Salaire à l’embauche : les entreprises enfin ouvertes à la négo, révèle une étude

Sylvie Laidet

ETUDE ROBERT HALF – Pour plus de trois Français sur quatre, le salaire est le critère numéro un pour rejoindre une entreprise. Et les boîtes semblent enfin réceptives à ce message selon le cabinet Robert Half. Alors combien allez-vous pouvoir négocier avec un nouvel employeur ? Et qui peut décrocher un “welcome bonus” ou une prime à la signature ?
Salaire à l’embauche : les entreprises enfin ouvertes à la négo, révèle une étude

Il témoigne

Dany El Jallad, VP strategic accounts du cabinet Robert Half.

 

Un salaire d’embauche revu à la hausse si vous changez de boîte


Selon le Guide des salaires Robert Half-2e  semestre*, 32 % des employeurs se disent prêts à négocier le salaire d’entrée des candidats à la hausse. Et pour cause.

Pendant la crise, les entreprises naviguaient à vue. Elles ne savaient pas si elles seraient profitables ou pas donc elles avaient gelé les salaires. Avec la reprise, elles essaient de rattraper le temps et d’attirer et surtout retenir les meilleurs candidats. Et sont donc prêtes à consentir des efforts sur la rémunération.
Dany El Jallad, VP strategic accounts du cabinet Robert Half.

A cela s’ajoutent évidemment les problématiques de pouvoir d’achat grandissantes pour les ménages. Combien les entreprises, sont-elles prêtes à mettre dans la balance pour staffer un candidat venu d’ailleurs ? Comme souvent, tout dépend du profil.

Pour un changement externe de poste à poste donc sans prise de responsabilité supplémentaire, le candidat peut obtenir +10 à 15% sur son package salarial antérieur. Pour des fonctions avec du management, avec des équipes plus importantes, le pilotage de plusieurs bureaux, donc des responsabilités accrues, le gap peut atteindre en moyenne +20%.

Une prime à la signature pour les profils rares qui s’engagent à rester

En plus du classique gap salarial, « 34 % des entreprises prévoient l’instauration de primes à la signature », selon Robert Half. Un welcome bonus en somme ? Eh bien non, rien à voir. Il s’agit en fait d’une somme d’argent versée lors de l’entrée dans l’entreprise, que la recrue s’engage à rembourser (au prorata) s’il part avant une date convenue. Un peu comme une clause de dédit-formation.

 

« Toutes les entreprises n’ont pas la faculté d’atteindre les prétentions salariales des candidats avec le seul salaire. Pour boucler le package escompté, on constate cette nouvelle pratique de prime à la signature. C’est encore marginal et cela concerne plutôt des middle managers ayant une expertise technique rare à forte valeur ajoutée sur un projet spécifique. C’est aussi un moyen pour les employeurs de sécuriser le coût d’un recrutement », explique le VP strategic accounts de Robert Half.

Donc, si vous avez ce type de valeur ajoutée technique, pourquoi ne pas souffler l’idée à votre futur employeur. Pour info, ces primes tournent autour de 10-12% de la rémunération annuelle brute.

Un welcome bonus si vous êtes parmi les top managers

Si la prime à la signature concerne les recrutements de middle manager, les welcome bonus (prime de bienvenue) sont eux plutôt réservés au top management. Selon le cabinet Robert Walters, elle varie de 10 000 à 30 000 euros et concerne 2 candidats sur 10. Contre 0,1 sur dix il y a encore 3 ans.

 

* Guide des salaires Robert Half 2e semestre à télécharger ici

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Journaliste indépendante, je réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de mes sujets de prédilection.

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