On nous aurait menti : la quête de sens au travail loin derrière le salaire chez les jeunes l

Sylvie Laidet

ETUDE – A en croire les derniers chiffres publiés par l’Apec, pour les jeunes cadres (moins de 35 ans), la RSE et la "quête de sens" ne seraient pas vraiment des priorités. Eux quand ils cherchent un job, ce qu’ils regardent d’abord, ce n'est pas l'impact sur la planète mais le salaire. On nous aurait menti ?

Les jeunes de moins de 35 ans qui cherchent un job, ce qu’ils regardent d’abord, ce n'est pas l'impact sur la planète mais le salaire, selon la dernière étude Apec parue en juin 2022

On nous aurait menti : la quête de sens au travail loin derrière le salaire chez les jeunes l
Les jeunes de moins de 35 ans qui cherchent un job, ce qu’ils regardent d’abord, ce n'est pas l'impact sur la planète mais le salaire, selon la dernière étude Apec parue en juin 2022

Le salaire, critère de choix n°1 pour les jeunes cadres

 

Et si, depuis des mois qu’on nous rebat les oreilles avec la « quête de sens » chez les jeunes, on avait tout faux ? Et si ça n’était que du marketing de marque employeur à côté de la plaque ? C’est en tout cas ce que laisse à penser l’une des dernières études de l’Apec qui place la rémunération en tête des critères de choix pour une nouvelle entreprise chez les jeunes cadres (moins de 35 ans). S’en suivent l’intérêt des missions, les conditions de travail, la localisation… et bons derniers, les critères comme l’impact social ou environnemental de l’activité, la solidité économique de l’entreprise ou encore l’utilité des missions.

Olivier Sibony, professeur de stratégie à HEC, va même plus loin dans un article en ligne (extrait ci-dessous) dans lequel il signale une étude publiée par Forbes rappelant les 3 principales causes de démission :

Extrait d'un article d'Olivier Sibony publié sur WTTJ

Le pouvoir d’achat « first » pour les jeunes cadres

Les jeunes cadres plus vénaux que réellement en quête de sens dans leur boulot ? Difficile de généraliser. Surtout quand on écoute les discours un brin moralisateur de certains jeunes diplômés de Polytechnique, HEC… lors de leur remise de diplôme. Sauver le monde, la planète, s’engager… voilà pour les beaux discours.

« Mais à peine diplômés, ils se ruent sur des jobs très rémunérateurs. En tout cas au moins aussi payants que ceux de leurs petits camarades de promo », constate un chasseur de tête.

Claude Calmon, fondateur du cabinet de recrutement Calmon Partners

« Les jeunes cadres, notamment parisiens, choisissent les postes qui leur permettent de vivre le plus confortablement possible. Notamment de se loger dans Paris intra-muros et ainsi de s’éviter de longues heures de transport. Une fois qu’ils ont réglé la question du salaire avec le recruteur, si l’employeur fournit des efforts en termes de RSE, c’est un plus. Mais ce n’est pas déterminant dans leur choix de rejoindre une entreprise », observe Claude Calmon, fondateur du cabinet de recrutement Calmon Partners. Le pouvoir d’achat et la vie facile, first. La quête de sens après. Voire autrement.

 

La vraie vie à côté du travail ?

« On peut avoir un job qui paie bien dans une boite pas très RSE et s’engager dans sa vie personnelle. En somme, pour ces jeunes la relation au travail n’a pas vraiment changé. Mais ils trouvent leur quête de sens en dehors du boulot en consommant plus responsable par exemple ou en s’engageant dans des actions extra professionnelles », résume-t-il.

Et il est fort à parier que l’inflation galopante renforce ce besoin de sécurité financière chez les jeunes cadres comme les moins jeunes d’ailleurs. 

 

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Journaliste indépendante, je réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de mes sujets de prédilection.

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