliers du programme qui aident à travailler sur les comportements limitants, le syndrome de l'imposteur, la communication avec son N+1, etc.

Voir la video présentant le programme :

PDG du CAC 40 : la chasse gardée des hommes ?

Si on avait encore un doute sur le profil des CEO du CAC 40, nous voici rassuré grâce à l’étude « Route to the top », 2022 du cabinet de chasse Heidrick & Struggles.

92% de ces PDG sont des … hommes, nommés en moyenne à 49 ans. Seules 3 femmes sont aux manettes d’entreprise du CAC 40 :

  • Christel Heydemann comme DG d’Orange
  • Estelle Brachlianoff chez Veolia
  • et Catherine MacGregor chez Engie.

Pas une de plus…

Palmarès des boîtes où les femmes ont le droit de diriger

Voici les résultats de cette 9e édition du Palmarès de la féminisation des instances dirigeantes du SBF 120.

Classement général 

1er – SODEXO
2e – Mercialys
3 – Nexity
4e – Lagardère
5e – Gecina
6e – Maisons du monde
7e – La Française des jeux
8e – L’Oréal
9e – Wendel
10e – Engie

Nul doute que les boîtes les mieux classées ne manqueront pas d’attirer d’excellents candidats. Notamment les plus jeunes. Aux dires de pros du recrutement, les jeunes scrutent aujourd’hui de près les critères RSE des employeurs où ils postulent. Si l’index égalité y est par exemple mauvais, ils n’hésitent plus à passer leur chemin.

Règles des femmes : pourquoi (d’un coup d’un seul) les employeurs s’intéressent au sujet ?

Parce que c’est une thématique qui monte dans l’actu et que les entreprises ont bien compris qu’il valait mieux raccrocher les wagons sur le sujet au risque de passer pour des réacs. Par souci de bien-être au travail. Mais aussi, pour ne pas entacher la productivité de leurs collaboratrices qui perdraient (soi-disant) trop de temps à aller chercher des protections périodiques dans leur sac ou auprès de leurs collègues. Toutes ces raisons conduisent en effet les employeurs à s’intéresser au sujet des règles. Congé menstruel, mise à dispo gracieuse de tampons et autres serviettes, collecte de protections… les initiatives se multiplient. A (re)lire sur Cadremploi : .

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Chômage et divorce font visiblement bon ménage

Le constat de l’INED est sans appel : le chômage déstabilise davantage les couples quand il affecte les hommes. En France, être au chômage plutôt qu’en emploi pour les hommes augmente de 50% le risque de séparation, contre 40% pour les femmes. Toutefois, les chercheurs notent que cette corrélation chute en période de chômage élevé. Comme si le fait d’être des millions de demandeurs rassurait davantage et donc faisait moins tanguer les couples.

Running (bad) gag : les femmes travaillent gratuitement depuis le 4 novembre

On aurait aimé ne plus avoir besoin de reparler de ce marronnier, mais c’est encore un vœu pieux. Depuis le #4novembre9h10, les femmes « travaillent gratuitement ». Pour affirmer cela, le collectif féministe Les Glorieuses se base sur les écarts de salaires entre les femmes et les hommes. En un an, on a gagné… un jour. L’an passé, le décompte avait débuté le 3 novembre.

Le salaire variable pris en compte dans le calcul des inégalités salariales entre les femmes et les hommes dans le secteur de la banque

Saisie il y a deux ans par la CFDT BNP Paribas, la justice française vient d’invalider la méthode de calcul de BNP Paribas ne prenant en compte que les rémunérations fixes. Désormais, cet établissement bancaire va devoir intégrer les bonus variables dans ses équations. Et ce, pour tous les salariés de BNP Paribas SA. A savoir ceux du siège et de la banque de détail. Et si cette décision faisait jurisprudence ?

Comex switch : les nominations de femmes dirigeantes en novembre 2022

  • Nathalie Celik est nommée au poste de directrice marketing de Dekra Industrial.
  • Virginie Segaud rejoint Altavia en tant que directrice du capital humain.
  • Eloquant nomme Sarah Borgna, sa nouvelle déléguée à la protection des données.
  • Sandrine Perrien est nommée à la tête de la direction des ressources humaines de WTW en France.
  • Aurélia Makos est nommée directrice des ressources humaines de Cegos.
  • Et puis bien sûr, Sophie Adenot, la nouvelle astronaute française, choisie par l’Agence spatiale européenne.

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Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Journaliste indépendante, je réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de mes sujets de prédilection.

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