Reconversion : ce qu’il faut savoir sur le nouveau dispositif « Transitions collectives » pour les métiers menacés

Sylvie Laidet

Le nouveau dispositif pour faciliter les changements de métiers est officiellement lancé. Il sera opérationnel avant la fin de l'année et, bonne nouvelle, les cadres sont aussi concernés. Proposé depuis longtemps par les partenaires sociaux, « Transitions collectives » permettra aux salariés dont les métiers sont menacés de se former pour rebondir localement dans un nouveau job. Le tout en évitant la case chômage. Eclairage de Jean-François Foucard, secrétaire national de la CFE-CGC en charge de l’emploi et de la formation, qui estime que 30 000 salariés pourraient être concernés.
Reconversion : ce qu’il faut savoir sur le nouveau dispositif « Transitions collectives » pour les métiers menacés

En quoi consiste le dispositif « Transitions collectives » ?

Ce dispositif va permettre aux salariés de se reconvertir dans un métier porteur.

Ce dispositif s’adresse aux salariés dont l'emploi est menacé et qui suivent une formation les orientant vers des métiers localement porteurs, via une formation ou une démarche de validation des acquis de l’expérience.
Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle

Le tout dans leur bassin d’emploi car l’outil « Transitions collectives » sera géré via des plateformes territoriales.

« Il va potentiellement concerner tout le monde, y compris les cadres. Il n’est pas rare de voir des cadres se former pour se reconvertir dans des métiers manuels par exemple », souligne Jean-François Foucard, secrétaire national de la CFE-CGC en charge de l’emploi et de la formation.

Ce nouveau parcours proposerait aux salariés des formations longues (jusqu’à 24 mois), sur des métiers d’avenir ou dans des secteurs qui peinent à recruter sur leur bassin d’emploi. Une fois formés, les bénéficiaires seraient recrutés dans une entreprise du territoire, sans passer par la case chômage.

Se reconvertir de manière apaisée, préparée et sécurisée.

Qui paie la formation et les salaires dans le cadre du dispositif « Transitions collectives » ?

L’État met sur la table 500 millions d’euros piochés dans le fonds national de l’emploi (FNE-Formation doté d’un milliard d’euros par le plan de relance) afin de financer les rémunérations et les frais pédagogiques associés.

L’État financera :

  • 100 % de ces coûts pour les salariés des entreprises de moins de 300 personnes
  • 75% pour celles entre 300 et 1000 salariés
  • et 40% pour les plus grandes.

Le reste à la charge des entreprises serait partagé, à leur convenance, entre l’entreprise quittée par le salarié et celle qui va recruter ce dernier nouvellement formé.

 

Vais-je conserver la totalité de mon salaire si je bénéficie de ce dispositif de reconversion « Transitions collectives » ?

Pas nécessairement. « Comme dans un CPF de transition, il devrait y avoir des limites de prise en charge des rémunérations », précise l’élu de la CFE-CGC.

Si l’on s’en tient à ce qui se pratique actuellement pour un CPF de transition :

  • si votre salaire de référence est inférieur ou égal à 2 smic (3078 euros), vous toucherez 100 % de votre rémunération de référence.
  • si vous percevez plus de 2 smic et que la formation dure moins d’un an, vous aurez droit à 90% de votre salaire moyen de référence.
  • si vous êtes à plus de 2 smic par mois et que la formation dépasse un an, là, c’est encore différent : 90% du salaire pour la première année de formation et 60% pour la seconde avec un plancher incompressible à 3078 euros par mois.

Les plus gros salaires devraient donc connaître un certain manque à gagner s’ils suivent une formation longue.

Combien de salariés seront concernés par le dispositif « Transitions collectives » ?

Les syndicats estiment que « Transitions collectives » est une bonne solution mais sans doute pas suffisante. « Selon les cas, un projet de reconversion professionnelle coûte entre 40 000 et 100 000 euros par personne. Donc avec les 500 millions de l’État, un peu plus de 30 000 personnes devraient pouvoir en bénéficier. C’est une bonne solution mais ce ne sera pas l’alpha et l’oméga. Si on veut former un million de personnes, ce sont 40 milliards d’euros qu’il faut mettre sur la table », conclut Jean-François Foucard,

Quand sera mis en place le dispositif « Transitions collectives »

Un appel à projet a été lancé le 28 novembre par le ministère du Travail pour identifier les territoires, et notamment les Territoires d’industrie preneur de ce dispositif. Les premiers territoires pilotes seront connus avant fin décembre et les premières transitions devraient débuter dès janvier 2021.

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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