PEPA : allez-vous toucher la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat pour les salaires inférieurs à 4768,41 euros ?

Sylvie Laidet

REMUNERATIONS – Eh non, rien à voir avec Peppa Pig, un dessin animé de référence pour les parents. La « Pepa » d’Emmanuel Macron, c’est la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat qui peut être versée par les employeurs entre le 1er juin 2021 et le 31 mars 2022. Annoncée mais en rien obligatoire pour ces derniers. Alors, ferez-vous partie des heureux élus comme les salariés d'Irrijardin ou de l'agence 1min30 ? Explications.
PEPA : allez-vous toucher la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat pour les salaires inférieurs à 4768,41 euros ?

La prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (Pepa), c’est quoi ?

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une prime visant à compenser la perte de pouvoir d’achat des Français générée par l’inflation. Cette prime dite « Macron » permet aux employeurs d’octroyer jusqu’à 2000 euros à leurs collaborateurs gagnant moins de trois fois le smic. Elle est exonérée d’impôts et de cotisations sociales et peut-être versée jusqu’au 31 mars 2022.

 

Êtes-vous « éligible » à la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat ?

Pour espérer percevoir cette prime, vous devez être salarié ou intérimaire et gagner maximum 3 fois le smic. Avec la revalorisation du smic au 1er octobre 2021, votre salaire ne doit donc pas excéder 4768,41 euros par mois.

·       Le montant de la prime exonérée de charges sociales et fiscales est plafonné à 1000 euros si votre entreprise n’a pas signé accord d’intéressement,

·       Le montant de la prime exonérée de charges sociales et fiscales est plafonné à 2000 euros

  • si votre entreprise a signé un accord d’intéressement
  • ou si elle compte moins de 50 salariés
  • ou encore pour les travailleurs de la « deuxième ligne » (caissières, personnel de ménage, éboueurs ou livreurs par exemple)

 

Votre employeur va-t-il vous verser la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat ?

Rien n’est moins sûr. Le versement de la Pepa n’est en effet pas obligatoire. Sa distribution est laissée au bon vouloir des employeurs.

Selon une étude Deloitte menée en novembre 2021, 50% des entreprises envisagent de verser cette prime (500 euros en moyenne) en 2022, 25% s’interrogent encore et le quart restant s’y refuse. Le même sondage réalisé en juillet dernier faisait état de 18% d’employeurs partants pour le versement de 600 euros en moyenne. Donc une sacrée progression.

Franck Chéron

Et pour cause. « Dans les négociations annuelles obligatoires en cours, on constate que les employeurs préfèrent lâcher du lest avec des primes ponctuelles et circonscrites, plutôt de que s’engager sur des augmentations annuelles pérennes », constate Franck Chéron, associé en charge du capital humain au sein du cabinet Deloitte. Pour les secteurs en tension économique comme le retail, c’est un bon moyen de faire un geste vers les collaborateurs sans s’engager sur le long terme. « Pour les secteurs où il y a une pénurie de talents, verser cette prime répond également à une question d’image et de réputation », ajoute-t-il. Dans ce cas de figure, les entreprises sont alors quasi “obligées” de s’y plier au risque de passer pour des radines. Marque employeur quand tu nous tiens… « Pour les cadres, cette prime ne va pas peser plus que ça dans leur rémunération annuelle. C’est juste un petit “bonus” supplémentaire. Eux, vont continuer à bénéficier d’augmentation individuelles et de part variable », conclut Franck Chéron.

 

 

Une aide exceptionnelle de 1000 euros pour les chômeurs de longue durée

Pour bénéficier de cette aide exceptionnelle de 1000 euros, vous devez :

  • Être demandeur d’emploi de longue durée en recherche active d’emploi et ne pas avoir exercé d’activité professionnelle pendant au moins 12 mois au cours des 15 derniers mois.
  • Et débuter, d’ici le 31 décembre 2022, une formation en entreprise à un métier qui recrute (aides-soignants, hôtellerie, bâtiment).

Si vous êtes éligible, Pôle emploi vous versera 500 euros au plus tard un mois après votre entrée en formation. Et le solde de 500 euros à l’issue de cette formation.

 

Qui sont les entreprises qui versent une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat ?

 

 Voici quelques exemples d’entreprises qui ont choisi de donner un coup de pouce au pouvoir d’achat de leurs salariés :

Irrijardin

Enseigne de distribution de matériel de piscine

Effectif « primé » : 190 salariés.

Montant versé : entre 200 et 800 euros par salarié. Le tout inversement proportionnelle à la rémunération initiale. Les plus gros salaires se voit octroyer des primes plus faibles que les plus basses rémunération.

Conditions d'éligibilité : être sous contrat de travail avec l’enseigne et percevoir moins de 30 001 euros par an de rémunération.

Commentaires : cette PEPA versée en octobre 2021 aux 190 collaborateurs de l’enseigne (salariés du siège et des magasins détenus en propre par Irrijardin) est en fait la 4e du genre depuis janvier 2019. « La potentialité de la prime a été doublé par le législateur, nous avons également multiplié par deux le montant des primes versées aux salariés. Avec ce mode de calcul basé sur le plafond de 30001 euros annuels, 33 collaborateurs en sont exclus », détaille Sophie Gucciardi, DRH d’Irrijardin.  

1min30

Agence de marketing et de communication

Effectif « primé » : 6 salariés, soit la totalité de l’effectif.  

Montant versé : 1000 euros pour tous.

Conditions d'éligibilité : être salarié de l’entreprise et prendre une semaine de vacances supplémentaires l’été dernier.

Commentaires : « Juste avant les congés d’été, toute l’équipe était stressée et épuisée. Et avait vraiment besoin de vacances. Mais notre effectif est plutôt jeune et, pour des raisons financières évidentes, préfère parfois partir en vacances en dehors des périodes scolaires, moins onéreuses en termes d’hébergement et de transports. Pour les inciter à partir et les aider à se payer des vacances en plein rush estival, je leur ai donc verser cette prime exceptionnelle de pouvoir d’achat », résume Gabriel Dabi-Schwebel, fondateur de 1m30. Bilan, tous ont posé une semaine supplémentaire et touché 1000 euros. Le dirigeant a même pris 4 semaines d’affilée car l’activité commerciale entre fin juillet et fin août étant modérée, sa contribution au travail aurait été faible.

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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